09.05.2008
Mélancolie
Prendre la voiture et rouler. S'arrêter dans ces chambres de motel impersonnelles à la moquette usée et secrètement j'attendrais le crépuscule pour tu sais la lumière verdâtre à travers les rideaux et pouvoir prendre en photo ton corps réduit à une ombre sur le lit aux draps défaits. Une échappée qui aurait le gout des milkshake trop sucrés et de la pluie qui tambourine doucement. L'odeur de cuir brûlant des sièges et de la poussière qui vient du désert là bas plus à l'ouest. On ne ferait pas de plans, on s'arrêterait quand une enseigne clignotante nous ferait vulgairement de l'oeil sur le bord de la highway. Les hiéroglyphes des vieilles stations services abandonnées qui remontent le temps et au bout d'un moment je n'essayerais même plus de les déchiffrer. En bande son Belle and Sebastian, une sirène de police solitaire cette nuit aux alentours de Brookhaven ou était ce Bassfield, ton rire et le bacon qui crépite dans les innombrables diners.
Je sais que ce serait provisoire, j'essayerais de ne pas trop tirer sur la corde. Parfois je fermerais mes yeux comme si j'étais fatiguée, mais ce serait pour oublier que nous n'allons nulle part, Tes efforts n'y changeraient rien, pas plus que ton sourire presque vague. Ce serait le début de l'été et je sentirais sa menace, comme une urgence lourde et mélancolique sur l'asphalte. J'essayerais de me rappeler comment c'était de t'aimer au début mais la fièvre aurait disparu et les lumières seraient trop pâles au fond des rues grises. Au final il nous resterait des minuscules moments presque partagés, une carte routière usée aux plis et quelques photos de toi que j'aurais prises quand tu regardais ailleurs.
Crédit photo : Rantfoil-flickr
09:00 Publié dans La Pléïade revisited | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, voyage, etats unis, voiture, route, fin
13.11.2007
Stuff to do before dying #1
Sortir avec un réalisteur dont le film (un mélange de "Donnie Darko" et de "Ghost World" mâtiné d'influences lynchiennes) a été primé dans un festival de NY auquel je participais ?
Ca c'est fait...
08:35 Publié dans Stuffs to do before dying | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, new york, voyage, cinéma
01.11.2007
Trick or treat
Je ne sais pas pour toi cher lecteur mais personnellement il suffit que l'on prononce devant moi le mot "halloween" pour que me reviennent en mémoire le souvenir de l'attente fébrile, la joie d'enfiler un costume et d'aller sonner aux portes pour réclamer des friandises, tout en prenant soin de cacher mon copain E.T sous un drap pour ne pas que ma mère s'en rende compte. C'est là que je me rends compte que c'est assez étrange comme souvenir, et qu'en y réfléchissant bien je n'ai en fait jamais fêté halloween.

Pas trop le temps de vous narrer mon expérience de la parade d'halloween, hé oui y en a qui bossent ici (ou font semblant) mais voici quelques impressions en vrac :
Rendez-vous avec Carter sur la 6th Avenue, je manque mourir écrasée par la foule dans le métro, coincée entre un gladiateur et un maton de pénitencier. Une demi-heure pour trouver un point de rencontre et forcément quand on arrive y a tellement de monde qu'on ne voit rien alors je dis à Carter que je vas m'approcher des barrières pour pouvoir prendre des photos et j'arrive à me faufiler et en me hissant sur la pointe des pieds, plus pivot latéral gauche et dévissage de cou, ô miracle je parviens à apercevoir un bout des jambes des gens qui défilent, là juste en bas à droite de mon champ de vision, si si je te jure je viens de voir passer des loups-garous, à moins que ce soit des squelettes. Ou peut-être des vampires. De toute façon ils portent tous des baskets alors... Je commence à comprendre qu'il faut se battre pour espérer profiter du spectacle donc je me mets en condition (je fais craquer mes doigts et rentre ma chemise dans mon jeans) et en enfonçant mon coude gauche dans une abrutie déguisée en sorcière et mon genou droit dans un papi déguisé en papi, je me colle contre une fille genre on pourrait faire l'amour tellement on est proche, elle-même collée à la barrière et ça y est j'y suis je suis trop forte quand même et je m'auto-congratule jusqu'à ce que je remarque un délicieux fumet de crottin hum tiens c'est bizarre y a pas de chevaux ici pourtant et en fait non c'est juste ma nouvelle siamoise qui sent le poney. Et là (tatadam !) la parade commence et les enfants c'était de la folie. Y avait des squelettes, des putes, des danseurs déguisés en ninjas, des putes, des zombies qui ont refait toute le chorégraphie de "Thriller" de Michael Jackson, des putes, Bush et des prisonniers de Guantanamo et des putes . Y avait des gens déguisés en poubelle, en dragon, en you tube (indescriptible), en spiderman et en cow-boys. Y avait une blonde en mini jupe en cuir qui traînait attachées à une corde deux poupées-nourrissons et qui proclamait qu'elle était déguisée en Britney Spears. Tous ces adultes qui sautaient dans tous les sens, qui s'éclataient parce que ce jour là dans l'année ils pouvaient se comporter comme des enfants à nouveau, c'était tellement joyeux que je ne pouvais m'empêcher de rire comme une débile. Enfin d'essayer de rire en apnée plus exactement, pour éviter de respirer les effluves de poney. Puis la parade s'est terminée et je me suis rendue compte que j'avais perdu Carter ("on est en train de le perdre ! Vite on fait NFS, chimie, iono, et on charge à 300 !") alors j'ai rejoint Croisine et nous avons fini la soirée au Pravda, le meilleur bar à vodka de la ville. C'est au moment de rentrer chez moi que je me suis souvenue des friandises que le doorman de mon immeuble m'avait donné et j'ai terminé le trajet à machouiller un twix à moitié fondu, coincée entre une sorcière et un Super Mario.
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28.10.2007
Halloween party
les jeunes on sait que Halloween c'est bientôt. Mais ici on fait Halloween en plusieurs fois et samedi soir y avait une soirée que Croisine elle m'a dit ben viens avec nous et moi vous me connaissez j'aime l'aventure alors j'ai dit "Ouiiiii !" et puis après elle m'a dit que c'était une soirée déguisée et là j'ai dit "euh... Oui...". Donc y a une semaine on a fait du repérage après le brunch dominical et avant la promenade dans Central Park oh que c'était beau on se serait crues dans une pub avec tous ces jeunes gens vêtus de polos Ralph Lauren riant sur la pelouse éclaboussée de soleil et s'ébattant avec leurs chiens tandis qu'au loin s'envolaient des oiseaux.
On est rentrées dans un magasin plein de costumes et là ça a été la grosse rigolade parce qu'on a vu des trucs sympa : y avait le déguisement d'oeuf au plat-bacon, celui de gynécologue, celui de gardien de prison et celui de Jésus-Christ. Pour dénicher un costume de fille c'était plus simple : y avait l'infirmière-pute, la cheerleader-pute, la nonne-pute, la marquise-pute, la diablesse-pute et enfin la pute-pute. Y avait pas un costume qui descendait plus bas que 10 cm au dessous du nombril et je ne te décris même pas le décolleté. Croisine et moi échangeons un regard ahuri et elle fronce les sourcils. "Mais pourquoi toutes les filles s'habillent en pute pour Halloween ?". "Pour avoir des bonbons ?" suggère-je d'un air pensif. Finalement Croisine s'est rabattue sur un costume de Tinkerbell (la fée clochette, pas le chihuahua de Paris Hilton), Rachel sur un truc de mondaine des années 20 et moi...ben je trouvais rien. Donc hier c'était un peu la panique dans ma tête pour savoir comment m'habiller et j'avais la solution de facilité qui était de mettre une jupe et de dire que j'étais déguisée en fille (oui parce que ceux qui ne me connaissent pas ne savent pas que je ne porte une jupe que si j'y suis forcée, genre choisir entre mettre une jupe et manger des brocolis... le reste du temps, c'est jeans et baskets merci bien), mais je me suis dit que les gens n'allaient pas saisir toute la subtilité du truc donc au final j'ai acheté des oreilles de chat et me suis fait des moustaches. Oui c'était minimaliste mais pour faire bonne mesure j'ai quand même mis la jupe (comme ça 2 déguisements en un hop je suis trop maligne moi) et là un détail est apparu, c'est que jupe et baskets c'est un peu moche quand même. Heureusement que j'avais prévu le coup et que j'avais une paire de chaussures noires genre ouvertes avec des strass et même des talons.
Donc me voilà partie, la démarche vacillante comme une vieille prostituée saoule qui rentre du bordel, parce que ce que tu ne sais pas toi le garçon qui me lit, c'est qu'au palmarès des tortures pour filles, marcher avec des talons hauts arrive en tête, juste après "s'épiler" et "avoir ses règles". Mais bon je suis une warrior, et je marche drapée dans ma dignité aussi chancelante que ma descente des escaliers du métro, pour rejoindre les filles à Columbus Circle, d'où nous nous acheminons vers un appartement d'un ami de Rachel, pour un petit before. On glousse en faisant des jeux de mots sur nos déguisements, et comment je vais pouvoir draguer les garçons en sortant que je suis "the fucking hot cat on the fucking thin roof". J'ai la plante des pieds chauffée à blanc et les ampoules se forment mais mince c'est Halloween qu'une fois par an quoi !

Arrivée chez le garçon, une vue à couper le souffle sur la skyline illuminée et c'est là que je me dis que ça valait le coup de venir dans cette ville malgré les côtés chiants de l'installation* et je me dis aussi que toute cette beauté ça donne envie de rester là comme une débile à fixer béatement la baie vitrée et c'est aussi là que je me dis que c'est bien beau la vue mais je crois avoir entendu le bruit caractéristique de l'ouverture d'une bouteille de vin alors je retourne m'assoir et attrape un verre. J'écoute les discussions en français-anglais-japonais en plongeant éhontement ma main dans le paquet de chips et celui de crunch (oui alors là tu dois te dire "Ouah trop forte la fille elle est trilingue c'est un génie !" mais en fait non je ne parle que 2 mots de japonais et pour l'anglais disons à l'instar d'un groupe sur facebook que "alcohol improves my foreign languages"...). Puis on se bouge pour aller à la soirée, un truc dans un loft immense (mais vraiment immense) dans le Queens, on saute dans des taxis (ma première balade en taxi new-yorkais youhou !) et on monte à 5 dans le taxi et le chauffeur nous sort en anglais que ce sera plus cher parce qu'il y a une personne en trop. On demande plus cher comment ? et il sort que ce sera le double et là Croisine sort en français un truc que la décence m'interdit de répéter mais qui signifie en gros "Si ce connard croit qu'on va payer le double il se fout de notre gueule !". J'opine de la tête et Rachel balance en anglais qu'on ne payera pas le double et nous reprenons notre conversation sauf que Croisine m'enfonce son coude dans la cote et je la regarde perplexe jusqu'à ce qu'elle me chuchote : "Tu entends ce que le chauffeur écoute comme radio ?". Je tends l'oreille et me rends compte qu'un flot d'informations en français émerge des haut-parleurs. Je me dis que c'est cool d'entendre les infos de la mère patrie et je me tourne vers Croisine pour la remercier mais en voyant son expression je me rends compte que ce n'est pas ça.Elle me fait signe de regarder la carte du chauffeur et y a marqué "Côte d'Ivoire" et c'est là que je comprends. Hum. Fuck. Croisine me chuchote en lançant des regards gênés vers le chauffeur "Tu crois qu'il m'a entendu quand je l'ai traité de connard tout à l'heure ?". Je dis non mais je pense oui alors pendant le reste du trajet je m'extasie sur cette balade si chouette dans ce taxi si chouette huhum histoire que le type soit moins énervé et ne nous fasse pas payer plus à l'arrivée.
Finalement on arrive et après une petite frayeur à l'entrée (je n'ai pas 21 ans et les filles craignaient que je ne puisse pas rentrer mais en fait tant que tu es déguisée et que tu payes ils s'en foutent), on arrive dans le loft, accueillies par une odeur de beu et c'est un peu l'antre de l'enfer tous ces gens serrés qui prennent d'assaut l'open-bar et j'ai un type déguisé en bonne soeur qui me souffle son haleine fétide au visage et une fille-vampire qui me casse deux ou trois côtes mais finalement je ressors avec des verres plein de je-ne-sais -pas-quoi mais c'est de l'alcool alors on boit. Après, les souvenirs sont un peu plus vagues, on danse, on se pose, on re danse, je discute avec un marin, un indien que j'appelle "Village People", un cow boy, le type en bonne soeur qui nous suit partout et un des garçon rencontré au before, que j'appelle Carter parce qu'il est déguisé en chirurgien (oui quand j'ai bu je donne un peu des surnoms aux gens et tu noteras l'originalité débordante). Finalement je décide de rentrer, il est déjà 4h30 alors je dis au revoir à Croisine (Rachel est déjà partie) et on décide de cloturer ces adieux par une visite commune aux toilettes. Et là je dis ERREUR. Parce que y a au moins 300 personnes qui sont passées au toilettes avant nous (y avait vraiment beaucoup de monde à cette soirée) et le sol c'est un peu une pataugeoire d'alcool, d'eau (Oh mon Dieu faites que ce ne soit que de l'eau) et de bouts de papier toilette. Et si tu te souviens bien, j'ai ce soir les chaussures de la mort qui tue qu'elles font trop mal mais surtout qu'elles sont toute ouvertes et qu'elles prennent l'eau. Raaaaaah ! Fuck. J'entends Croisine qui me sort de l'autre côté de la porte "Maud je ne peux pas faire pipi je n'y arriverai pas c'est tout bouché dans la cuvette !" et j'essaye de m'évader de mon corps pour ne plus penser que je suis toute déshydratée par la gueule de bois naissante tandis que mes pieds prennent un bain dans le marécage des toilettes où 20 personnes attendent qu'on libère la place. Je branche le pilote automatique, soutiens en rigolant à Croisine qu'elle va y arriver, vas-y tu peux le faire et je fais un grand sourire à Carter qui nous attends à la porte avec un air craintif tout en essayant de surfer sur la mare d'eau et éviter de m'étaler devant les zombies et autres loup-garous.. Finalement on sort, je cherche une station de métro dans ce foutu Queens mais y en a pas alors je monte dans un taxi avec Carter et il me dépose à une station dans l'East Side. Je descends les escaliers du métro d'une démarche encore plus chaloupée qu'au début de la soirée vu qu'entre temps mes ampoules ont éclaté et d'autres sont en train de se former sur le cadavre de celles qui les précédaient. Aïe. Fuck. Je m'assois sur les marches et attends le wagon sauveur. Il est 5 h du matin. J'attends. Longtemps. Finalement je décide de prendre un taxi. Le problème c'est que je n'ai plus de monnaie. Donc il faut que je trouve un distributeur d'argent. Puis un taxi. Je me traîne sur la 5th Avenue en pleurant de douleur. Connerie de chaussures de merde. Je rampe sur mes moignons, faisant un détour pour éviter Central Park (parce qu'il parait que Central Park la nuit, c'est le mal) et je marche.
Je me traine sur toute l'avenue en encourageant mes pieds sanglants à ne pas m'abandonner, et là, au moment où j'ai perdu tout espoir et me dis que je suis bonne pour marcher pieds nus sur 20 blocs pour rentrer chez moi, je le vois. Irisé par un halo de néons. N'attendant que moi. Un distributeur "Bank of America". Je retire fébrilement 60 euros, en essayant de ne pas penser à la commission prélevée, vu que je n'ai pas encore de carte bleue pour mon compte aux Etats-Unis donc je retire de mon compte en France, et j'arrête un taxi en utilisant la méthode toujours efficace du chancelement-presque-chute-sous-ses-roues. Les pieds un peu comme du steak haché mixé avec de l'eau boueuse, je me vautre dans les sièges et m'assoupis presque, jusqu'à ce que je sois réveillée de ma torpeur par un texto de Carter "jesper ke t bien rentré".
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24.10.2007
Straight to the bank
Aujourd'hui je suis allée ouvrir un compte en banque (j'ai une vie über passionnante moi). Le problème c'est que je n'avais ni social security number, ni justificatif de domicile, bref c'était un peu la loose. En cherchant sur internet, je découvre qu'il y a une "Société Générale" (ma banque en France) à New York. Je m'y rends donc d'un pas allègre, et comme à chaque fois je marche, je marche, et puis toutes les banques sont sur la 6th av. (Avenue of the Americas) alors je remonte toute la rue jusqu'à trouver l'immeuble gigantesque censé abriter des firmes multinationales, clubs privés et restaurants. Et ma banque. Je rentre, à peine intimidée par le hall gigantesque et je me dirige vers le desk où une armée de filles en uniforme piaille au téléphone. Je demande où trouver les bureaux de la SG, une des filles relève la tête et là elle me dit de traverser le hall, prendre à droite puis tout droit puis monter et prendre à gauche puis tout droit et se diriger jusqu'au téléphone marqué "SG" et composer le 6000 et attendre qu'une standardiste décroche, pour pouvoir demander un rdv qui me permettrait de peut-être rencontrer un des responsables. Je la regarde d'un air ahuri, et elle me regarde en retour en fronçant les sourcils alors j'en déduis que je suis censée dégager et je pointe un doigt vers le hall en bafouillant "par là ?" et elle me répond vaguement d'un signe de la tête.
Bon je m'encourage dans ma tête, je peux y arriver c'est pas dur, alors j'inspire une grande bouffée d'air en prenant un regard résolu et j'y vais. Je suis les instructions et j'ai un peu l'impression d'être dans "Fort Boyard" mais sans une équipe d'abrutis ni Olivier Minne, ce qui n'est pas plus mal maintenant que j'y pense, et je me vois courir dans les couloirs et agripper la bouteille d'eau que tient ce jeune cadre dynamique que j'aperçois au loin et m'en asperger le visage tout en continuant ma course et là Passe-Partout qui surgit d'un couloir et essaie de me montrer que j'ai déjà 3 clés avec son geste ridicule de la main et je lui file un coup de pied vicieux et le piétine en hurlant "Dégage con de nain !" et je pique un sprint pour arriver au téléphone avant une vieille peau en tailleur qui chancelle sur ses escarpins. Mais en fait non, je marche d'un pas nonchalant et j'arrive finalement jusqu'au téléphone où je suis obligée de parler à deux standardistes avant qu'on puisse m'expliquer que la SG n'ouvre pas de comptes ici. Je demande si il y a des banques partenaires mais rien.
Mais tu me connais cher lecteur (ou tu devrais), ce n'est pas cet incident mineur qui va m'empêcher de vivre le rêve américain, alors je repars sur la 6th av. d'un pas allègre et je me rends dans la première banque qui me semble familière : HSBC. Je rentre, je demande à discuter avec une conseillère et je lui expose ma situation. Elle me dit qu'elle va voir ce qu'elle peut faire, et me demande ce que j'ai comme pièces d'identité (passeport, driver's license..). Je sors mon passeport, ma carte d'étudiante française et ma carte d'étudiante internationale en ajoutant que je n'ai pas le permis. Elle se met soudain à glapir qu'elle a froid. Surprise, je la fixe, les yeux écarquillés, le corps tendu, prête à m'échapper si elle devient démente ou je ne sais quoi. Elle va chercher un livre et revient s'assoir puis regarde à nouveau mes pièces d'identité. Elle prend ma carte d'étudiante (qui est bleue) et la compare avec la page montrant un permis de conduire français (donc rose). Je soupire. Elle lève les yeux et me sort "Ca ne ressemble pas à un papier français". Je soupire à nouveau et lui explique que ce n'est pas un permis de conduire puisque je n'ai pas de permis de conduire. Elle glapit à nouveau qu'elle a froid. Je la regarde d'un air suspicieux en me demandant si elle ne souffre pas du syndrome de tourette, genre elle va se mettre à éructer "pute !" et "salope !" dans les bureaux feutrés de HSBC mais en fait non. Elle examine à nouveau mes pièces et je sors tous les arguments qui pourraient m'aider à ouvrir ce foutu compte. Au moment où elle me demande pour la 3ème fois si je ne trouve pas qu'il fait froid ici, parce que elle, elle a froid, j'essaie de compatir avec des petits grognements de sympathie, bien que je n'en ai rien à foutre, en me disant qu'avec un peu de chance ça fera avancer mon dossier. Mais finalement elle m'annonce qu'il faut une lettre de mon employeur confirmant que je travaille bien ici et elle verra avec son manager. Je me lève, la remercie, prends rendez-vous pour le lendemain et me casse.
Dans la rue j'essaye de penser à tous ces immigrants qui ont fui les guerres et les famines en Europe et ont lutté pour survivre à NY et je me dis qu'ils ne se seraient pas laissé abattre par une conseillère d'HSBC donc je me traîne d'un pas vachement moins allègre sur cette foutue avenue et je vois une "City Bank" mais il faut faire le tour de l'immeuble pour entrer à l'intérieur et c'est soudain trop d'effort pour moi alors je parcours deux blocs et pousse la porte d'une autre banque. Une demi-heure plus tard, je ressors avec les papiers confirmant que je suis désormais une cliente de la JP Morgan Chase Bank. Je m'auto-congatule et pour me récompenser m'offre un hot-dog que je dévore en remontant vers Central Park et c'est la sortie des bureaux et il y a tous ces golden boys fringants avec leurs costumes à plusieurs millliers de dollars et y en a certains à qui on aurait juste envie d'arracher la chemise avec les dents et les violer sur place, mais je me contiens et m'engouffre dans le métro pour rentrer chez moi.
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16.10.2007
Wake up in New York
J'ai mal dormi cette nuit. Pourtant, après la journée de 21 heures que je venais de vivre, je pensais que s'endormir serait une formalité. L'insomnie m'aura au moins permis de constater que l'on nous ment : New York, la ville qui ne dort jamais, s'assoupit entre 2h et 4h du matin, du moins dans l'Upper West Side, sous mes fenêtres.

Réveil ce matin à 8h, je glande devant l'ordinateur au lieu de sortir. Finalement je me motive pour aller faire quelques courses parce qu'il faut bien se nourrir et que j'ai envie de voir à quoi ressemble un supermarché américain (la dernière fois que j'y suis allée c'était il y a 7 ans et je n'ai pas été plus loin que le rayon des bonbons). J'achète deux tranches de jambon, une brique de lait et des pommes, ce qui me coûte un peu plus de 15 $. Je me retrouve devant les caisses à penser que plutôt qu'un trader, il vaudrait mieux que je tente de séduire un patron de supérette ici...
(...)
Je n'aime pas découvrir une ville en m'aidant d'un guide. Faire tous les endroits dits "incontournables", comme si je parcourais les rayons d'un magasin, ça me fatigue et me déprime. Comme j'ai la chance de pouvoir prendre mon temps vu que je suis à New York pour plusieurs mois, je me contente de prendre mon appareil photo et un plan et je pars à l'aventure. Enfin bon l'aventure, c'est un bien grand mot, le tracé de Manhattan est si simple qu'un gosse de 5 ans peut se repérer. En bref, les avenues vont du nord au sud, et les rues les croisent d'est en ouest.
Je pars du haut de Broadway et je suis la 78ème jusqu'à Central Park. Toutes les descriptions de cet endroit me reviennent en mémoire. Et effectivement, Central Park est une "oasis de verdure et de tranquilité" au sein de la ville. Je croise sans m'étonner joggers, carrioles tirées par des chevaux, rameurs d'aviron sur les lacs et même les fameux écureuils. Rien ne me trouble, c'est comme si j'avais eu ce spectacle sous les yeux toute ma vie. Je ne peux cependant m'empêcher d'être fascinée par le silence, alors que les avenues sont tout près.
Central Park s'arrête au pied des buildings. Alors que l'Upper West Side garde une taille presque humaine, sortir au sud de Central Park permet de plonger au coeur de la ville. j'ai l'impression étrange d'être comme happée par les gratte-ciels. Mais malgré leur taille, ils ne sont pas oppressants, sans doute parce que les rues sont très larges.
J'arrive sur la 5th Avenue, que je descends avant de rejoindre l'Avenue of the Americas. Là encore les clichés ont la vie dure, et je retrouve le souvenir de scènes de films ou de photos que j'ai vues. Les marchands de hot-dogs et bretzels disputent la chaussée aux hommes d'affaire et aux clochards. Je respire l'odeur de la viande grillée mêlée à la fumée des conduits d'aération.
Et je marche. Beaucoup. Au bout d'un moment je me dis qu'il serait bien de regarder mon plan pour voir ou j'en suis. Mais je rejette aussitôt cette idée. Je suis une aventurière des temps modernes, qui foule le bitume chaussée de ses adidas, et non une vulgaire touriste égarée. Donc je la ferme et continue de marcher. Encore. Ca va faire une heure et demi que je marche et j'espère être sur le chemin du retour parce que sinon... Je n'ose pas penser à l'éventualité selon laquelle je me dirigerais vers le Financial Distric mais malgré tout j'engage une conversation avec moi-même, qui tourne rapidement à l'affrontement et finalement je gagne et je m'octrois le droit de regarder la carte. Je suis à nouveau sur l'Avenue of the Americas mais comme j'ai beaucoup tourné, j'en déduis que j'ai réussi à revenir sur mes pas. Je m'auto-congratule et marche d'un pas fier et vigoureux jusqu'à ce que je lève la tête et lise 39th Street. Quoi ? Merde. Je sors fébrilement le plan et me rends compte que je suis arrivée à Chelsea, et que j'ai donc traversé le tiers de Manhattan en prenant la mauvaise direction. Quelle conne ! Je m'enjoins de ne pas paniquer tandis que je bifurque sur Broadway et calcule que dans environ 40 blocs je suis à la maison. Le truc, c'est que j'ai vraiment mal aux pieds. Et deux ampoules. Mais je suis une aventurière non ? Je vais y arriver.
Au moment où je me retrouve en train de disserter sur la question "est-ce qu'une aventurière peut prendre un taxi tout en restant aventurière", j'arrive sur Central Park. Il me reste donc 20 blocs environ à parcourir, ce que je tente de faire avec panache et sexitude, l'appareil photo en bandoulière et l'oeil fou.
En rentrant, je me serais bien servie une petite bière pour me féliciter mais en fait je me suis rendue compte que je n'avais pas acheté de bière.
Donc j'ai bu la brique de lait à la place.
Va falloir que j'en rachète.
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15.10.2007
Please fasten your belt...
J'aurais cru que c'était plus difficile. Que j'allais avoir peur, me sentir perdue, peut-être même pleurer. En fait non. Je suis heureuse. Curieusement, après tous ces mois d'attente, de démarches administratives et de stress, tout a semblé aller si vite ce matin. Et me voilà à bord d'un Boeing 737 d'American Airlines à destination de JFK, volant à plus de 10 000 mètres au dessus de l'océan.
Le réveil s'est fait dans le brouillard à 5h30, d'ailleurs j'ai trébuché deux fois sur le chien de mon père en allant à la salle de bain. A peine le temps de prendre une douche et de boucler ma valise et il a fallu partir. La traversée dans les rues sombres de Paris, engourdie sous la lumière orange des réverbères, et déjà tellement de voitures qui nous ralentissent. Mon père tente de me rassurer tandis que je m'enfonce dans le mutisme, tripotant fébrilement les boutons de la radio, essayant de ne pas penser au fait que nous sommes déjà en retard.
Nous arrivons finalement à Charles de Gaulle dans l'aube zébrée d'avions qui décollent. Enregistrement des bagages dans la foulée et embarquement porte 2A. Tandis que le soleil se lève sur le tarmac, je dis au revoir à mon père et franchis les portiques de sécurité. Je me retourne plusieurs fois pour le voir qui m'observe, me fait des grands signes puis disparaît. Je suis seule maintenant. Pensée à la fois angoissante et grisante. Je pars à l'aventure, avec deux jeans, deux pulls et 550 dollars dans la poche.
Je m'étonne de ne pas ressentir plus de tristesse, de nostalgie anticipée. Je pensais que le départ allait être plus déchirant. Mais ces derniers mois m'ont amplement laissé le temps de faire mes adieux à tout le monde, famille comme amis. Je me suis petit à petit détachée de ma vie en France, et j'en prends conscience alors que je me retrouve seule. Ce qui me tord le ventre, est-ce l'appréhension ou l'excitation ? Sûrement un peu des deux.
A peine le temps de passer à la boutique duty-free pour acheter une bouteille de champagne à la personne qui va m'héberger, et il faut déjà embarquer. Le voyage va durer huit heures. L'avion est rempli et ça parle anglais partout. Une hôtesse me distribue les papiers pour la douane et les services d'immigration américains. J'essaye de prendre l'air blasé et morne de la fille qui passe son temps dans des avions et je lis d'un oeil distrait les consignes de sécurité, souriant lorsque me revient à l'esprit la reflexion dans Fight Club sur les visages qui ressemblent à ceux de vaches hindou alors que l'avion va s'écraser. Finalement le boeing accélère sur la piste et au moment où il se soulève et que je me retrouve plaquée contre mon siège au décollage, je me rends compte que ça y est.
Je pars.
L'appréhension a totalement disparu. Il ne reste que l'excitation.
(...)
Il est 15h10 en France. 11h10 sur la Côte Est des Etats-Unis. J'imagine le début d'après-midi à Paris, mes frères à l'école, les touristes grimpant dans la Tour Eiffel, les amoureux s'embrassant sur les marches du Sacré-Coeur. Il m'est impossible d'imaginer la fin de matinée à New York. En attendant, je flotte au dessus de l'océan Atlantique, et si pour moi il n'est plus 15h10, il n'est pas encore 11h10.
Sur l'écran de la télé, George Clooney et Brad Pitt font des choses étanges dans un casino et je préfère concentrer mon attention sur les deux rabbins à papillottes qui prient deux rangées plus loin.
Je commence à me dire qu'il serait bien de faire un peu de style dans ce blog, histoire que cela ne ressemble pas trop à un carnet de voyage pour gamine prépubère, mais la fatigue me fait somnoler, et je pense que j'aurais bien besoin d'un xanax noyé dans une vodka-pamplemousse mais j'ai comme dans l'idée que la gueule de bois et le jet-lag ne réveleraient pas tout mon potentiel de séduction à mon arrivée alors je m'abstiens et à la place j'ouvre la petite boite que l'hôtesse me tend. Oh miracle ! Du toblerone et des Pringles et des cookies Oreo ! Je hoquète de joie et de gratitude et l'hôtesse me lance un coup d'oeil bizarre et hausse les épaules avant de se tourner vers mes voisins et là tu dois te dire que je suis tarée mais honnêtement c'est pas toi qui a avalé le plateau repas tout à l'heure, avec un bout de tarte encore congelé et un truc blanchâtre élastique et insipide qu'ils appellent "poulet" chez American Airlines et même que j'ai vraiment hésité à manger mais j'avais tellement faim que j'aurais pu mastiquer un morceau de l'appui-tête du type de devant et pourtant il avait des pellicules alors c'est dire.
Puis une autre hôtesse passe pour les boissons et me demande ce que je veux et là je sais pas y a eu un truc genre Satan s'est exprimé par ma bouche et au lieu de sortir "un coca" je balance "un jus de tomate" ce qui est vraiment trop con parce que déjà j'arrête pas de me renverser des trucs dessus et la tomate ça tache et puis surtout je ne comprends pas pourquoi j'ai dit ça vu que je trouve le jus de tomate gerbant. Impuissante, je la regarde me tendre une canette avec une gueule genre elle me fait le cadeau du siècle et je suis trop fatiguée pour rectifier le choix alors je prends le verre et je souris. Je vais essayer de faire passer le goût avec les pringles.

Arrivée à 12h30 heure locale par le Queensboro Bridge. Sensation de rêve en voyant les taxis jaunes, les panneaux, la skyline, en entendant le bruit des sirènes de police... J'y suis ! Ces rues qui me semblent si familières à force de les avoir vu dans des films et des séries, je les ai arpentées tout l'après-midi dans la chaleur de la fin de l'été indien, me baladant dans l'Upper West Side (et accessoirement cherchant un adaptateur pour ma batterie d'ordinateur). J'écris cette note deuis un Starbuck's (d'ailleurs le serveur m'a offert la conso.. j'adore les New Yorkais !). Je ne sais pas comment décrire cela pour que vous arriviez à vous faire une petite idée. Alors imaginez New York, tous les clichés sur son glamour, sa beauté et son gigantisme... Ben c'est encore mieux que ça ! Malgré le jet-lag et le mal de crâne, je crois que je suis en train de tomber amoureuse...
08:00 Publié dans Manhattan Transfert | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, new york, voyage, avion
14.10.2007
I always depend on the kindness of strangers (edit inside)
Il semblerait que quand un blog s'étiole, c'est qu'il va mourir. C'est rarement bon signe quand l'auteur passe de longues semaines sans poster, et si tu ne me crois pas, demande à Badibuh.
Enfin bref cher lecteur, cher lectrice, je crois que tu t'en doutais, ça ne pouvait plus durer.
Je pourrais prendre comme excuse que l'été était peu propice au blogging, mais en fait non.
Lorsque je repense à la naissance de ce blog, en janvier (ça ne nous rajeunit pas tout ça), à cette époque un peu fofolle où j'étais insouciante, le poil soyeux et l'oeil vif (sauf les lendemains de cuite), je me dis que tu vois, je n'avais pas pensé que ça se passerait comme ça.
J'ai commencé ce blog sur un coup de tête, en me disant que je pourrais l'arrêter à tout moment, et j'ai donné l'adresse à quelques tous mes amis. J'ai posté deux-trois notes, et puis j'ai attendu. Fianlement je me suis rendue compte de plusieurs choses.
Que tout compte fait, très peu de mes enfoirés d'amis allaient lire mon blog. Mais que curieusement le nombre de visites augmentait de mois en mois.
Et que je ne pouvais pas m'arrêter de poster. Déjà parce que j'aimais ça. Je suis devenue accro à cette sensation d'avoir le ventre qui se noue, là, juste en bas, quand j'allais regarder si vous aviez commenté. Et puis je ne pouvais pas non plus arrêter parce que je découvrais qu'avoir des lecteurs impliquait certains devoirs. Il faut poster, leur donner des choses à lire (et si possible drôles), répondre aux commentaires et trouver rapidement d'autres sujets. A un moment, j'en étais même arrivée à mesurer chaque événement de ma vie à l'aune de cette question : "Puis-je en faire une note ?". Mais ce n'était pas pesant comme situation. Parce que vous étiez là, fidèles et exigeants. Mais aussi généreux. Parce que vous m'avez donné envie, avec vos visites et vos commentaires, une raison de continuer (et sûrement la meilleure raison). Vos commentaires surtout. Quelques mots ou plusieurs paragraphes, dans chaque cas la preuve d'un acte de bonté désintéressée, consacrer quelques minutes à me faire savoir que ce que j'écrivais vous plaisait, et cela était la plus belle récompense que je puisse avoir.
Alors que j'écris ces lignes me revient en mémoire la phrase de Blanche Dubois dans Un tramway nommé Désir : "J'ai toujours dépendu de la gentillesse d'étrangers", et au moment de fermer ce blog, je me dis qu'aucune phrase ne conviendrait mieux à cette formidable expérience.
Le blog est mort, vive le blog !
Almost famous s'arrête (mais reste ouvert si vous avez de la lecture en retard), et je migre vers blogger (plus de place) pour mon nouveau blog consacré à mon aventure new yorkaise.
Comme je ne veux pas que certaines personnes de mon entourage y aient accès, je diffuse l'adresse confidentiellement par mail. Tous ceux qui ont déjà laissé un commentaire l'auront automatiquement.
Ceux qui fréquentent ce blog sans se manifester (ou qui n'ont pas reçu mon mail), laissez moi un commentaire (même un seul mot pas besoin de faire des phrases) histoire que j'ai votre adresse mail.
Je préviens que mon nouveau blog, même si j'essayerai d'y poster des notes dans la veine de celles d'Almost-famous, sera avant tout une sorte de carnet de voyage...
Edit Cresson : Non mais en fait je reviens ! En espérant ne pas avoir perdu trop de lecteurs en route...
18:45 Publié dans Rock around the blog | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, fin, voyage, commentaires, blog
12.10.2007
Paris n'est plus une fête
Alors oui je sais c'est la rentrée et j'avais pris de bonnes résolutions genre poster plus mais tu vois là je ne peux pas, j'ai pas internet. Mais si tu veux du teasing de folie, d'ici quelques jours, les dernières notes de ce blog...

Une semaine à Paris, une semaine pour faire deux-trois trucs, voir quelques amis et me réhabituer à une grande ville avant mon départ.
J'ai débarqué à la gare de Lyon. J'ai vu la Tour Eiffel. J'ai marché sous le soleil timide et froid de Paris. J'ai essayé de mettre en place des rendez-vous. J'ai marché sous la pluie. J'ai mangé chinois, japonais, indien et italien. J'ai pris (très) peu de photos, mais comme c'était surtout de belles jeunes filles dénudées, ça allait. J'ai visité Sciences Po Paris. J'ai mangé le kebab le plus immonde de toute la ville. J'ai admiré les dernières tendances déco dans le marais. J'ai fait ma première rencontre de bloggeurs avec Vicky et ses amies et au début j'étais en panique mais finalement c'était über bien et elles m'ont même dédicacé un homme tout nu. J'ai pas mal bu tiens aussi.
Mais en fait c'était bizarre.
Impression constante d'être... déphasée.
Impossible de s'immerger complètement, je survolais la capitale en touriste mais sans l'étonnement et les petits cris de surprise. Errance dans le brouillard, un brouillard de lassitude, comme engourdie entre les quais et les buttes.
Tu sais quoi ? C'est marrant mais les seuls moments où je me sentais vraiment là, c'était dans le métro. Paris et moi n'étions plus au diapason, mais sous les néons blafards et dans les grondements souterrains, j'arrivais à sentir le pouls de ma ville. Et à me dire que ce n'était pas si grave, juste une période de flottement, une rencontre manquée, tandis que je me laissais doucement bercer par le nom des stations, Bastille, Grands-Boulevards, Châtelet, Odéon, Opéra, Motte-Piquet...
14:55 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, Paris, voyage



