09.05.2008

Mélancolie

Prendre la voiture et rouler. S'arrêter dans ces chambres de motel impersonnelles à la moquette usée et secrètement j'attendrais le crépuscule pour tu sais la lumière verdâtre à travers les rideaux et pouvoir prendre en photo ton corps réduit à une ombre sur le lit aux draps défaits. Une échappée qui aurait le gout des milkshake trop sucrés et de la pluie qui tambourine doucement. L'odeur de cuir brûlant des sièges et de la poussière qui vient du désert là bas plus à l'ouest. On ne ferait pas de plans, on s'arrêterait quand une enseigne clignotante nous ferait vulgairement de l'oeil sur le bord de la highway. Les hiéroglyphes des vieilles stations services abandonnées qui remontent le temps et au bout d'un moment je n'essayerais même plus de les déchiffrer. En bande son Belle and Sebastian, une sirène de police solitaire cette nuit aux alentours de Brookhaven ou était ce Bassfield, ton rire et le bacon qui crépite dans les innombrables diners.

Je sais que ce serait provisoire, j'essayerais de ne pas trop tirer sur la corde. Parfois je fermerais mes yeux comme si j'étais fatiguée, mais ce serait pour oublier que nous n'allons nulle part, Tes efforts n'y changeraient rien, pas plus que ton sourire presque vague. Ce serait le début de l'été et je sentirais sa menace, comme une urgence lourde et mélancolique sur l'asphalte. J'essayerais de me rappeler comment c'était de t'aimer au début mais la fièvre aurait disparu et les lumières seraient trop pâles au fond des rues grises. Au final il nous resterait des minuscules moments presque partagés, une carte routière usée aux plis et quelques photos de toi que j'aurais prises quand tu regardais ailleurs.

 

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Crédit photo : Rantfoil-flickr 

25.06.2007

Fanta(sme)... Passe le fun autour de toi

Voilà le retour de la playlist de l'été avec un groupe québécois (donc exotique) (ferme les yeux et imagine le sable blanc et la mer bleue...) (tu sens l'iode ?) (non ça c'est l'usine de pâte à papier) 


podcast


Et parce que ce titre donne envie de courir tout nu sur la plage et qu'en plus la température augmente, forcément nous les filles on se met à penser à des fantasmes sympas que tiens on pourrait expérimenter avec le maitre-nageur de la piscine municipale d'Argentons-sur-Creuse ou alors avec le stagiaire du service marketing si on bosse tout l'été. Et pourtant en fait le fantasme en vrai c'est pas trop ce qu'on avait imaginé...

Dans la voiture

Le mythe : C'est l'été, il est 5 heures du matin. Toi et Jack sortez du Macumba, la boîte hype de Palavas-les-flots, épuisés par toutes ces heures à vous trémousser sur la piste de danse. Vous êtes encore tout excités et n'avez aucune envie d'aller vous coucher. Pas de souci. Vous sautez dans sa Twingo et vous garez près de la plage. Jack met une cassette de musique d'ambiance et vous inclinez les sièges de la voiture. Là, face à la mer, vous regardez le soleil se lever en vous faisant plein de câlins. Vous atteignez l'orgasme ensemble et vous endormez dans les bras l'un de l'autre...


La réalité : C'est l'hiver, il est 3 heures du matin. Toi et Jacquot venez de vous faire virer du Réservoir, la boîte glauque du périph' de Grigny, parce qu'ils ferment. Il pleut et il fait froid, mais vous ne pouvez pas rentrer chez vous (à cause de vos parents) ni chez lui (à cause des siens). Gros souci. Vous vous réfugiez dans sa R5 et vous vous garez sur le parking du Leader Price de la zone industrielle. Jacquot met Skyrock (c'est la seule radio qu'il capte) et commence à vous tripoter sur les sièges humides et râpeux. Là, dans la lumière orange des réverbères, vous reniflez l'odeur de chien mouillé et d'essence  en luttant contre la nausée (trop de vodka daïquiri). Vous vous prenez le frein à main dans la cuisse et attendez que Jacquot atteigne péniblement l'orgasme avant de vous ramener chez vous.

Sur la table de la cuisine

Le mythe : Dimanche matin, il fait beau, les oiseaux gazouillent, Jack a préparé le café et acheté les croissants. Devant ses cheveux ébouriffés et son sourire craquant, vous fondez. Il vous fait du pied sous la table, et le désir monte lentement. Quand vous vous levez pour allez chercher les tasses, il vous saisit avec une mâle assurance avant de vous déposer délicatement sur la table recouverte simplement d'une nappe propre en dentelle. Il vous déshabille sensuellement tout en vous murmurant des cochonneries. La situation vous excite au plus haut point et vous essayez une nouvelle position qui se révèle être un véritable succès. Le facteur sonne toujours trois fois...


La réalité : Mardi matin, il pleut et vous êtes à la bourre. Jacquot vous saisit violemment quand vous traversez la cuisine pour prendre une tasse de café et vous pousse sur la table de la cuisine. Il vous déshabille sauvagement en filant votre collant. La situation vous exciterait au plus haut point si vous n'aviez pas de la confiture colle aux fesses (Jacquot a oublié de débarrasser la table avant de vous y jeter). Les ébats sont laborieux et votre peau moite adhère au Formica. Au moment où vous mettez le coude dans le beurre en essayant de trouver une position confortable, on sonne à la porte. C'est le facteur qui a un recommandé des impôts pour vous.

A la plage

Le mythe : Il fait beau, il fait chaud, vous et Jack êtes tout bronzés et franchement il est über séduisant dans ce maillot qui fait ressortir ses petites fesses musclées ses yeux. Le désir se lit dans vos yeux et vous vous éclipsez à l'ombre de ce cocotier, là-bas dans la petite crique. Emoustillés, vous roulez sur le sable blanc et soyeux et commencez à vous caresser. Sa peau douce et halée a un goût légèrement salé, une légère brise vient rafraîchir vos deux corps brûlants tandis que le bruit des vagues vous donne l'impression d'être seuls au monde...


La réalité : Il fait trop chaud, le soleil vous éblouit et vous donne mal à la tête. Le vendeur de beignets glapit à quelques mètres, mais ça ne couvre pas les braillements des gosses qui vous entourent. Jacquot vous fait über honte sans déconner avec sa peau rouge on dirait une sorte de homard mais alors un homard mutant qui porterait un moule-bite ridicule. Quand soudain il vous propose de s'éclipser discrètement derrière les dunes. Emoustillée, vous lui emboîtez le pas. Sauf que chacune de vos caresses lui arrache un cri à cause de ses nombreux coups de soleil. Au bout de deux minutes vous êtes enduits d'un mélange de crème solaire grasse et de sueur et c'est au moment où ça devient sérieux que vous roulez hors de la serviette en plein sur le sable brûlant et sale (mégots, capotes usagées, restes de sandwichs, tampax). Vous hurlez de douleur, les larmes aux yeux, ce qui attire les gamins du Club-Mickey d'à côté qui vous observent avec de grands yeux tandis que Jacquot tente désespérément de s'extraire de vous.  En variante, vous hurlez de douleur, les larmes aux yeux, ce qui attire les pervers du camping naturiste-échangiste d'à côté qui vous observent en se masturbant puis se rapprochent tandis que Jacquot tente désespérément de s'extraire de vous

Au coin du feu, sur une peau de bête

Le mythe : C'est l'hiver, il fait froid dehors mais vous êtes bien au chaud avec Jack, pelotonnés sous un plaid devant la cheminée. Vous buvez du chocolat chaud avec des marshmallows, tandis que le feu crépite doucement et vous nimbe tous deux d'une douce lumière orangée. Vous vous serrez contre Jack et de fil en aiguille vous vous retrouvez à vous faire des câlins sur cette peau d'ours blanc posée là que vous avez eu l'excellente idée d'acheter "parce que ça pourra toujours servir". La fourrure moelleuse caresse voluptueusement vos corps frissonnants de plaisir tandis que vous atteignez le septième ciel. Vous hurlez de plaisir.


La réalité : C'est l'hiver, il fait froid et humide dehors et froid et humide chez vous. Jacquot et vous contemplez la cheminée dans laquelle le feu tente désespérément de survivre en produisant une fumée âcre. Vous vous blottissez contre Jacquot pour ne pas mourir de froid et il commence à vous caresser. De fil en aiguille vous vous retrouvez à vous faire des câlins sur la peau de chamois synthétique orange que vous avez eu la mauvaise idée d'acheter vu qu'elle gratte et déteint. La fourrure irrite vos corps engourdis tandis qu'une braise saute du foyer et vient mettre le feu à la peau et à vos cheveux. Vous hurlez de douleur.