23.02.2008
Lexique new-yorkais 2
Zagat : Petit guide rouge à 15 $, sorte de Gault et Millaut local. Les restaurants et lounges affichent fièrement le panneau "zagat survey" si ils ont obtenu un commentaire enthousiaste de ce qui est considéré comme la bible des endroits où sortir à New York.
Pour se la jouer "New Yorker" : A utiliser pour se la raconter devant sa bande d'amis "Et l'autre soir on a été diner dans ce petit restau de West Village, il est Zagat-rated (comprendre recommandé par le zagat)".
Encore plus private ? Ne pas dire Zagat mais "the Devil’s Dictionary”, référence à Bret Easton Ellis dans "Luna Park" (ahahah trop la classe je sais)
Soldes : A New York y a des soldes partout. Et TOUTE l'année. Chez Bloomingdale's, la robe passe ainsi de 560 à 430 $. OH MON DIEU ! Tu te rends compte ? C'est une affaire.
Pour se la jouer "New Yorker" : Ne surtout pas faire les soldes de Thanksgiving, dits "Black Friday Sales". C'est la mort de ton body écrasé par une meute de shoppers sanguinaires assoiffés de bonnes affaires.
Videur de boite de nuit : Souvent noir et baraqué, le videur de boîte de nuit est un connard. Je ne dis pas ça par ressentiment, je n'ai encore été refoulée d'aucune entrée de boîte de nuit (trop la classe je sais). Devant les clubs les plus courus de la ville, on observe parfois une queue interminable, et le videur exerce alors son pouvoir de connard. Pour en avoir discuté avec l'un d'eux (et avoir souvent observé le manège), j'ai pu établir la topographie du tri à l'entrée d'une boîte de nuit new yorkaise :
Tu es un mec seul (pire, une bande de mecs seuls) ? Tu ne rentres pas.
Tu es une fille moche ? Tu ne rentres pas.
Tu es mal habillé ? Tu ne rentres pas.
Tu es dédaigneux avec le videur ? Tu ne rentres pas.
Tu es amical avec le videur ? Tu ne rentres pas.
Tu essayes de passer devant tout le monde dans la queue ? Le videur te renvoie à l'arrière (et accessoirement tu ne rentres pas)
Tu attends sagement ton tour comme un con dans la queue ? Tu continueras d'attendre comme un con jusqu'à ce que tu ne rentres pas.
Méprisant, le videur va volontairement t'ignorer quand tu attends à l'entrée. Si par grande bonté, il te laisse entrer, il te dit d'un ton glacial de te bouger le cul et de franchir la porte, mais montres ton I.D d'abord. Le pire ? Si tu parviens à entrer, tu ne peux t'empecher de ressentir de la gratitude pour ce connard. Et parce qu'il t'a choisi, presque de l'amour. Il reste cependant un connard.
Pour se la jouer "New Yorker" : Pas forcément réussir à entrer, de nombreux New Yorkais se plaignent d'être refoulés des night-clubs de leur propre quartier...
Grand appartement : A Manhattan, comprendre "placard avec vue sur le mur d'en face". A Brooklyn ou dans le Queens, comprendre "appartement de taille normale mais je me tape 45 minutes de métro le matin et le soir".
Pour se la jouer "New Yorker": Réussir à trouver un appartement en un mois seulement.
Hot-dog : Vendu dans la rue, le hot-dog new yorkais semble faire partie de la ville au même titre que la statue de la liberté.
Après y avoir gouté, on se demande bien pourquoi. Préparé sur une carriole branlante d'où s'échappent des effluves grasses, le hot-dog se compose de pain et de saucisse, avec parfois du chou, de l'oignon et du relish (sorte de cornichon doux haché). Au final tu te retrouves avec l'impression de déguster du papier mâché tiédasse, que l'ajonction de ketchup et moutarde ne parvient pas à relever. Non seulement c'est pas bon mais en plus y en a pas beaucoup, ce qui revient cher au niveau du rapport quantité-prix.
Pour se la jouer "New Yorker": Ne pas en acheter. Eviter également les bretzels trop salés et les kebabs trop gras. Préférer une soupe ou une salade dans un snack.
Le chocolat : Dégueulasse. Hershey's semble avoir le (quasi) monopole. Son chocolat ressemble à de la sciure mélangée à de l'arôme artificiel de cacao, et pour ce que j'en sais, ça pourrait être le cas.
Pour se la jouer "New Yorker": Acheter des ferrero, des kinder, ou aller chez Dylan's candy bar (la boutique de la fille de Ralph Lauren, sur Midtown East. Tous les gosses de riche viennent y célébrer leur anniversaire).
Craigslist : En fait Craigslist est un site web de San Francisco à l'origine, mais indispensable dans les grandes villes américaines ergo indispensable à New York. Chacun peut poster pour vendre ses objets, proposer ses services, rechercher l'âme soeur. Même les fous. Même les paumés. Même les pervers.
Surtout ces trois catégories en fait.
Sur Craigslist tu peux trouver un appart, une coloc, un appareil photo, de la bière, un cours de macramé, un canapé pour tes soirées devant la télé, un vagin pour tes soirées de célibat, voire un canapé en forme de vagin pour tes soirées de célibat devant la télé.
Pour se la jouer "New Yorker" : Tout le monde trouve son appartement par Craigslist. C'est d'un commun. Il est tellement plus hype de raconter à ses amis comment on a recontacté ce barman super mignon de l'autre soir qui nous a listé dans les "missed connections" tellement il voulait nous revoir.

Voici le vagina couch. Il est à vendre. Mais si personne ne l'achète, son propriétaire est prêt à le donner. OH MON DIEU ! Encore mieux que les soldes chez Bloomingdale's.
10:15 Publié dans Manhattan Transfert | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, new york, blog, sexe, soldes, garcon, sortie


