17.03.2008

Mi-tics

A intervalle régulier s'observe dans le petit monde fascinant de la blogosphère le phénomène de la chaine.
La chaine. Qu'est ce que la chaine hein ?
Ben c'est comme les mail chain SAUF que. Primo une gamine leucémique qui a 9 ans depuis 1998 ne va pas te jeter un sort pour que tu passes le reste de ta vie sans amour, tout ça parce que tu n'as pas renvoyé ce mail à tous tes contacts. Et deuxio grace à la magie du web 2.0 tu peux raconter des tas de trucs sur toi dont tout le monde se fout mais c'est pas grave parce que c'est interactif et l'interactivité c'est quand même vachement important dans le web 2.0, je sais j'ai pris Loïc Le Meur en 3ème langue au lycée (Non ! Relis la phrase malheureux ! Je n'ai PAS dit que j'avais pris la langue de Loïc Le Meur au lycée. La langue de Loïc Le Meur dans ma bouche ? Ca ce serait vraiment dégueu).

Donc en ce moment, tous les bloggeurs hyper influents que je lis se mettent à parler de leurs tics mais six tics seulement sinon c'est pas du jeu. Même Versac nous apprend qu'il a un lipome (si ça c'est pas de la nouvelle sur un bloggeur influent)...
Et puis ici ? Ben rien. Je commençais à me sentir comme la rejettée de la blogosphère et genre j'étais presque prête à la faire cette fichue chaine et à dire que c'était Piotr, un bloggeur pakistanais (oui j'ai des connaissances imaginaires de merde) qui n'existe pas-mais-personne-n'en-saurait-rien qui me l'aurait refilé mais heureusement Drenka est là. Merci Drenka je t'aime d'amour à part le tic sur les poils dans les boutons là j'ai vomi mes cookies au peanut butter donc pas merci.

Alors :

1- Mettre le lien de la personne qui vous a tagué...
2- Mettre le règlement du tag sur le blog...
3- Mentionner 6 habitudes ou tics sans importance sur vous-même
4- Taguer 6 personnes à la fin de votre billet en indiquant les liens de leurs blogs
5- Avertir directement les personnes taguées sur leur blogs

Le tic de l'obsédée


Je ne peux pas m'empêcher de regarder l'heure sur chaque horodateur devant lequel je passe. Même si y en a 3 d'affilé dans la même rue, tu peux être sûr que je vais tous les scruter les uns après les autres, d'un coup d'oeil honteux, en me disant à chaque fois que je suis trop con . Et comme forcément aucun d'eux n'indique jamais la même chose, je perds plein d'énergie à faire en temps réel dans ma tête la moyenne pondérée des différents résultats pour obtenir une heure qui au final n'est même pas exacte. Je sais pas ce que j'ai. Un problème certainenement. Comme si chaque horodateur dégageait genre le charisme de Jude Law.

Le tic de la sportive

Quand je suis dans le metro, j’aime bien quand il n’y a pas de place assise, ça me fait une excuse pour rester debout. Je me place au milieu du wagon et je fais pivoter mon corps selon un angle très précis determiné empiriquement après des années d’expérience. Je fléchis légèrement les jambes et mon grand jeu c’est de réussir à rester debout lorsque le wagon est lancé à pleine puissance puis freine brutalement, sans me tenir à une barre ou m’adosser à une porte. Je regarde d’un air goguenard tous les nazes qui ont perdu l’équilibre alors qu’ils se tenaient tandis que je défie les lois de la gravité (oui parce que ma graisse fait contre poids la pute) (et souvent l’ordinateur aussi), libre et riante sous les néons, telle une surfeuse urbaine. Quoi ? Oui c’est comme du surf, et d’ailleurs approche toi du type à côté là, ça sent un peu le crabe mort et l’algue pourrie.

Le tic de la goinfre


J’adore découvrir des nouveaux mélanges au niveau de la nourriture. Rien ne me fait plus fantasmer que des pates au chocolat ou des cookies aux betteraves. Un de mes buts principaux en voyage est de determiner le plat le plus original et le plus typique du coin, sans lequel j’aurai l’impression d’avoir perdu mon temps. Ouais je sais je suis un peu l’Indiana Jones de la boufffe. D’ailleurs si quelqu’un est motivée pour me faire gouter le gateau choco-mayo, je suis partante !

Le tic de la dévergondée


Tout le temps Souvent, quand je dois aller faire la lessive, je m'habille à l'arrache, et je ne mets même pas de sous vêtements...

Le tic de l’intello énervée


Je lis le Monde. Sur internet. Mais pas tout non plus hein ! Et je sais pas pourquoi, je ne peux pas m’empêcher de regarder si un abonné a laissé un commentaire. Et si c’est le cas je ne peux pas m’empêcher de le lire. Alors que s’il y a bien un truc qui m’énerve plus que tout, plus encore que quelqu’un mange ma nourriture, lise par dessus mon épaule ou mette ses doigts sur l’écran de mon ordinateur, c’est lire ces pseudo-réflexions à la con de vieux soixante-huitards gaucho bobo qui croient tout savoir et critiquer les derives du système alors qu’ils prennent l’excuse d’une tribune du Monde pour balancer les petites élucubrations bien pensantes qui ont dû germer dans leur cerveau lors d’une de leurs petites sauteries branches-décontractées-on refait le monde et en plus je veux dire leurs réflexions paranos n’ont souvent AUCUN rapport avec l’article en question donc s’il te plait TU FERMES TA GUEULE MAINTENANT.

Le tic de la parano


Je ne sais pas m'habiller. Pourtant j'apprécie que les autres le soient. Mais en fait je m'en fous un peu. J'aime bien lire dans Elle que "red is the new black" pour les 2 prochains mois, mais en fait c'est surtout parce que je suis un peu parano et je m'imagine que si une dangereuse sociopathe habillée en robe Maje mit paire de Louboutin me tabasse dans la rue au prétexte que je porte des jeans et baskets, je pourrais sauver ma peau en hurlant que non je ne suis pas qui vous croyez et j'ai des preuves ! Cet été la mode c'est le combishort avec la capeline bordel !
(ahahaha QUI va porter un combishort avec une capeline ? Les gens sont fous)
(moi je reste en jeans et en baskets même en été)


Donc je tague euh… Arpenteur, You, NicMo, le sushi, Milla, Gorgonzolla et Bernie mais je sais pas s’ils ont déjà eu ce questionnaire. Ca fait 7 mais comme à tous les coups ils ont deja TOUS fait ce questionnaire (ou ne voudront pas le faire), faut que je ratisse large. Sinon, si toi lecteur, lectrice, tu veux faire ce questionnaire, pas de problème, tu me préviens et je te mets en lien sur la note…

21.05.2007

J'aime/J'aime pas

Voici une note nombriliste, absolument pas originale mais ô combien interactive (parce que j'attends bien évidemment vos propres listes dans les commentaires) (en plus des commentaires habituels qui montrent à quel point mes lecteurs ont du répondant...). Si vous vous posiez des questions sur l'auteur de ce blog, un être mystérieux et fascinant (et même si vous vous en fichiez)...

J'aime pas...

J'AIME PAS me lever tôt… J'AIME PAS les gens qui parlent au cinéma…J'AIME PAS non plus arriver en retard au cinéma... J'AIME PAS me lever le matin et trouver la vaisselle de la veille dans l'évier… J'AIME PAS quand je suis sincère et qu'on ne me croit pas… J'AIME PAS passer des heures à table … J'AIME PAS les chiens mouillés… J'AIME PAS les dimanche soir suivis d'un lundi matin… J'AIME PAS les hypocrites, les ingrats et les gens imbus de leur personne… J'AIME PAS le son de ma voix... J'AIME PAS avoir tort... J’AIME PAS m'occuper de plantes vertes ou de cuisine, cela démontre à chaque fois mon incompétence... J'AIME PAS ne pas être au courant... J'AIME PAS les journées grises et plates... J'AIME PAS les fautes d'orthographe, et le langage sms en dehors des sms... J'AIME PAS faire mes valises... J'AIME PAS qu’on lise par dessus mon épaule.. J'AIME PAS l’odeur de l’essence et de la cigarette froide...J'AIME PAS l’absence de curiosité chez un être humain...J'AIME PAS les adieux qui durent trop longtemps... J'AIME PAS quand j’adore une chanson et que ma mère dit « Ah mais c’est toute mon époque ca »... J'AIME PAS parler au téléphone... J'AIME PAS le sable qui s'infiltre partout à la plage... J'AIME PAS m'occuper des papiers administratifs...J'AIME PAS le contact du plastique sur la peau moite...J'AIME PAS qu'une vendeuse vienne me demander "je peux vous aider ?" dans un magasin de vêtements... J'AIME PAS me sentir de trop... J'AIME PAS les frites molles... J'AIME PAS être prise au dépourvu... J'AIME PAS penser à l’avenir...

J'aime...

J'AIME les films où le héros meurt à la fin… J'AIME les mots qu'on se chuchote à l'oreille… J'AIME me retrouver collé à mon siège au décollage d'un avion… J'AIME me coucher le soir en ayant appris quelque chose ou fait plaisir à quelqu'un… J'AIME lire des mots au hasard dans le dictionnaire… J'AIME les odeurs qui m'en rappellent d'autres… J'AIME rentrer d’une balade en imaginant ce que les photos que j’ai prises vont donner... J'AIME la photo tout court... J'AIME me coucher très tard... J'AIME la lumière en été entre le coucher du soleil et le crépuscule... J'AIME les soirées qui s’annoncent ratées et qui finalement sont géniales... J'AIME les mélanges (sucré-salé, doux-épicé)... J'AIME Paris...me balader dans Paris la nuit en voiture, et imaginer la vie des gens dont je vois les fenêtres éclairées... J'AIME les heures passées aux terrasses des café aixois quand il fait beau... J'AIME les gens qui prennent le temps de me faire connaître un lieu, une passion, un peu d’eux-même... J'AIME faire des projets... J'AIME être sous la couette quand il pleut dehors... J'AIME le champagne... J'AIME "Les fleurs du mal", "L’attrape cœur", "Demande à la poussière", "A l’ouest rien de nouveau", "Lolita", "Des souris et des hommes", "la promesse de l’aube"…J'AIME les douches brûlantes... J'AIME me glisser dans des draps frais... J'AIME marcher dans la rue avec les écouteurs dans les oreilles, et adopter une démarche et une vision des gens qui passent en fonction de la musique que j'écoute... J'AIME les fou rires interminables qui font mal au ventre... J'AIME manger la moitié de la baguette encore chaude en rentrant de la boulangerie... J'AIME les petits moments où il ne se passe rien mais où on est simplement bien... J'AIME porter des vêtements neufs ou tout propres, pour la sensation sur la peau... J'AIME les câlins... J'AIME d'avance les gens qui auront eu le courage de lire ce post jusqu'au bout…               

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Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive... 

24.04.2007

"All-bran myself, don't wanna be all-bran myself, anymore..."

Ou "comment je me suis confronté à une légende urbaine..." (photos à l'appui)

 Ca fait quelques semaines que je suis en mode apathique-sous-un-plaid-devant-la-télé, l'oeil vide et le cheveu terne. Comme dans la vie il ne faut compter que sur soi (et encore, pas beaucoup), j'ai décidé de rompre la monotonie de mes longues journées grises en faisant quelque chose d'extraordinaire. Un vrai truc de fou. Limite mettre ma santé physique et mentale en danger. Donc c'est fait : j'ai acheté des All-Bran.
Bon alors lectrice, lecteur, je te mets en condition : j'étais au Monoprix (en fait tu vas finir par croire que je passe ma vie dans ce Monoprix, genre je me suis fait un abri au rayon des ustensiles de cuisine et je me douche en me frottant des surgelés Findus fondus sur tout le corps mais en fait non). Je traînais d'un pas langoureux propre à attirer le mâle en rut qui pourrait déambuler dans le rayon condiments et lessive, lorsque mon regard se posa sur un mot. Un seul. Enfin deux mais avec un tiret. "All-Bran".
Les All-Bran, c'est un peu une légende urbaine. Le truc dont tout le monde t'a dit que c'est pas bon, mais vraiment pas bon. Mais qu'en fait personne de ton entourage n'a gouté. En plus les All-Bran sont entachés par leur réputation de régulateur de transit intestinal, ce qui, tout le monde en conviendra n'est pas super hype et glamour. Ils sont pas très malins au service de communication de All-Bran. Enfin, ces derniers temps ils ont tenté de diversifier le produit. Devant mes yeux effarés s'étendaient des kilomètres de boîtes estampillées All-Bran, proposant des pétales, des fruits, du chocolat...
Bon. Je milite pour la pureté du geste, la beauté de l'extremisme gratuit (mais limité au domaine des All-Bran). Je me suis donc détournée de ces viles tentatives marketing pour me saisir de la pire offre de la gamme. L'originale, la vraie, la seule, l'unique. Celle où il y a marqué "Au moins 50% de fibres". Je pense que dans la vie il ne faut pas faire les choses à moitié. A l'instar de Dieu (oui j'aime à me comparer à Lui), je vomis les tièdes.

Donc la preuve en image

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  Là c'est mon doigt qui te prouve que je ne fais pas les choses à moitié

je rentre chez moi, le ventre crispé par l'excitation, un rictus de défi sur le visage. L'instant est capital. Je vais peut-être faire s'écrouler les certitudes du monde entier. Je me vois déjà invitée chez Bataille et Fontaine, demandant aux plus grands lobbies alimentaires s'ils sont prêts à ouvrir le rideau et entendre ma  terrible révélation : les All-Bran c'est bon !
J'ouvre fébrilement le paquet. Bon soyons honnêtes. Je m'étais peut-être un peu monté la tête. Je m'attendais à un truc extraordinaire, quelque chose à la hauteur de la réputation des All-Brans.

En fait les All-Bran ça ressemble à ça :

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Au début j'ai cru que je m'étais gouré et que j'avais acheté des granulés pour hamster. C'est très étrange. En fait les All-Bran c'est pas composé à 50% de fibres. Non. Les All-Brans, C'EST des fibres. Et ça fait bizarre de voir ça. Un peu comme si au lieu de manger des aliments, vous mangiez des glucides ou des lipides sous leur forme pure.
A première vue c'est pas très engageant.
A seconde vue non plus remarque.

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Je saisi une fibre du bout des lèvres et la mâchonne conscienceusement. Hummm. J'ai l'impression de déguster du carton. Même couleur. Et même consistance.  Même goût aussi. C'est naze. Où est le grand frisson de la découverte ??
Et puis j'ai une idée lumineuse : ce sont des céréales non ? Donc je les met dans un bol et j'ajoute du lait.
C'était sec et sans goût. Maintenant c'est mou et sans goût.

Attention la photo suivante pourrait heurter la sensibilité des plus jeunes.
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En moins de temps qu'il en faut à Marc Lévy pour nous pondre un roman de merde de gare et le faire passer pour le best-seller de l'année, les granulés de lapin se sont transformés en une immonde bouillie marron. On dirait un peu du caca radioactif.
 
Soudain je me sens vachement moins aventurière. Je me tourne vers Coloc, lui montre le..euh..truc et lui propose d'un air engageant de goûter à "ce délicieux bol de céréales qui va te faire une silhouette de folie pour l'été et grâce auquel tu vas gagner au loto et trouver un stage à Los Angeles où tu seras repéré par des chasseurs de têtes et tu deviendras une star merde fais un effort ça va pas te tuer quand même !" mais en fait elle refuse. Les gens sont lâches, couards et me débectent. Je hausse les épaules et me résous à être le cobaye de ma propre expérience.
"Ne tente surtout pas de me retenir !" lui dis-je d'un air décidé en espérant au fond de moi qu'elle va tout faire pour m'empêcher de manger ça, et que je pourrais faire genre je me rends de mauvaise grâce à ses arguments ce qui me permettrait de couper à la dégustation sans perdre la face. A la place elle soupire et elle se tourne vers la télé .
Je me mets à pousser des grognements pour attirer de nouveau son attention parce qu'il me faut un témoin, un spectateur pour l'acte inoui que je me prépare à accomplir. J'approche lentement la cuillère à ma bouche, vérifie que Coloc regarde bien dans ma direction et admire mon courage et ma bravitude. Mon port altier ne laisse aucun doute sur le bien-fondé de mon sacrifice, je mourrai peut-être mais ma vie aura au moins démontré à l'humanité le danger de ces céréales granulés et je m'imagine agonisant sur le parquet et Coloc en larmes à mes côtés, sanglotant et jetant un anathème à "Kellogg's Company" et peut-être qu'il faudrait que j'ai quelques convulsions ça rajouterait de l'intensité à la scène.
Je me plonge toute entière dans cette vision jouissive quoique je commence à me dire que si Coloc était une vraie amie elle arrêterait mon geste, s'interposerait entre la cuillère et ma bouche au péril de sa vie (oui parce qu'elle pourrait se prendre de la bouillie sur le pull et vu la gueule du truc ça doit au moins faire des trous dans le tissu et faire fondre la peau) en me hurlant "Non Maud arrête ! Tu n'as rien à prouver ! Ne le fais pas je t'en prie !".
Et là au moment le plus intéressant de mon fantasme (elle me promet de m'acheter un paquet de Pépito et du Ice Tea pour se faire pardonner son indifférence glaciale à mon égard), la cuillère termine sa course en heurtant mes dents et la bouillie radioactive se déverse dans ma bouche.
C'est...pire que ce qu'on ne pourrait jamais imaginer. C'est mou et gélatineux, avec un goût de sciure. Et cela commence à envahir mon oesophage, à boucher toutes les voies respiratoires oh mon dieu je vais mourir étouffée j'avais raison je vais mourir OH MON DIEU !!!! Je tente de déglutir, j'en avale encore plus. Des larmes jaillissent de mes yeux, mes yeux jaillissent de mes orbites, je me sens devenir mi-figue mi-raisin (de délicates nuances de violet colorent ma peau). J'ai le temps de penser que si les Américains avaient utilisé la bouillie de "All-Bran" comme arme de guerre, ils auraient gagné le Vietnam, et puis un rideau noir tombe sur ma conscience, mes yeux se voilent et je tente d'émettre les râles de l'agonie mais y a trop de bouillie alors j'abandonne l'idée. Au moment où je me résigne et me prépare à accueillir la Mort comme une amie à qui il faut tendre les bras, la bouillie franchit enfin ma gorge. J'aspire une goulée d'air pur, suffoquant encore à moitié, hébétée par le choc. Je me tourne en larmes vers Coloc, attendant au moins des applaudissements. Mais en fait elle n'a rien remarqué et continue tranquillement à regarder la télé Alors je ne dis rien. Je viens de comprendre que l'épreuve que je viens de traverser, je ne pouvais que la vivre seule, et que désormais les mots seraient dérisoires et ne pourraient jamais transmettre cette expérience sans la trahir un peu.
Je m'enferme dans un noble silence, et vais vider le reste du bol dans la poubelle.
Le problème, je m'en rends compte dans un éclair de lucidité, c'est que j'ai encore toute la boîte à finir...