09.05.2008
Mélancolie
Prendre la voiture et rouler. S'arrêter dans ces chambres de motel impersonnelles à la moquette usée et secrètement j'attendrais le crépuscule pour tu sais la lumière verdâtre à travers les rideaux et pouvoir prendre en photo ton corps réduit à une ombre sur le lit aux draps défaits. Une échappée qui aurait le gout des milkshake trop sucrés et de la pluie qui tambourine doucement. L'odeur de cuir brûlant des sièges et de la poussière qui vient du désert là bas plus à l'ouest. On ne ferait pas de plans, on s'arrêterait quand une enseigne clignotante nous ferait vulgairement de l'oeil sur le bord de la highway. Les hiéroglyphes des vieilles stations services abandonnées qui remontent le temps et au bout d'un moment je n'essayerais même plus de les déchiffrer. En bande son Belle and Sebastian, une sirène de police solitaire cette nuit aux alentours de Brookhaven ou était ce Bassfield, ton rire et le bacon qui crépite dans les innombrables diners.
Je sais que ce serait provisoire, j'essayerais de ne pas trop tirer sur la corde. Parfois je fermerais mes yeux comme si j'étais fatiguée, mais ce serait pour oublier que nous n'allons nulle part, Tes efforts n'y changeraient rien, pas plus que ton sourire presque vague. Ce serait le début de l'été et je sentirais sa menace, comme une urgence lourde et mélancolique sur l'asphalte. J'essayerais de me rappeler comment c'était de t'aimer au début mais la fièvre aurait disparu et les lumières seraient trop pâles au fond des rues grises. Au final il nous resterait des minuscules moments presque partagés, une carte routière usée aux plis et quelques photos de toi que j'aurais prises quand tu regardais ailleurs.
Crédit photo : Rantfoil-flickr
09:00 Publié dans La Pléïade revisited | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, voyage, etats unis, voiture, route, fin
14.10.2007
I always depend on the kindness of strangers (edit inside)
Il semblerait que quand un blog s'étiole, c'est qu'il va mourir. C'est rarement bon signe quand l'auteur passe de longues semaines sans poster, et si tu ne me crois pas, demande à Badibuh.
Enfin bref cher lecteur, cher lectrice, je crois que tu t'en doutais, ça ne pouvait plus durer.
Je pourrais prendre comme excuse que l'été était peu propice au blogging, mais en fait non.
Lorsque je repense à la naissance de ce blog, en janvier (ça ne nous rajeunit pas tout ça), à cette époque un peu fofolle où j'étais insouciante, le poil soyeux et l'oeil vif (sauf les lendemains de cuite), je me dis que tu vois, je n'avais pas pensé que ça se passerait comme ça.
J'ai commencé ce blog sur un coup de tête, en me disant que je pourrais l'arrêter à tout moment, et j'ai donné l'adresse à quelques tous mes amis. J'ai posté deux-trois notes, et puis j'ai attendu. Fianlement je me suis rendue compte de plusieurs choses.
Que tout compte fait, très peu de mes enfoirés d'amis allaient lire mon blog. Mais que curieusement le nombre de visites augmentait de mois en mois.
Et que je ne pouvais pas m'arrêter de poster. Déjà parce que j'aimais ça. Je suis devenue accro à cette sensation d'avoir le ventre qui se noue, là, juste en bas, quand j'allais regarder si vous aviez commenté. Et puis je ne pouvais pas non plus arrêter parce que je découvrais qu'avoir des lecteurs impliquait certains devoirs. Il faut poster, leur donner des choses à lire (et si possible drôles), répondre aux commentaires et trouver rapidement d'autres sujets. A un moment, j'en étais même arrivée à mesurer chaque événement de ma vie à l'aune de cette question : "Puis-je en faire une note ?". Mais ce n'était pas pesant comme situation. Parce que vous étiez là, fidèles et exigeants. Mais aussi généreux. Parce que vous m'avez donné envie, avec vos visites et vos commentaires, une raison de continuer (et sûrement la meilleure raison). Vos commentaires surtout. Quelques mots ou plusieurs paragraphes, dans chaque cas la preuve d'un acte de bonté désintéressée, consacrer quelques minutes à me faire savoir que ce que j'écrivais vous plaisait, et cela était la plus belle récompense que je puisse avoir.
Alors que j'écris ces lignes me revient en mémoire la phrase de Blanche Dubois dans Un tramway nommé Désir : "J'ai toujours dépendu de la gentillesse d'étrangers", et au moment de fermer ce blog, je me dis qu'aucune phrase ne conviendrait mieux à cette formidable expérience.
Le blog est mort, vive le blog !
Almost famous s'arrête (mais reste ouvert si vous avez de la lecture en retard), et je migre vers blogger (plus de place) pour mon nouveau blog consacré à mon aventure new yorkaise.
Comme je ne veux pas que certaines personnes de mon entourage y aient accès, je diffuse l'adresse confidentiellement par mail. Tous ceux qui ont déjà laissé un commentaire l'auront automatiquement.
Ceux qui fréquentent ce blog sans se manifester (ou qui n'ont pas reçu mon mail), laissez moi un commentaire (même un seul mot pas besoin de faire des phrases) histoire que j'ai votre adresse mail.
Je préviens que mon nouveau blog, même si j'essayerai d'y poster des notes dans la veine de celles d'Almost-famous, sera avant tout une sorte de carnet de voyage...
Edit Cresson : Non mais en fait je reviens ! En espérant ne pas avoir perdu trop de lecteurs en route...
18:45 Publié dans Rock around the blog | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, fin, voyage, commentaires, blog



