02.12.2007
J.F recherche appartement (part 2)
La première semaine je n'ai eu aucune réponse à mes mails. Les trois autres semaines, j'ai eu de plus en plus de réponses, puis de plus en plus de rendez-vous pour des entretiens. Mais toujours infructueux.
J'ai rencontré des Chinois, des Coréens, des Italiens, des Anglais, des Américains. Des garçons, des filles, des jeunes, des vieux. Des gens avec des chiens, des gens avec des chats, des gens avec des problèmes psychologiques. Un rasta qui pour tout entretien m'a montré des photos de ses gosses et m'a dit que j'avais une très belle aura, il pouvait la voir.
La palme revient tout de même à Raymond. Enfoiré Sacré Raymond. Une annonce de rêve, 800 $ dans West Village. j'obtiens un rendez-vous dans un Starbucks, et rencontre un type d'une cinquantaine d'années. Au bout de quelques minutes d'une discussion très sympa, Raymond me dit que "ça ne va pas être possible". Je demande pourquoi, il répond que je suis trop jolie. J'objecte qu'il a une copine, il me dit que oui mais qu'il sera stressé de me savoir dans les parages car il risque d'être tenté. Puis Raymond me demande si je sais faire les massages car "il pourrait peut-être me prendre à l'essai mais du fait que je serai là, il sera stressé et aura besoin d'un massage quotidien". Mais en tout bien tout honneur, sans sexe. Et mon cul c'est du poulet ? Je réplique que je ne fais pas ce genre de choses, et suis obligée de partir lorsque Raymond m'annonce que si je ne le masse pas quotidiennement, il se verra contraint de me mettre une fessée, toute nue sur ses genoux. Sacré Raymond ! Sale pervers va...
J'entame ma cinquième semaine, le moral au plus bas. Fatiguée de n'avoir aucun résultat. Et puis une des personnes que j'ai rencontrée me veut. Comme roomate. L'appart est moche, très vieux, très mal foutu (une chambre minuscule, une déco à chier et la salle de bain quasiment dans la cuisine...). Mais je ne peux pas me permettre de refuser. j'ai le couteau sous la gorge. Ca fait plus d'un mois que je loue ma chambre dans l'Upper West Side (grâce à mon charme naturel ma détresse apparente, mon hébergement de 2-3 jours a été prolongé) et il faut que je sois partie le 1er décembre au plus tard. Je dis à la fille que je donnerai une réponse définitive le vendredi de Thanksgiving. Je visite deux autres appartements entre temps, les deux fois on me veut comme coloc (ils se décident tous en même temps... on se foutrait pas un peu de ma gueule par hasard ?) mais c'est moins bien situé et plus cher que la fille de l'appartement moche et vieux. Le vendredi, je me prépare à aller la voir avec l'argent, la mort dans l'âme. Presque par automatisme, je visite un dernier logement. Et là... c'est celui là que je veux. Je choppe la locataire entre 4 yeux, je lui explique que je n'ai pas de temps à perdre, il faut que je donne ma réponse pour un autre endroit le soir même, mais que je préfère celui là. Je reste calme, presque indifférente, tout en lui mettant la pression. Elle me dit qu'elle a d'autres visites à faire, je n'ai qu'à la rappeler plus tard. Ce que je fais. Là elle m'annonce d'un ton ennuyé qu'il lui faut du temps pour réfléchir et qu'elle me donnera une réponse demain. Je. Ne. Peux. Pas. Attendre. je me concentre pour être persuasive et annonce que je peux débarquer dans une demi heure avec l'argent de la caution. Finalement elle capitule, on signe et elle m'annonce que ça tombe bien, je suis celle qu'elle a préféré. Dans la foulée j'appelle la fille de l'appart moche pour annuler, et je vais boire un coup avec des amis pour fêter ça.
Donc voilà lecteur. Merci pour tes encouragements et ton soutien dans les moments difficiles. Tu seras donc content d'apprendre que j'emménage le 15 décembre dans une chambre à 900 $, avec coloc sympa et murs en briques rouges de surcroit.
Le meilleur ? Devine où j'habite ?
Sur Time Square
(Mouahahahahahahaha) (<=== rire de triomphe et de joie débordante)
09:05 Publié dans Manhattan Transfert | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, colocation, new york
30.11.2007
J.F recherche appartement (part 1)
Bon alors comme tu le sais j'étais un peu en galère d'appartement depuis mon arrivée. Pour te situer le truc, à mon arrivée à New York, j'ai débarqué chez une amie d'amis de ma mère, que je ne connaissait absolument pas. Appartement magnifique, dans l'Upper West Side. A 2 blocs de Central Park, immeuble avec doorman à l'entrée pour te saluer et t'appeler un taxi, doorman dans l'asenceur pour porter tes paquets et appuyer sur le bouton de ton étage (c'est über fatigant d'être riche à New York, faut pas croire...). Je pose ma valise dans ma chambre, et là on m'annonce directement la couleur : il faut que j'ai trouvé un autre endroit d'ici 2 ou 3 jours. Panique.
Bon tu vas me dire, 2-3 jours, c'est suffisant pour trouver une chambre, même provisoirement. Et là je te réponds oui.
Mais pas à Manhattan.
Mettons nous en situation. Manhattan est le point névralgique de la 3ème ville la plus chère du monde. Les gens se battent pour habiter là. A chaque fois que j'ai répondu à une annonce, nous étions entre 70 et 200 à avoir envoyé une réponse. Et puis je partais avec des handicaps : étrangère, moins de 21 ans, et un budget maximum de 950 $. Oui parce qu'il faut que je te parle des prix.
(clique pour agrandir ce sublime dessin réalisé par moi même)
Comme tu peux le voir sur la carte, Manhattan c'est grosso modo 3 zones :
uptown : Columbia University, Harlem, Spanish Harlem et les Heights. Pour simplifier, c'est l'endroit le moins cher de l'île mais le plus "craignos"
midtown : Encadrant Central Park, l'Upper East Side (avec la 5eme Avenue, équivalent du 16ème arrondissement parisien) et Upper West Side (là où j'habite, je sais c'est trop la classe). L'Upper East est le quartier des milliardaires, l'Upper West celui des millionnaires. Il va sans dire que plus tu te rapproches du parc, plus le prix monte.
Midtown, c'est aussi le bas de Central Park et Columbus CIrcle.
downtown : La partie la plus célèbre, et la plus chère. Très variée, elle va de Hell's Kitchen (quartier de Time Square) à Soho, Little Itlay ou encore Wall Street.
Dans le quartier le moins cher, au dessus de Harlem, tu peux trouver une chambre à environ 500 $. Mais, sans trop caricaturer tu habites alors à une demi heure en métro du centre de Manhattan, et ton voisinage se compose de dealers, drogués et membres de gang. C'est "vivant et coloré" mais il faut éviter d'y trainer tard le soir...
Midtown les prix oscillent entre 1000 et 1600 $, augmentant si l'immeuble propose salle de gym, doorman et autres options nécessaires à la vie new yorkaise.
Downtown, les prix diffèrent selon les quartiers. Le quartier le moins cher est le Lower East Side et Chinatown, où tu trouves une chambre minuscule entre 800 et 1100 $. Le plus cher est mon coin préféré, West Village, où le moindre cagibi se négocie entre 1700 et 3000 $ par mois (3000$ pour une simple chambre en colocation !). Soho, Hell's Kitchen ou Wall Street se situent entre les deux, entre 1200 et 1700 $ en moyenne.
Mon problème, c'est que je voulais vivre downtown avec un budget s'approchant d'uptown. Autrement dit, trouver une chambre à moins de 1000 $ dans des quartiers à plus de 1200 $. Donc forcément mon choix était restreint. Je te passerai sous silence le mois de recherches infructueuses, à guetter sur craigslist l'annonce parfaite et prier pour recevoir un mail en retour avec une date pour un rendez vous.
J'ai tout fait. Les "open houses" dans les rues de Chinatown aux effluves de poissons et de pâte de riz. Les entretiens dans des salons minuscules du Lower East Side, à essayer de convaincre un ou plusieurs parfaits inconnus que j'étais la roomate idéale. Les logements sans salon ni cuisine. les chambres sans fenêtre, situés dans l'entrée de l'appartement. Les cages d'escalier pleines d'ordures, les stations de métro lépreuses où je m'assoupissais après deux entretiens infructueux.
Mais tu sais quoi ? Je ne regrette rien. Certes je n'ai pas profité beaucoup des divertissements qu'offrait la ville. Mais au final, marcher seule et dans le froid, la nuit, le stress constant, la peur au ventre d'arriver en retard, la peur au ventre de rater l'entretien, de ne pas être retenue, la peur au ventre de ne rien trouver, ce fut précieux. Sur le moment, c'était horrible, mais sans m'en rendre compte, cela m'a permis de découvrir New York. Le vrai New York, pas celui des touristes, mais celui de ceux qui y habitent, celui de ceux qui galèrent et qui s'accrochent. C'est une partie de New York qu'on ne pourra pas m'enlever.
09:55 Publié dans Manhattan Transfert | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, colocation, new york




