29.05.2007

"Cannes ? Aaaaaahhh !" Bis (tout ça pour un jeu de mot aussi pourri...)

Voilà donc le diaporama annoncé. Sélection des photos qui m'ont parues les plus représentatives de Cannes off. Soyez indulgents c'était la première fois que je me servais d'un logiciel de montage. Pour les photos, même si la qualité n'est pas du tout au rendez-vous avec Youtube, j'attends vos commentaires.

Cannes "off"

 

Edit (Cresson) : Après m'être faite jetée trois fois du Monoprix et une fois d'un bureau de vote parce que je prenais des photos, j'ai eu le droit aux tentatives d'intimidation des hommes de la sécurité de l'hôtel Martinez parce que j'avais un téléobjectif et que j'ai continué à mitrailler malgré l'interdiction (j'aime pas qu'on m'interdise de prendre des photos). Je monte en grade dans le refoulage...


Edit (Piaf) : Pour ceux que ça intéresse, j'ai retouché la saturation pour donner aux photos un aspect "lomo" (même si youtube ne veut pas se plier à mes désirs...). Si tu ne sais pas ce que c'est qu'un lomo, tu cliques ici. Si tu veux voir ce que donne une photo prise au lomo, tu cliques . Et sinon les photos seront en qualité optimale sur le blog photo...

 

Edith (Wharton) :Je viens de me rendre compte que Bram/Jude Law vous intéressait plus que mes photos cannoises alors bon je me dis que mes lectrices (et lecteurs d'ailleurs) sont des gens étranges mais on va essayer (on c'est moi) de prendre Jude Law avant son départ sans qu'il ait l'impression d'être un objet de fantasme, parce que bien sûr je fais tout ça uniquement pour mon lectorat. Et il ne se passera rien entre Jude Law et moi parce qu'il a 18 ans, ce qui me donnerait un peu l'impression de sortir avec mon petit frère...

28.05.2007

Cannes ? Aaaaaaaah !

9d286878bbfd4beaaf35100fe294db01.jpegSauf si tu es décédé récemment, tu sais qu'il y avait le festival de Cannes ces deux dernières semaines. Vu que Cannes c'est pas très loin, et que j'ai fini les partiels jusqu'aux rattrapages, je me suis souvenue que ma mère a un grand appartement à Nice, et qu'elle pourra me faire 2 repas chauds par jour pendant que je passerai mon temps à la plage, alors je me suis dit qu'il était temps de resserrer les liens familiaux et je lui ai annoncé que je venais.

J'ai prévu de prendre le premier bus de la journée, sauf que j'oublie de me réveiller. Heureusement, en faisant appel à mes grandes capacités de mise en boule de fringues et de jetage frénétique de produits de toilette dans la valise, je parviens à être prête et à arriver à l'arrêt de bus en un quart d'heure, suante et les yeux exorbités. Sauf qu'on est dimanche. Et que la gare routière est fermée. Et que je n'ai pas assez d'argent. Paniquée, je lance au chauffeur mon regard numéro 24 (regard en dessous, yeux écarquillés et pleins de larmes), pour faire appel à sa pitié et à son sens chevaleresque du secours aux jeunes filles en difficulté financière. Oui je sais, ç'aurait été plus classe et plus flatteur d'obtenir son aide grâce à ma sexitude et ma beauté fragile, mais tu vois on était dimanche matin et j'avais la gueule de bois, le regard de raton-laveur des lendemains de nuit (presque) blanches et la sueur coulant le long de l'échine, alors tu comprends je suis allée tout de suite au plus efficace. Sois fier de moi cher lecteur, ça a marché et je n'ai payé que la moitié du billet. Mais cette épreuve de bon matin (il était au moins 11h) m'a achevé et je me suis endormie comme une bouse dans le bus, la bouche ouverte et la bave dégoulinant sur le menton.

J'arrive à Nice pour apprendre que ma mère est déjà à Cannes, mais que "Bram" est à la maison et va m'ouvrir. Ok. Qui est Bram ? "Mais voyons chérie, Bram (ou Braham ou Brams enfin j'ai rien compris à son nom) est l'étudiant flamand".
Ah d'accord.  Ma mère a eu la bonne idée de se proposer comme famille d'accueil pour étudiants étrangers. Résultat chaque fois que je rentre à Nice j'ai l'impression d'être dans "l'auberge espagnole", avec des Panaméens, des Anglais, des Autrichiens ou des Néo-Zélandais. C'est cool. En sonnant à la porte, je me demande si Bram a 15 ans. Ou 82 (on a parfois des surprises...les étudiants sont très variés et une fois on a eu un pilote de la Royal Air Force qui avait fait la deuxième Guerre Mondiale et qui venait étudier le français à Nice). Personne ne m'ouvre. Je sonne à nouveau en me demandant si Bram est timide. Ou extraverti. Toujours rien.
Apparemment Bram est sourd. Ou il n'y a personne. Au moment où je m'apprête à abandonner, la porte s'ouvre et j'entre. Je me prends les pieds dans le paillasson et tente de me rattraper en beauté. Je vois en un éclair la chute qui va se produire tandis que j'essaye de me rattraper au chambranle de la porte mais le poids de la valise m'entraine inexorablement vers le sol et je me demande si c'est ça la fin, s'exploser la tête contre un guéridon en fer forgé dans un couloir en n'ayant même pas pu aller à Cannes pour le 60ème festival, et là, au moment de l'impact, je projette mon corps en avant dans une cascade digne des plus grands films et parviens à me rétablir avec la grâce d'un phacochère s'ébrouant dans la savane.

Bon. Au moins personne n'a rien vu.
C'est à ce moment là que je distingue les chaussures devant moi. Et que j'entends un "Bonjour" prononcé avec un fort accent. Meeeeeeerde. Je relève la tête fièrement tout en tentant de prendre un air nonchalent destiné à l'étudiant. Et là, j'ai le souffle coupé. Y a Jude Law devant moi, mais en plus jeune et brun. L'air plus aventurier et définitivement sexy. Je reste là, les cheveux dans les yeux et la machoire pendante. Ses yeux verts me regardent d'un air interrogateur et la première chose à laquelle je pense c'est  "Attends ! Je vais vivre avec ce type ?". Puis "Est ce que j'ai pris un pyjama sympa au moins ?". Puis "Il t'a vu te vautrer...Prends l'air dégagé et insouciant ! Vite !". Donc je lui serre la main et je vais poser mes affaires en gardant toujours un air dégagé et lointain parce que bon voilà quoi.

Puis je pars à Cannes. Pour prendre des photos, non des stars mais des gens dans la rue. Cannes c'était, en vrac :
la sueur des gens dans le train. Le ciel bleu, magnifique. La foule devant les marches du palais au moins cinq heures avant la cérémonie de clôture. La chaleur. Les hommes de la sécurité dans leurs costumes sombres. Les plages privées et les gens qu'on aperçoit en train de prendre des verres, et qu'on devine très influents. La beauté de Jane Fonda. La foule sur la croisette, en train de se gaver de glaces. Des dizaines d'appareils photo au mètre carré. La fraîcheur du hall de l'hôtel Martinez. Arpenter le bitume en long et en large. Les policiers qui semblent sortis d'un film américain. Les lunettes de soleil d'Alain Delon. La foule devant les hôtels chics. Les costards. Les robes de soirée. La silhouette de Gus Van Sant.  Les accréditations. Les badauds qui rêvent d'apercevoir des stars et qui glapissent hystériquement. L'équipe du film "Le scaphandre et le papillon" en train de boire du champagne. 10 euros pour une bière au Martinez.  Les affiches géantes des films en compétitions sur les façades des grands hôtels. La pression de la foule contre les barrières. Le sourire de Charlotte Rampling. Les limousines, les Ferrari et les Porsches. Les gens qui prennent en photo des gens qui prennent en photo d'autres gens en train de prendre en photo des gens qui filment des gens en train de poser. Et cette odeur dans l'air, l'odeur du vent chaud de cette fin de mai et de la crème solaire mêlée à celle des parfums coûteux, de la pellicule glacée et du luxe feutré. Une odeur qui s'impose comme une présence, l'odeur de l'effervescence et de la folie, de la passion du cinéma comme de l'idolatrie pour les célébrités. Une odeur pas forcément agréable, superficielle, clinquante et populaire. Mais une odeur entêtante, fascinante malgré elle. Une odeur enivrante. L'odeur de Cannes.


Pour toi cher lecteur, très prochainement sur ce blog un diaporama de ma virée cannoise...