09.05.2008

Mélancolie

Prendre la voiture et rouler. S'arrêter dans ces chambres de motel impersonnelles à la moquette usée et secrètement j'attendrais le crépuscule pour tu sais la lumière verdâtre à travers les rideaux et pouvoir prendre en photo ton corps réduit à une ombre sur le lit aux draps défaits. Une échappée qui aurait le gout des milkshake trop sucrés et de la pluie qui tambourine doucement. L'odeur de cuir brûlant des sièges et de la poussière qui vient du désert là bas plus à l'ouest. On ne ferait pas de plans, on s'arrêterait quand une enseigne clignotante nous ferait vulgairement de l'oeil sur le bord de la highway. Les hiéroglyphes des vieilles stations services abandonnées qui remontent le temps et au bout d'un moment je n'essayerais même plus de les déchiffrer. En bande son Belle and Sebastian, une sirène de police solitaire cette nuit aux alentours de Brookhaven ou était ce Bassfield, ton rire et le bacon qui crépite dans les innombrables diners.

Je sais que ce serait provisoire, j'essayerais de ne pas trop tirer sur la corde. Parfois je fermerais mes yeux comme si j'étais fatiguée, mais ce serait pour oublier que nous n'allons nulle part. Tes efforts n'y changeraient rien, pas plus que ton sourire presque vague. Ce serait le début de l'été et je sentirais sa menace, comme une urgence lourde et mélancolique sur l'asphalte. J'essayerais de me rappeler comment c'était de t'aimer au début mais la fièvre aurait disparu et les lumières seraient trop pâles au fond des rues grises. Au final il nous resterait des minuscules moments presque partagés, une carte routière usée aux plis et quelques photos de toi que j'aurais prises quand tu regardais ailleurs.

 

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Crédit photo : Rantfoil-flickr 

14.04.2008

I facebooked your mum

 
 
Ca devient n'importe quoi facebook... 
 
 
 
(et sinon bientôt une vraie note, avec de la sueur et des larmes dedans...)
(et je vais répondre aux commentaires aussi, ce serait bien...) 

28.03.2008

I love New Yorkers

Pourquoi j'adore les New Yorkais ?

Pour ça

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(oui je sais Angel l'a mis aussi dans son blog mais je te ferais dire que j'habite à 2 blocs de Bryant Park)

(et vu le prix des loyers, je crois que toute video filmée là bas m'appartient un peu de droit...) 

17.03.2008

Mi-tics

A intervalle régulier s'observe dans le petit monde fascinant de la blogosphère le phénomène de la chaine.
La chaine. Qu'est ce que la chaine hein ?
Ben c'est comme les mail chain SAUF que. Primo une gamine leucémique qui a 9 ans depuis 1998 ne va pas te jeter un sort pour que tu passes le reste de ta vie sans amour, tout ça parce que tu n'as pas renvoyé ce mail à tous tes contacts. Et deuxio grace à la magie du web 2.0 tu peux raconter des tas de trucs sur toi dont tout le monde se fout mais c'est pas grave parce que c'est interactif et l'interactivité c'est quand même vachement important dans le web 2.0, je sais j'ai pris Loïc Le Meur en 3ème langue au lycée (Non ! Relis la phrase malheureux ! Je n'ai PAS dit que j'avais pris la langue de Loïc Le Meur au lycée. La langue de Loïc Le Meur dans ma bouche ? Ca ce serait vraiment dégueu).

Donc en ce moment, tous les bloggeurs hyper influents que je lis se mettent à parler de leurs tics mais six tics seulement sinon c'est pas du jeu. Même Versac nous apprend qu'il a un lipome (si ça c'est pas de la nouvelle sur un bloggeur influent)...
Et puis ici ? Ben rien. Je commençais à me sentir comme la rejettée de la blogosphère et genre j'étais presque prête à la faire cette fichue chaine et à dire que c'était Piotr, un bloggeur pakistanais (oui j'ai des connaissances imaginaires de merde) qui n'existe pas-mais-personne-n'en-saurait-rien qui me l'aurait refilé mais heureusement Drenka est là. Merci Drenka je t'aime d'amour à part le tic sur les poils dans les boutons là j'ai vomi mes cookies au peanut butter donc pas merci.

Alors :

1- Mettre le lien de la personne qui vous a tagué...
2- Mettre le règlement du tag sur le blog...
3- Mentionner 6 habitudes ou tics sans importance sur vous-même
4- Taguer 6 personnes à la fin de votre billet en indiquant les liens de leurs blogs
5- Avertir directement les personnes taguées sur leur blogs

Le tic de l'obsédée


Je ne peux pas m'empêcher de regarder l'heure sur chaque horodateur devant lequel je passe. Même si y en a 3 d'affilé dans la même rue, tu peux être sûr que je vais tous les scruter les uns après les autres, d'un coup d'oeil honteux, en me disant à chaque fois que je suis trop con . Et comme forcément aucun d'eux n'indique jamais la même chose, je perds plein d'énergie à faire en temps réel dans ma tête la moyenne pondérée des différents résultats pour obtenir une heure qui au final n'est même pas exacte. Je sais pas ce que j'ai. Un problème certainenement. Comme si chaque horodateur dégageait genre le charisme de Jude Law.

Le tic de la sportive

Quand je suis dans le metro, j’aime bien quand il n’y a pas de place assise, ça me fait une excuse pour rester debout. Je me place au milieu du wagon et je fais pivoter mon corps selon un angle très précis determiné empiriquement après des années d’expérience. Je fléchis légèrement les jambes et mon grand jeu c’est de réussir à rester debout lorsque le wagon est lancé à pleine puissance puis freine brutalement, sans me tenir à une barre ou m’adosser à une porte. Je regarde d’un air goguenard tous les nazes qui ont perdu l’équilibre alors qu’ils se tenaient tandis que je défie les lois de la gravité (oui parce que ma graisse fait contre poids la pute) (et souvent l’ordinateur aussi), libre et riante sous les néons, telle une surfeuse urbaine. Quoi ? Oui c’est comme du surf, et d’ailleurs approche toi du type à côté là, ça sent un peu le crabe mort et l’algue pourrie.

Le tic de la goinfre


J’adore découvrir des nouveaux mélanges au niveau de la nourriture. Rien ne me fait plus fantasmer que des pates au chocolat ou des cookies aux betteraves. Un de mes buts principaux en voyage est de determiner le plat le plus original et le plus typique du coin, sans lequel j’aurai l’impression d’avoir perdu mon temps. Ouais je sais je suis un peu l’Indiana Jones de la boufffe. D’ailleurs si quelqu’un est motivée pour me faire gouter le gateau choco-mayo, je suis partante !

Le tic de la dévergondée


Tout le temps Souvent, quand je dois aller faire la lessive, je m'habille à l'arrache, et je ne mets même pas de sous vêtements...

Le tic de l’intello énervée


Je lis le Monde. Sur internet. Mais pas tout non plus hein ! Et je sais pas pourquoi, je ne peux pas m’empêcher de regarder si un abonné a laissé un commentaire. Et si c’est le cas je ne peux pas m’empêcher de le lire. Alors que s’il y a bien un truc qui m’énerve plus que tout, plus encore que quelqu’un mange ma nourriture, lise par dessus mon épaule ou mette ses doigts sur l’écran de mon ordinateur, c’est lire ces pseudo-réflexions à la con de vieux soixante-huitards gaucho bobo qui croient tout savoir et critiquer les derives du système alors qu’ils prennent l’excuse d’une tribune du Monde pour balancer les petites élucubrations bien pensantes qui ont dû germer dans leur cerveau lors d’une de leurs petites sauteries branches-décontractées-on refait le monde et en plus je veux dire leurs réflexions paranos n’ont souvent AUCUN rapport avec l’article en question donc s’il te plait TU FERMES TA GUEULE MAINTENANT.

Le tic de la parano


Je ne sais pas m'habiller. Pourtant j'apprécie que les autres le soient. Mais en fait je m'en fous un peu. J'aime bien lire dans Elle que "red is the new black" pour les 2 prochains mois, mais en fait c'est surtout parce que je suis un peu parano et je m'imagine que si une dangereuse sociopathe habillée en robe Maje mit paire de Louboutin me tabasse dans la rue au prétexte que je porte des jeans et baskets, je pourrais sauver ma peau en hurlant que non je ne suis pas qui vous croyez et j'ai des preuves ! Cet été la mode c'est le combishort avec la capeline bordel !
(ahahaha QUI va porter un combishort avec une capeline ? Les gens sont fous)
(moi je reste en jeans et en baskets même en été)


Donc je tague euh… Arpenteur, You, NicMo, le sushi, Milla, Gorgonzolla et Bernie mais je sais pas s’ils ont déjà eu ce questionnaire. Ca fait 7 mais comme à tous les coups ils ont deja TOUS fait ce questionnaire (ou ne voudront pas le faire), faut que je ratisse large. Sinon, si toi lecteur, lectrice, tu veux faire ce questionnaire, pas de problème, tu me préviens et je te mets en lien sur la note…

23.02.2008

Lexique new-yorkais 2

Zagat : Petit guide rouge à 15 $, sorte de Gault et Millaut local. Les restaurants et lounges affichent fièrement le panneau "zagat survey" si ils ont obtenu un commentaire enthousiaste de ce qui est considéré comme la bible des endroits où sortir à New York.
Pour se la jouer "New Yorker" : A utiliser pour se la raconter devant sa bande d'amis "Et l'autre soir on a été diner dans ce petit restau de West Village, il est Zagat-rated (comprendre recommandé par le zagat)".
Encore plus private ? Ne pas dire Zagat mais "the Devil’s Dictionary”, référence à Bret Easton Ellis dans "Luna Park" (ahahah trop la classe je sais)

Soldes : A New York y a des soldes partout. Et TOUTE l'année. Chez Bloomingdale's, la robe passe ainsi de 560 à 430 $. OH MON DIEU ! Tu te rends compte ? C'est une affaire.
Pour se la jouer "New Yorker" : Ne surtout pas faire les soldes de Thanksgiving, dits "Black Friday Sales". C'est la mort de ton body écrasé par une meute de shoppers sanguinaires assoiffés de bonnes affaires.

Videur de boite de nuit
: Souvent noir et baraqué, le videur de boîte de nuit est un connard. Je ne dis pas ça par ressentiment, je n'ai encore été refoulée d'aucune entrée de boîte de nuit (trop la classe je sais). Devant les clubs les plus courus de la ville, on observe parfois une queue interminable, et le videur exerce alors son pouvoir de connard. Pour en avoir discuté avec l'un d'eux (et avoir souvent observé le manège), j'ai pu établir la topographie du tri à l'entrée d'une boîte de nuit new yorkaise :
Tu es un mec seul (pire, une bande de mecs seuls) ? Tu ne rentres pas.
Tu es une fille moche ? Tu ne rentres pas.
Tu es  mal habillé ? Tu ne rentres pas.
Tu es dédaigneux avec le videur ? Tu ne rentres pas.
Tu es amical avec le videur ? Tu ne rentres pas.
Tu essayes de passer devant tout le monde dans la queue ? Le videur te renvoie à l'arrière (et accessoirement tu ne rentres pas)
Tu attends sagement ton tour comme un con dans la queue ? Tu continueras d'attendre comme un con jusqu'à ce que tu ne rentres pas.
Méprisant, le videur va volontairement t'ignorer quand tu attends à l'entrée. Si par grande bonté, il te laisse entrer, il te dit d'un ton glacial de te bouger le cul et de franchir la porte, mais montres ton I.D d'abord. Le pire ? Si tu parviens à entrer, tu ne peux t'empecher de ressentir de la gratitude pour ce connard. Et parce qu'il t'a choisi, presque de l'amour. Il reste cependant un connard.
Pour se la jouer "New Yorker" : Pas forcément réussir à entrer, de nombreux New Yorkais se plaignent d'être refoulés des night-clubs de leur propre quartier...

Grand appartement : A Manhattan, comprendre "placard avec vue sur le mur d'en face". A Brooklyn ou dans le Queens, comprendre "appartement de taille normale mais je me tape 45 minutes de métro le matin et le soir".
Pour se la jouer "New Yorker": Réussir à trouver un appartement en un mois seulement.

Hot-dog : Vendu dans la rue, le hot-dog new yorkais semble faire partie de la ville au même titre que la statue de la liberté.
Après y avoir gouté, on se demande bien pourquoi. Préparé sur une carriole branlante d'où s'échappent des effluves grasses, le hot-dog se compose de pain et de saucisse, avec parfois du chou, de l'oignon et du relish (sorte de cornichon doux haché). Au final tu te retrouves avec l'impression de déguster du papier mâché tiédasse, que l'ajonction de ketchup et moutarde ne parvient pas à relever. Non seulement c'est pas bon mais en plus y en a pas beaucoup, ce qui revient cher au niveau du rapport quantité-prix.
Pour se la jouer "New Yorker": Ne pas en acheter. Eviter également les bretzels trop salés et les kebabs trop gras. Préférer une soupe ou une salade dans un snack.

Le chocolat : Dégueulasse. Hershey's semble avoir le (quasi) monopole. Son chocolat ressemble à de la sciure mélangée à de l'arôme artificiel de cacao, et pour ce que j'en sais, ça pourrait être le cas.
Pour se la jouer "New Yorker": Acheter des ferrero, des kinder, ou aller chez Dylan's candy bar (la boutique de la fille de Ralph Lauren, sur Midtown East. Tous les gosses de riche viennent y célébrer leur anniversaire).

Craigslist : En fait Craigslist est un site web de San Francisco à l'origine, mais indispensable dans les grandes villes américaines ergo indispensable à New York. Chacun peut poster pour vendre ses objets, proposer ses services, rechercher l'âme soeur. Même les fous. Même les paumés. Même les pervers.
Surtout ces trois catégories en fait.
Sur Craigslist tu peux trouver un appart, une coloc, un appareil photo, de la bière, un cours de macramé, un canapé pour tes soirées devant la télé, un vagin pour tes soirées de célibat, voire un canapé en forme de vagin pour tes soirées de célibat devant la télé.
Pour se la jouer "New Yorker" : Tout le monde trouve son appartement par Craigslist. C'est d'un commun. Il est tellement plus hype de raconter à ses amis comment on a recontacté ce barman super mignon de l'autre soir qui nous a listé dans les "missed connections" tellement il voulait nous revoir.

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Voici le vagina couch. Il est à vendre. Mais si personne ne l'achète, son propriétaire est prêt à le donner. OH MON DIEU ! Encore mieux que les soldes chez Bloomingdale's.

18.02.2008

Oh fuck

Alors des fois, tu te dis que c'est fini le repos du blog, qu'il est temps de se remettre à écrire parce que merde tu as des lecteurs qui attendent, et qui laissent plein de commentaires auxquels tu dis que tu vas répondre sauf tu ne le fais pas mais tu les lis tous parce que tu trouves que tes lecteurs ont plein de qualités, entre autres celles de te lire et de te répondre des trucs marrants, gentils, touchants.

Donc tu as une idée de post, sur la neige à New York, et soudain tu ne sais pas pourquoi mais il FAUT que tu le rédiges, là maintenant tout de suite, sauf que tu es au boulot à faire des tâches chiantes et ingrates ce qui explique peut être pourquoi ton cerveau préfère aller sur hautetfort que de se mettre directement en état de mort clinique. Comme tu n'es qu'une sale stagiaire sournoise, tu endors subreticement subreptissement insidieusement la confiance de ta patronne par un "Oh cette liste excel est vraiment longue à taper !" mit soupir d'épuisement, tu tournes ton ordinateur vers le mur pour que personne ne voit ce que tu es en train d'écrire, et tu tapes deux phrases d'une note qui promet d'être longue. C'est là que ton tyran de boss, qui avait l'oreille aux aguets tel un épagneul en pleine chasse à courre (mais vachement moins mignonne qu'un épagneul soit dit en passant) te demande soudainement ce que tu es en train de faire pour taper comme une malade sur ton clavier. "Oh fuck !" penses tu en toi même (oui tu jures en anglais, ça te permet de te croire presque bilingue). Tu cliques fébrilement pour sauvegarder te deux lignes comme brouillon et réaffiches le foutu tableau excel tandis que le dragon femelle te balance d'un ton menaçant que tu n'es pas au boulot pour rédiger des mails personnels. Vexée à l'idée qu'elle puisse penser que tu es assez conne pour aller sur hotmail pendant tes heures de travail, tu boudes. Et oublies ton post.

 Puis un beau jour ou peut etre une nuit tu reçois un mail d'un jeune homme fringant qui lit ton blog, un mail très intéressant sauf qu'un plein au milieu y a marqué un truc sur "let it snow". "Oh fuck !" penses tu en toi même. COmment peut il être au courant ? COMMENT ? Dans un éclair de lucidité, tu vas sur ton blog et c'est là que tu comprends. Qu'au lieu de sauvegarder ton embryon de post, tu l'as publié. Tu te sens un peu conne quand même. Mais ensuite tu lis les commentaires, et tu ne peux t'empêcher de sourire comme une abrutie. Et même tu glousses. Tes lecteurs sont vachement drôles quand même. Pour les remercier, tu vas finir ce fichu post. Mais pas ce soir, tu as la flemme. Demain, au boulot. 

 

22.01.2008

Trois temps

J'aime pas ne pas poster souvent. Cela me déçoit. J'aime pas ces périodes, comme en ce moment, où je n'arrive pas à écrire. J'aime pas être apathique, pathétique, apathétique. J'aime pas me sentir obligée par les autres d'avoir une vie, de socialiser, de me cultiver, juste parce que je ne pourrais pas répondre "rien" à la question "qu'est ce que tu as fait cette semaine ?". J'aime pas avoir la tête dans le sac, vouloir juste rester à regarder tout ça de l'extérieur.

j'aime utiliser des phrases telles que "ça me bouffe toute ma bande passante". J'aime écouter des chansons mélancoliques. J'aime faire semblant de fantasmer sur des acteurs à la mode pour avoir l'impression d'avoir quinze ans. J'aime la délicatesse des moments en équilibre. Quand on sort la tête de l'eau. Et penser à tout ce que je pourrais vous dire et que je ne vous dirai pas, mais que j'aurais pu vous dire.

J'aimerais écrire des notes légères, droles et poétiques. Faire de ces photos qui s'imposent comme des évidences. Trouver ce que je dois faire après, plus tard, quand je serai grande. Avoir le temps de marcher, pour regarder la lumière du soleil juste avant chien et loup. Et puis vous dire merci de continuer à venir sur ce blog, de laisser des commentaires, d'être là tout simplement, vous tous différents et inconnus, mais tous présents.

 

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17.01.2008

Maman j'ai (failli) rater l'avion

Tout d'abord bonne année à toi qui me lis. Je voulais te faire un post sur mes bonnes résolutions mais en fait ça avait l'air chiant comme une liste de courses, et comme je n'ai pas trop la tête à ça en ce moment, le post qui suit est vraiment brouillon et ne reflète absolument pas la quailté des notes pour l'année à venir. Alors ne m'en veux pas, bientôt (je l'espère) il y aura ici des posts plein de loolitude et de sexitude...

 

Il y a ces filles tu sais, ces filles qui semblent sortir d’un magazine même au réveil, même avec la gueule de bois, même avec la grippe. Des filles qui sont toujours impeccables, même après un voyage en avion, qui ont l’œil vif, le teint de pêche et les vêtements pas froissés ni tachés malgré les heures de vol et le jet-lag. Ce genre de fille qui énerve et fascine à la fois, pour qui tout a l’air d’être facile, genre on dirait qu’elle va faire un shooting de photo avec son sourire « soirée chez madame l’ambassadeur » et son petit sac Chanel, là sur le tarmac de l’aéroport, alors que toi tu galères juste pour descendre de l’avion sans te casser la gueule sur l’hotesse de l’air.
Bref tu auras compris que je ne suis malheureusement pas ce genre de fille. Et pourtant j’ai essayé.
J’avais déjà tout planifié dans ma tête. Je devais prendre l’avion pour rentrer à Paris, et j’avais choisi un vol partant de JFK à 21h30 vendredi, arrivant à Charles de Gaulle à 11h le lendemain. Ce qui me laissait la journée pour préparer mon sac, faire le ménage et la lessive et acheter les cadeaux pour la famille. Le seul impératif était d’être à la gare à 17h pour prendre la navette.
A 15h j’avais fait le sac, le ménage et tout, et même acheté le billet de bus en avance. « Tu gères ! » je me suis dit, et pour me féliciter je suis allée m’acheter un donut chez Dunkin’, en me disant que pour une fois dans ma vie j’allais être dans les temps, et je me voyais déjà faire le voyage, tranquille et radieuse, des flashs de moi prenant la navette et tellement en avance que je me payais le luxe de laisser passer tout le monde, et les gens m’adoreraient, même la petite vieille là me dirait « Dieu vous bénisse jeune fille » et je baisserais la tête d’un air humble avec un sourire transpirant l’amour pour mon prochain, des flashs de moi dans l’avion sirotant un schweppes en discutant avec mon voisin et le stewart, bref, moi respirant la sérénité et la classitude parce que est-il besoin de le rappeler, J’ALLAIS ETRE DANS LES TEMPS.
Sauf que. Ma valise n’était pas tout à fait prête. Et j’avais oublié les cadeaux. Et en fait il était 15h30. 

15h30 : Il faut que je prenne le métro de Time Square jusqu’à la 59eme pour aller à l’Apple store.

15h41 : Hum… j’ai pris le mauvais métro je crois…

15h42 :  Ou je suis là ?

15h43 : Sur la 72ème ? Ok il me suffit de courir marcher jusqu’au bas de Central Park.

15h58 : Ca y est je suis chez Apple. (Distance estimée : 17 blocs. Distance finale : 43 blocs).

16h14 : Bon je fonce chez FAO Schwartz (une boutique de jouets) puis chez Ralph Lauren et c’est bon. Je serais à la maison vers 16h30.

16h36 : Ou pas.

16h43 : Fini. Je prends le métro et je rentre à la maison.

16h47 : Hum… J’ai pris le mauvais métro je crois…

16h 51 : Je suis à un bloc de chez moi. Il me reste 9 minutes pour rentrer, monter les escaliers, finir ma valise, faire pipi, redescendre, marcher un bloc jusqu’à la gare et chopper la navette.

16h52 : Facile, je pense.

Mais au fond de moi, je fais moins la maligne. J’ai commencé à transpirer, et c’est en sentant la première goutte de sueur couler le long de mon échine que je l’ai vu disparaître.
Qui ?
La vision de moi radieuse et cool, respirant la classitude. Elle s’est barrée en même temps que ma dignité, alors que je sautais par dessus un clochard et poussais une vieille dame pour pouvoir traverser le passage clouté avant tout le monde.

16h55 :  Je suis dans mon entrée, respirant en apnée à cause du montage d’escalier en quatrième vitesse et ça y est, je vais mourir d’une crise d’asthme là sur un paillasson miteux avec « welcome » écrit en vert sur fond jaunasse, et ma coloc me découvrira en rentrant du boulot, la main crispée sur la clé et le doberman du voisin du dessus m’aura à moitié bouffé la jambe.

16h56 : Ne pas paniquer. Je jette le reste de mes affaires (écharpe, appareil photo et cadeaux) dans le sac FAO Schwartz puis je balance tout dans l’escalier et je cours vers la gare.

17h01 : J’arrive les aisselles trempées, le cheveu en bataille, la langue pendante et l’œil fou roulant dans l’orbite, et je dis adieu à toute idée d’être impeccable et présentable mais je m’en fous parce qu’à ce moment là je la vois partir. La navette.

17h02 : Comme dans un film, j’essaye d’accélerer encore mais j’ai oublié qu’on n’était pas dans un film et donc ça n’a pas marché et il fallu que je me jette sous les roues du bus pour qu’il stoppe enfin. Là Le chauffeur me dit qu’un autre bus attend pour JFK et comme une conne je le crois, mais faut dire je suis en détresse psychologique.

17h04 : A l’arrêt du car je demande quand le bus suivant part et le vieux moche qui vérifie les tickets me dit 20 minutes et je chancelle et gémis « Oh no ! » avec des sanglots dans la voix alors il me prend en pitié et me propose son siège.

17h05 : Non mais quelle abrutie ! Me faire avoir par un chauffeur de car qui s'habille comme Barracuda dans "L'agence tous risques"...

17h06 : Je finis par m’assoir, je me recoiffe mais c’est une tache perdue d’avance, j’ai les cheveux tout emmêlés, je suis à bout de souffle, les vêtements poisseux à cause de la transpiration et mon ordinateur me scie l’épaule. A ce moment là, j’ai juste envie d’écouter du Garou et de me laisser mourir, mais il faut se ressaisir, parce que je dois profiter de ce répit pour transférer les affaires du sac de jouet à la valise, et jeter cette horreur de sac à la poubelle.

17h23 : La navette arrive. Je monte dedans, l’odeur de fennec mort me précède et je m’assois à l’écart comme une pestiférée, parce que j’ai peur que le chauffeur me demande d’où ça vient cette odeur, j’ai bouffé un cimetière indien ou quoi ?

17h38 : Je me recroqueville au fond de la banquette et au moment où nous nous engageons sur l’autoroute je commence à avoir froid vu que la sueur a séché.

17h 51 : Je cherche fébrilement mon manteau qui a disparu.

17h47 : Il est où ce foutu manteau, juste au moment où j’ai besoin de lui pour éviter que mon fumet d'abats pourris se répande dans le bus ?

17h54 : Merde je crois que j’ai perdu mon manteau.

17h56 : Finalement il était coincé sous ma valise.

18h02 : Mais il me manque mon écharpe.

18h08 : Mais pourquoi rien ne se déroule comme prévu hein ? Pourquoi je ne suis pas classe et présentable ?

18h09 : Et surtout inodore ?

18h10 : Et voilà ! Je recommence à transpirer…

18h11 : Re-transpirer sur de la sueur séchée... J'ai l'impression d'être plongée dans un bain de morve qui durcit lentement...

18h13 : Et toujours pas d'écharpe.

18h14 : En plus la sueur qui sèche, ça gratte.  

18h15 : Attends ! je me souviens.

18h16 : Mon écharpe est dans le sac « FAO Schwartz ».

18h17 : Que j’ai jeté à la poubelle.

25.12.2007

Lettre au père noël

Cher papa Noël,

C'est marrant mais plus je grandis, plus j'ai du mal à savoir ce que je veux pour Noël. Quand j'étais petite, je pouvais t'écrire une liste pleine de livres, de cassettes vidéo (oui parce que je suis une vieille maintenant, y avait pas de dvd à mon époque) et de jouets et rêver encore tout ce que je n'aurais pas. Depuis plusieurs années, je suis incapable de formuler un souhait pour Noël. Ce n'est pas que rien ne me fait plaisir. C'est juste que les choses matérielles ne me semblent plus importantes, et que j'ai découvert assez tôt qu'il ne faut pas compter sur Noël pour les choses immatérielles.
Je sais que tu n'existes pas père Noël, mais ça fait quelqu'un à qui s'adresser pour quémander en cette période de fêtes. En plus c'est dommage que tu n'existes pas, parce que moi je n'ai jamais rien eu à te reprocher. Je veux dire, je te remercie de ne jamais m'avoir apporté de vilaines poupées qui pleurent et qui dorment, ou des Barbies débiles qui cuisinent avec Ken. Ca, ça aurait été un motif de dispute et de froid entre nous. Dans l'ensemble, tu as toujours été réglo (sauf quand je t'ai demandé un tigre, un vrai. Là tu as un peu fait ton enfoiré quand même.)
Alors si tu existais père Noël, je pourrais faire à nouveau une liste, comme quand j'étais petite. Je te demanderais de m'apporter de nouvelles fesses, des fesses comme les autres filles dans la rue, pas des fesses de la taille du Texas. Je te demanderais aussi une boite de chocolats Pierre Hermé, et un bloc de foie gras mi-cuit. Et un brie aux truffes avec une bouteille de Chateau Margaux 1961 (j'accepte également un 1982 ou 85).... Tout ça pour étrenner mes nouvelles fesses.
Mais au final ce n'est pas grave que tu n'existes pas. Parce que je ne veux rien pour Noël. Si tu veux vraiment me faire un cadeau, fais en à ma famille, à mes amis, à mes lecteurs. Fais qu'ils passent un très bon Noël, et puis aussi une très bonne année 2008, parce qu'il n'y a pas de raison de n'être heureux que le 24 décembre.  Moi je ne veux rien pour Noël. Parce que mon plus beau cadeau, je l'ai déjà eu. C'est d'être ici. Etre à New York, c'est comme si c'était tous les jours Noël. 

20.12.2007

Hier à Wall Street...

... j’ai croisé un mec moche devant un Burger King. Je me suis dévissée la tête en me retournant, et j’ai vu que lui aussi s’était retourné. Il a dû croire que je le matais. Alors qu’en fait je voulais juste voir la promo sur les hamburgers.

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