04.04.2007
blog blog blog around the clock...
Des fois il pleut dehors, tu es en manque de chocolat-au-lait-fourré-aux-pépites-de-caramel oh-mon-Dieu-il-est-trop-bon-c'est-un-orgasme-à-chaque-bouchée et en plus l'autre soir tu as regardé l'emission de jean Luc Delarue ( oui tu as honte...terriblement honte...mais tu n'y as pris aucun plaisir alors tu t'es dispensé d'une auto-punition vicieuse incluant un fouet électrique chromé et des anchois ).
Alors tu cherches à t'occuper et comme tu manques cruellement d'imagination, tu te dis tiens ce serait chouette et über-hype de faire un blog. Mais pas un blog avec des vrais bouts de phrases à l'intérieur. T'en as déjà un comme ça. Alors tu réflechis. Aïe. C'est douloureux. Donc tu arrêtes.
Tu passes rapidement en revue les blogs que tu as l'habitude de fréquenter. Mais cela ne t'aide pas. Un blog de BD ? Oui mais bon tu ne sais pas dessiner.
Un blog où tu pourrais exposer tes chansons et les mélodies que tu as composé avec un synthétiseur et deux casseroles ? A part "l'hymne à la joie" appris en 6ème, tu serais incapable de produire quoi que ce soit d'audible ce qui poserait un problème au moment de poster.
Quant à la création cinématographique, la dernière fois que tu as tenu une caméra tu étais bourrée et le plan tremblotant sur ce qui t'entourait s'est rapidement transformé en un long très long plan fixe sur le ciel bleu (ooops la caméra a basculé...mais n'oublions pas que tu étais bourrée) et tu as bien tenté d'expliquer au dérushage que ça compte pas bordel tu étais bourrée, on t'a bien fait comprendre que cela serait ton unique expérience avec une caméra.
Quand soudain hallellujah l'illumination.. . euh...t'illumine. Tu vas faire un blog de photos. Donc voilà. C'est fait.
almost famous : des photos presque célèbres
Tu peux y aller. Si tu t'ennuies. Ou même si tu ne t'ennuies pas. S'il te plait ! S'IL TE PLAIT !!! (mais bon si t'aimes pas t'es pas obligé d'y retourner).
20:30 Publié dans Rock around the blog | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : blabla, fille, photo, blog
03.04.2007
Photo obsession
Hier tu devais rendre un dossier à l'administration. Le genre de dossier chiant où tu dois indiquer nom, prénom, date de naissance, sexe, si tu as des frères et soeurs et si tu préfères la tourte aux rognons ou la potée de calamars. Mais surtout tu devais donner une photo d'identité. Or, tu n'as pas de photos d'identité. Pourtant tu en avais fait plein la dernière fois. Mais si, là, les moches où tu louchais et t'avais l'air atteinte d'eczéma facial. Bizarre. Bon tu es bonne pour aller en refaire. Tu te diriges donc d'un pas allègre et primesautier vers le photomaton, mais cette joie débordante est factice et ne cache qu'à grand-peine la méfiance instinctive que t'inspirent ces machines dont la seule fonction semble être de te ridiculiser sur tous tes documents officiels. Tu rentres dans la cabine et introduis nerveusement le prix de tes trois prochains repas dans la fente prévue à cet effet.
Tu te coach mentalement : "Ne foires pas tout cette fois-ci. C'est pas dur, ce sont juste des photos. Tu suis les instructions et tout ira bien. Y a pas de raison...". Par mesure de prudence tu déposes quand même ta barre chocolatée entamée sur le sol, en guise d'offrande pour le photomaton. Tu jettes un coup d'oeil autour de toi puis tires violemment le rideau de façon virile, avec un petit sourire en coin genre baroudeur de l'extrême qui en a vu d'autres alors sans déconner c'est pas votre photomaton de gonzesse qui va me faire peur. Mais tu sais que ce n'est qu'une façade, et tu soupçonnes le monstre mécanique tapi dans ce coin du Monoprix, entre la photocopieuse et le rayon livres "Harlequin", de le savoir aussi. Et tu as comme le pressentiment qu'il n'hésitera pas à en tirer avantage.
Bon. Tu te places en face de l'écran, sous ton meilleur profil, mais de face. Tu réajustes le siège. Tu appuies sur le bouton. Tu souris comme une décérébrée en maillot de bain Miss France face à Jean-Pierre Foucault qui annonce qu'elle veut aider les gens et que la guerre et la famine c'est pas bien mais pas autant scandaleux que le prix de la crème abricot Agnès b. non mais sans déconner comment tu veux que j'ai un teint subliminé ça coûte un rein ce truc.
Le flash t'aveugle. Oh mon Dieu ! OH MON DIEU !!! Mais c'est toi cette déesse hollywodienne sur l'écran ? C'est pas possible. La machine a capté cette étincelle pétillante dans ton regard langoureux qui sublime l'air éthéré que tu as essayé de transmettre à ton public. Ton sourire Signal intégral© laisse présager les plus belles promesses et le flash ne te donne pas l'air blafard. Tu te trémousses de joie dans la cabine. La vie est belle, tu as envie de sauter au cou des gens, d'aller faire l'amour à la nature en te roulant dans des prés verdoyants parmi les feuilles mortes flamboyant sous les rayons du soleil qui darde ses dernières lumières.
Et puis il te reste encore 2 essais. Autant s'amuser un peu.
Tu appuies à nouveau sur le bouton vert. Au moment où le flash se déclenche, ton regard tombe sur un écriteau annonçant que sur les photos des papiers officiels tu dois aborder "une expression neutre, sans sourire et sans montrer tes dents". Décontenancée, tu arrêtes de sourire illico mais tu avais oublié que le flash allait se déclencher. Bon, tu es moche. Tu as l'air d'un singe atteint d'hémorroïdes sur la deuxième photo. Enfoiré de photomaton ! Il t'a eu.
Mais c'est PAS grave. Il te reste encore un essai. Tu convoques un brainstorming à l'intérieur de toi-même pour analyser tes échecs et te repositionner au mieux sur le marché du photomaton face à tous tes concurrents qui n'hésiteront pas à s'engouffrer dans la faille de ton ego piétiné à mort.
Déstabilisée, tu te prépares pour la troisième photo. Il ne t'en reste plus qu'une. C'est ta dernière chance. L'instant est grave. Tu fixes l'écran, l'oeil rageur. C'est un duel entre la machine et toi. La sueur coule le long de ton dos. Et aussi sur ton front, avant d'atterrir dans tes yeux. Raaaaaah. Même ton corps te trahit ! Tu ne faiblis pas et te contente de secouer la tête pour chasser les gouttes importunes. Tes mains sont crispées, tes muscles raidis au maximum. Le silence s'est fait dans le Monoprix, tout semble figé. Ta gorge est sèche, la langue collée au palais. Tu avances précautionneusement tout ton corps jusqu'à atteindre le bouton vert. Tu appuies tout en te collant sur le visage ce que tu imagines être une expression neutre. Le flash éblouit une ultime fois l'intérieur du photomaton, puis une voix mécanique t'invite à faire ton choix. La première photo, sublime, est refusée d'avance par l'administration car "Non conforme aux règles". La deuxième photo, immonde, est refusée d'emblée par toi car "Trop moche". La troisième photo, correcte, est refusée par le photomaton car "Non conforme aux règles". En fait tu n'avais pas fait attention mais dans ta fougue juvénile tu t'étais un peu trop approchée de l'écran et...hum... comment dire... la partie visagale de ton anatomie ne rentre pas vraiment dans le cadre.
Tu te sens vide à l'intérieur de toi. Plus de colère, pas de désespoir. Juste un goût amer au fond de la gorge. Le photomaton a gagné. Tu soupires et sélectionnes la deuxième photo, presque avec indifférence. Tu vas attendre devant la cabine, puis te saisis des clichés et pars du Monoprix sans jeter un regard autour de toi. Ce n'est qu'une fois dans la rue, loin de la machine satanique, que tu oses contempler les dégâts. Tu découvres alors qu'un problème à l'impression t'a comme dessiné un cercle très foncé autour du nez. Les larmes aux yeux, tu hoquètes puis brandis un poing vengeur. Le photomaton a réussi à t'avoir jusqu'au bout. Désormais sur tes papiers officiels, tu sembles avoir une truffe.
Quand on pense qu'un simple cocktail molotov pourrait réduire ce monstre à néant...
16:05 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : blabla, fille, photo
29.03.2007
"Crit 2007, Crit tartiflette" (samedi et dimanche)
Samedi, réveil super tôt mais j'ai quand même raté le petit déjeuner bien joué j'ai faim donc je cherche des bières, on va voir d'autres matchs je ne me souviens plus des sports juste qu'on a marché qu'on s'est arrêtés puis qu'on a marché encore on a discuté avec des gens et on a marché encore, une queue pas possible pour récupérer un sandwich et puis on a encore marché il fait de plus en plus froid je grelotte malgré mes huit couches de vêtements, je cherche de la bière et je tombe sur un groupe de Strasbourgeois qui me proposent du stroh (prononcer "chtroh"), un alcool local à 80° je dis ok ils me filent un bouchon ça ne me fait rien leur alcool de fillette je les regarde et je leur dis "ça ne me fait rien votre alcool de fillette" alors ils me donnent un deuxième bouchon et là pour la première et unique fois du Crit je n'ai plus froid mais je suis pas bourrée alors je les abandonne et je cherche une bière mais bordel y a rien et on marche encore puis rendez-vous avec les pom-pom girls pour revoir notre chorégraphie il fait tellement froid qu'on va dans les vestiaires c'est glauque et humide mais moins qu'à l'extérieur et c'est supportable jusqu'au moment où la porte s'ouvre et on se fait coincer à l'intérieur par l'équipe de rugby de Toulouse qui nous plaque contre les murs et j'appelle à l'aide au moment où ils commencent à nous tirer par les t-shirts tout en se déshabillant et toutes les pom-pom girls hurlent, leurs cris se répercutent sur le carrelage glacé j'ai froid et mal à la tête et je ferme les yeux et j'essaie vaguement de réfléchir, la meilleure défense c'est l'attaque alors je saisis un pompon et tente de cingler le premier sexe nu et sans défense qui passe à ma portée puis on parvient à s'enfuir et pour fêter ça je récupère une bière avant d'aller discuter avec des Lyonnais je croise Anarchange et je marche encore et on va manger avant d'aller en boîte et on passe sur scène pour faire notre chorégraphie je me dis qu'au moins là on ne meurt pas de froid quand soudain un Lillois bourré monte sur scène complètement nu et se trémousse devant moi et ça fait beaucoup de sexe pour la journée mais je reste naturelle et agis comme si ça faisait partie du show et on rentre dans un bus rempli de Lillois on fait la connaissance de Felipe un Lillois qui vomit dans un sac en plastique à côté de moi et il chante et danse tout en vomissant alors je le félicite pour sa performance puis je tente de chanter des chants aixois mais comme nous ne sommes que 3 Aixois dans un bus rempli de Lillois je finis par me rallier à la majorité on descend du bus et on chante dans les rues et on trouve plus le chemin de l'hôtel alors on suit les rails du tramway en scandant "Tous à poil et on se tripote !" avec des Lyonnais, ou des Toulousains, personnellement je ne me souviens plus, et une abrutie vient nous dire de fermer nos gueules y en a qui veulent dormir et si vous habitiez dans le centre-ville vous comprendriez et je lui réponds "Mais me dis pas ta gueule la vieille !" puis je lui annonce que j'habite dans le centre-ville et je lui enjoins poliment de se décoincer le fondement mais j'avais pas vu son copain et là je crois qu'il veut me frapper mais Julien me prend par le bras en m'invitant à le suivre alors je le suis et on retrouve l'hôtel je traverse la réception en mode commando à moitié en rampant pour ne pas être vue par la réceptionniste mais je manque de me vautrer par terre alors c'est raté et Julien est bourré et s'endort comme une masse et j'en fais autant.
Dimanche, on perd une heure donc réveil encore plus tôt pour les demi-finales et je ne rate pas le petit déjeuner mais vu la gueule du plateau-repas j'aurais dû, puis je marche encore, on croise l'équipe de pétanque qui gagne et l'équipe de handball qui perd et je rencontre des Bordelais qui m'offrent des shots de vodka-grenadine et il est pas encore 10h du matin, j'ai mal à la gorge et je prends quelques photos et j'ai froid, au déjeuner ils annoncent "repas folklorique" mais en fait c'est de la tartiflette c'est pas bon mais la nourriture est devenue mon seul réconfort de la journée alors j'en reprends deux fois et je vais au tennis pour soutenir nos joueurs mais en fait je m'endors sur le court comme un cadavre de chien crevé au bord d'une autoroute en plein mois d'août et les garçons en profitent pour faire des mises en scène avec mon corps et des bouteilles de bière vides et et je me réveille je récupère une bière et j'en renverse une partie sur le court et on marche on ne sait pas où l'on va puis on marche encore et on va soutenir le foot et le rugby qui gagnent la finale et des gens s'amusent à faire des glissades sur une banderole posée par terre et aspergée de bière et de pastis et ça fait quelques heures que je me trimballe un gros tambour qui sort de je ne sais où mais il est éventré alors je l'abandonne sur un terrain, puis on apprend qu'une Rennaise s'est éclaté la rotule et j'essaye de compatir mais malgré mes efforts je n'y arrive pas car j'ai trop froid et les rugbymen toulousains m'invitent à leur barbecue mais je préférerais une bière alors je me contente de les prendre en photo, les matchs finissent enfin et je récupère un sandwich que je mange par terre dans le hall d'un gymnase puis on part en soirée et je m'ennuie en plus j'ai pas assez d'argent pour me torcher mais je me fais inviter par des types qui me filent de la vodka, je vais me poser sur une banquette avec des amis et je fais semblant de m'évanouir six fois de suite et à la septième fois le videur de la boîte vient me voir et me demande si tout va bien et je dis oui et je me casse on va sous un chapiteau y a un concert mais le groupe joue des chansons pour asthmatiques ménopausés alors je m'avance jusqu'à lui et je lui demande de nous passer un truc qui bouge il dit ok et la chanson suivante est tout aussi pourrie alors je me casse et puis je ne me souviens plus de grand chose juste que j'ai froid et mal à la gorge et on rejoint les bus à 3 heures et les rugbymen beuglent pendant qu'on s'endort...
Merci à Julien, Chloé, Coline et Ninon pour leur soutien durant ces trois jours éprouvants...
19:03 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : blabla, fille, crit, bière, alcool, sport, iep
28.03.2007
"Crit 2007, Crit tartiflette" (vendredi)
De retour du Crit ( si tu ne sais pas ce qu'est le Crit, tu cliques là ), malade, fatiguée et sale. "Alcool non-stop, missions commando, voix qui déraillent, marche interminable pour rejoindre les installations sportives, retard des bus..." Le résumé de ce Crit grenoblois en 3 (longues) phrases comme si vous y étiez, par une pom-pom girl embedded dans la délégation aixoise.
Vendredi, nuit blanche pour partir à 3 heures du matin en bus d'Aix-en-Provence j'oublie mes gants et je retourne les chercher en courant mais en fait les bus arrivent à 4 heures donc j'ai stressé pour rien et je me retrouve dans le bus des équipes de rugby avec les autres pom-pom girls et on s'attend à une grosse ambiance mais en fait non les gens font que dormir puis arrivée sur les pistes première épreuve le ski 1ère bière putain ce qu'il fait froid, et très rapidement les délégations tentent de se piquer drapeaux, écharpes et t-shirts et je vole au péril de ma vie un t-shirt lillois et pour la peine hop 2ème bière puis une 3ème et je n'échappe pas à une mêlée contre des Toulousains je me retrouve couchée dans la neige ouais trop bien merci heureusement que j'ai la présence d'esprit de placer judicieusement vers le haut mon genou contre lequel vient s'écraser une paire de testicules toulousaine, ça leur apprendra, j'ai froid de la neige s'est infiltrée dans ma culotte et je réfléchis sérieusement à l'éventualité d'un rhume à cet endroit de mon anatomie mais je ne réfléchis pas très longtemps et je ceinture une pom-pom girl rennaise tandis qu'une de mes amies étrangle à moitié une Grenobloise pour lui voler son écharpe et pour célébrer l'exploit je bois une bière, bataille de boules de neige avant le retour en bus et arrivée sur le campus de Grenoble qui ressemble un peu à la RDA et pour la peine je reprends une bière puis début des épreuves sportives je bois un coup pour fêter ça des gens me parlent mais tout ce que je réponds c'est "Putain j'ai trop froid !" et hop encore une petite bière et on marche jusqu'aux terrains de sport mais on se trompe de direction alors on repart et on marche encore et j'ai plus de bière alors je m'énerve et il fait trop froid c'est quoi cette ville glaciale, je marche encore, ça fait au moins mille ans que je marche et quel sport on joue au juste, personne n'est fichu de me renseigner ni même de me passer une bière et je me demande si je suis perdue et je m'apprête à me coucher par terre et mourir de froid si j'avais une boîte d'allumettes je les frotterais toutes pour voir ma grand-mère et un somptueux festin des bières mais à ce moment-là j'aperçois des pom-pom aixoises je suis contente mais elles n'ont pas d'alcool alors je suis moins contente mais je les suis quand même et j'apprends qu'il faut aller encourager un match dans lequel les Aixois gagnent mais c'est du handball encore plus chiant qu'un cours de finances publiques alors je pleure intérieurement j'arrête de chercher des bières et à la place je prend des photos, puis soirée dans les bars grenoblois le premier est peuplé de Chinois et de bikers et je veux me casser mais on m'offre un verre alors je reste puis le deuxième bar est mieux et on fait connaissance avec des Rennais très sympa enfin je suppose vu que j'entends rien à cause de la musique et un type crache du feu puis on escalade la fontaine avec Coline et je rentre à l'hôtel et en fait je suis virée de la chambre de Chloé alors je vais dormir dans le lit de Julien on est à 2 dans un lit une place c'est pas facile mais heureusement y a des joints qui tournent dans la chambre et je m'endors.
18:30 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : blabla, fille, crit, bière, alcool, sport, iep
15.03.2007
Jenny
C'était pendant l'été 1976. Un été brûlant, le plus chaud qu'on ait connu depuis au moins 20 ans. C'était ce que disaient les vieux quand ils se réunissaient sous le kiosque du jardin public. Pour nous c'était juste un été morne et étouffant dans une petite bourgade américaine. Notre ville avait été tenue à l'écart des grands événements des années 60 et 70. Tous les adultes du coin tenaient les hippies en horreur, et en avaient presque aussi peur que des communistes. En ce mois de juillet 1976, la torpeur avait saisi les environs et le seul mouvement dans les rues poussiéreuses était le voltigement des lambeaux de pétard du 4 juillet. Même la jeunesse errait sans but ni enthousiasme. Mes amis traînaient leur frustration adolescente entre le ciné, le drugstore et le terrain de base-ball. Une tension juvénile, un mélange d'énergie et de mal-être qui ne demandait qu'à jaillir et à se retourner contre l'ordre établi. Nos parents nous considéraient comme des animaux dangereux, qu'il fallait surveiller au plus près, et nous n'avions qu'une envie, leur donner raison. Ce fut cet été là que Josh s'enfuit de chez lui. Ce fut cette année là également que Tommy mit le feu à la décharge municipale et fût placé en maison en maison de correction. Que Mark fut tabassé par son père après avoir pris une cuite et qu'il en resta estropié. Et c'est cet été là que j'ai perdu Jenny.
Nous appartenions à la bourgeoisie WASP. Ma mère organisait des lunchs avec les dames de la paroisse et mon père faisait du golf avec les notables de la ville. Nous habitions sur Davidson Street, derrière laquelle s'étendaient les quartiers pauvres, mais pour ma mère il aurait pu y avoir un océan entre les deux mondes. Je revois encore la moue de mépris qui tordait sa bouche lorsqu'elle parlait de "ces pauvres gens". Elle adorait organiser des réunions pour les aider, les soulager de tous leurs fardeaux, alcoolisme, grossesses adolescentes, chômage... Mais elle aurait préféré mourir que de supporter l'idée que son fils les fréquente.
J'avais rencontré Jenny dans l'allée derrière chez nous. Ce n'était pas vraiment une allée, plutôt une ruelle dans laquelle la bonne mettait les poubelles le matin. Elle a sursauté quand elle m'a vu et elle a eu un air embarrassé, comme prise en faute. Je l'avais déjà remarqué au supermarché, et le contraire eut été difficile. Elle était tout simplement magnifique. Je ne l'ai pas interrogé sur sa présence dans notre allée, craignant de la vexer ou de paraître trop inquisiteur. Elle portait un t-shirt des Falcons Atlanta et j'ai maladroitement tenté une blague sur leur résultat lors du dernier match. Elle a ri, et on s'est mis à discuter. C'est comme ça que tout a commencé. Juste un t-shirt des Falcons, son rire, sa grâce presque irréelle, et un rendez-vous au drugstore. Et nous ne nous sommes plus quittés. Je lui ai fait découvrir Led Zeppelin et les Pink Floyd, elle m'a fait connaître les films de Arthur Penn. On allait au cinéma et on restait deux séances d'affilée, ou on se baladait dans le parc en discutant. Sa peau, ses yeux, son odeur...elle me rendait fou tout simplement. Mais je ne tentais rien, parce qu'elle se souciait du qu'en-dira-t-on et que je savais que si ma mère nous surprenait j'étais bon pour rester enfermé dans ma chambre tout le reste de l'été. Peut-être aussi parce que je commençais à tomber amoureux. Quand je regarde en arrière, après toutes ces années, il me suffit de fermer les yeux et de me concentrer pour sentir à nouveau la moiteur de ces longues journées, et l'ombre qui s'allongeait au pied des peupliers tandis que le soleil baissait à l'horizon. Pour me souvenir à nouveau de ce que ce fut d'être jeune, d'avoir ce creux dans le ventre en l'attendant, et de ne penser qu'à elle quand elle était loin. Souvent, elle passait dans l'allée où nous nous étions rencontrés, et je l'observais en silence de la fenêtre de ma chambre, voyant dans ce geste et toutes les précautions qu'elle y mettait pour n'être vue de personne, pas même de moi, une preuve de ses sentiments. J'étais si jeune, si insouciant !
Une fois Jenny me raconta qu'elle rêvait de visiter le musée de qui se trouvait à Castle Rock, la ville voisine, depuis qu'elle était toute petite. J'achetais des billets de bus et lui proposais de passer tout un après-midi là-bas. Nous pourrions également aller au cinéma et manger une glace, et être rentrés assez tôt pour n'éveiller les soupçons de personne. J'eus cependant du mal à convaincre Jenny. Elle venait d'une famille très pauvre, même si elle faisait tout pour me le cacher. Sa mère était morte et son père était un alcoolique notoire. Je ne savais pas comment il parvenait à nourrir Jenny et ses frères et soeurs. J'avais entendu dire que ses petits frères volaient à manger dans l'épicerie de Mr Boyer, et même si je refusais de le croire, j'étais mal à l'aise quand je voyais toute la nourriture gaspillée que la bonne jetait dans nos propres poubelles.
Finalement Jenny accepta que nous passions l'après-midi à Castle Rock. Il faisait beau ce jour-là. Et toujours aussi chaud. J'avais donné rendez-vous à Jenny à l'arrêt de bus. Je me préparais longuement devant la glace et prévins ma mère que je sortais. Avec un sourire doucereux, elle me demanda de déposer de la mort-aux-rats dans les poubelles de l'allée avant de partir. Avec la chaleur estivale, nos poubelles étaient constamment dévastées par des chats errants et de gros rats que ma mère haïssait plus que tout. Je me saisis de la boîte et versais rapidement la poudre sur nos déchets. Puis je courus jusqu'à l'arrêt de bus. Jenny n'était pas encore là et pendant un bref instant je crus qu'elle avait changé d'avis. Elle apparut au coin de la rue en même temps que le Greyhound. Elle avait mis sa plus belle robe pour cet événement et son excitation était contagieuse. Elle avait les joues rouges et les yeux brillants et mon Dieu elle n'avait jamais été aussi belle.
Le centre-ville de Castle Rock était somme toute très banal, semblable à tant de centre-villes à travers le pays. Mais je m'en fichais. Jenny était avec moi et nous avions tout un après-midi ensemble. A mesure que mon excitation augmentait, Jenny devenait de plus en plus calme. Bientôt elle resta silencieuse. Puis, alors que nous nous dirigions vers le musée, j'entendis une sorte de gémissement, comme un sanglot. Je me retournais vivement vers Jenny. Elle était toute blanche, la bouche crispée. "Dave, je ne me sens pas très bien."J'essayais de la rassurer. Nous arrivions au musée dans quelques minutes et nous pourrions alors trouver un banc où nous asseoir. Mais Jenny se tenait le ventre et geignait. "Dave je t'en prie ! J'ai si soif !"Je sentis la chaleur m'envahir. Ses lèvres étaient blanches et de la sueur perlait à son front. "Ne t'inquiètes pas Jenny, on s'arrête dans le prochain drugstore."Je fouillais la rue du regard jusqu'à ce que j'aperçoive les néons "Sodas" et "ice-cream". Nous nous engouffrâmes à l'intérieur et je demandais un verre d'eau. Jenny avait désormais les yeux clos et gémissait sans s'arrêter. Le barman se précipita vers nous avec l'eau. J'assit Jenny et lui donnais à boire. Sa peau était glacée et elle grelottait. De violents spasmes raidissaient son corps. La panique me submergea.
"Appelez un médecin ! Vite !"
Les rares consommateurs s'étaient attroupés autour de nous et s'empressaient de donner des conseils. L'un d'eux partit précipitamment et revint avec un docteur. Jenny rouvrit les yeux mais ils ne se fixaient sur rien, comme si elle ne voyait déjà plus. Nous dûmes l'allonger par terre lorsqu'elle fût saisie de convulsions. Une écume blanche et abondante moussait aux coins de ses lèvres. Lorsqu'elle se mis à saigner du nez, je perdis tout contrôle et hurlais, suppliant le médecin de la sauver.
Finalement elle se raidit complètement puis demeura immobile. Le docteur lui prit le poul et lui ferma les yeux. Il se tourna vers moi.
"Je suis désolé mais on ne pouvait rien faire."
Je le regardais sans comprendre.
"Empoisonnement à la mort-aux-rats."
12:50 Publié dans La Pléïade revisited | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : mort, blabla, fille, garcon, amour
13.03.2007
Le sexe 2.0 c'est rigolo
L'autre nuit tu étais dans un lit avec un garçon. ( Ca commence fort hein ? Je vous met déjà l'eau à la bouche ? Ce blog devient de plus en plus racoleur...). Mais t'étais trop fatiguée. Et puis t'avais mal à la tête, un peu comme si un 2,5 tonnes t'avait roulé sur la tronche ( hum...ce blog devient aussi de plus en plus sexy...).
Alors, malgré les essais répétés de ce jeune homme tu t'es mise en mode palourde : sur le ventre, à l'extrême bord du lit et accueillant toutes ses tentatives d'un grognement "Mais laisse moi dormir !". Ce à quoi le mâle dépité répliqua d'un air boudeur : "Bon ben je te laisse dormir... Je vais ranger le bureau de mon mac". Et cela t'a fourni l'idée de ton article sur le sexe.
( Lecteur, as-tu remarqué à quel point cette admirable anecdote introduit de façon sémillante et molletonnée le sujet qui nous intéresse et que tu m'as réclamé, le sexe 2.0 ? )
Tout d'abord définissons les termes. Donc bon le sexe, je ne te fais pas un dessin, normalement tu connais. Sinon tu te documentes. Mais pas avec moi. Sauf si tu es blonde à forte poitrine joues au jokari.
Le sexe 2.0 quant à lui a été inventé en environ 31 après Loïc LeMeur. Le sexe 2.0 s'appuie sur la convivialité du web 2.0 qui place l'internaute au centre du web notamment grâce à un truc stupide qu'on appelle le blog et qui permet à n'importe quel abruti comme moi de polluer la toile avec les bouses mégalo issues de son cerveau putride mais malheureusement fécond. Enfin bref je m'égare...
Au départ le sexe et les nouvelles technologies, ça donnait ça :
Le minitel rose. Qui n'était pas rose soit dit en passant mais plutôt gris et moche ce qui prouve que dès le début on nous prend un peu pour des cons. Mais cela avait un certain charme, de pouvoir se dire : "Ce soir dès que ma mère/ ma femme/ mon chien est couché, je me connecte et tous ces bits vont me faire découvrir les plaisirs de la chair virtuelle..."
Même si en fait l'écran était noir et vert et que tu n'as jamais dû faire un tel effort d'imagination depuis sauf pour les armes de destruction massive.
Puis il y a eu plus de pervers d'avancées technologiques, et aujourd'hui il te suffit d'aller sur le site du marché du macramé au Tadjikistan pour voir apparaître plein de petites fenêtres qui t'invitent à te faire fellationer par Vandradiska, jeune mannequin russe de 18 ans qui "t'attend", genre elle n'a que ça à foutre de sa vie, ou alors à te faire dominer par Gunther le berger allemand ( de l'est ).
Mais bon comme disait Mallarmé, grand amateur de porno sur le web :
"La chair est triste hélas ! et j'ai téléchargé toutes les vidéos de sodomie..."
D'où l'intérêt du web 2.0 et de l'interaction avec plein de gens qui veulent aussi du sexe. Maintenant grâce au 2.0, tu peux échanger des infos par webcam avant d'échanger des fluides In Real Life. Et toutes les perversions sont permises.
Par exemple avec msn, tu peux facilement faire dégénérer la conversation en une partouze de smileys. Mais n'oublies pas de toujours agir dans le respect de la personne humaine.
( bon là je devais t'insérer une chouette image pour illustrer mes propos mais finalement non alors si tu veux des précisions msn moi, on sera plus tranquille...)
Dans le cas d'une pulsion sado-masochiste, tu peux toujours attacher ton partenaire au radiateur avec des liens, au hasard celui là.
Pour les gens hype, il est possible de faire du cyber niquing sur Second life. A toi le safe sex avec le monde entier ! Et plus besoin de paniquer à l'idée de problèmes d'odeurs corporelles gênantes, de rasage approximatif ou de vieux jogging absolument pas sexy ( dédicace à Raph )... Et bien sûr ni mst ni grossesse imprévue.
Que de moments orgiaques en perspective ! Je perçois presque une excitation 2.0 tandis que tes yeux lisent ces mots !
Mais bon au bout du compte ça reste de la masturbation devant un écran. ( soupir ). J'aurais plutôt dû vous parler de ma passion pour les serre-joints en fait.
14:20 Publié dans Sciences Pipo | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : sexe, blabla, orgie, web
10.03.2007
Draguer ( et conclure ) au Monoprix-Part One
Hier Thibaut m'a dit : "Mais pourquoi tu mets pas sur ton blog le mail sur la drague au Monoprix ?", ce à quoi je lui ai répondu que non c'était pas possible j'ai un minimum d'honneteté intellectuelle mais finalement j'ai découvert que l'honneteté intellectuelle ne pèse pas lourd face à une gueule de bois ( encore une ! ). Donc mes plus plates excuses à ceux qui connaissent déjà et à ceux qui vont trouver ça trop long ( j'ai coupé en deux ).
Mettons nous en situation. Tu as l'oeil vif, toutes tes dents et tes cheveux, ni varices ni gaine de maintien, tu es beau / belle, plein(e) de sève comme un poney fougueux dans un paturage verdoyant, enfin bref je ne vais pas te faire un dessin tu es JEUNE. Et dans notre société post-soixante huitarde, être jeune suffi à faire de toi quelqu'un de hype ( oui parce qu'être vieux c'est nul et ça pue, et puis le vieux il sert à rien il sait même pas ce que c'est que l'ADSL et croit qu'une rave c'est une variété de céleri...)
Donc tu es jeune donc hype. En plus tu as la chance d'habiter dans une ville de jeunes, donc forcément hype, au hasard Aix-en-Provence. Comme tu es hype, tu fais tes courses avec classe mais comme tu es jeune t'oublies tout le temps de les faire et tu te retrouves à gratter avec tes petits ongles de jeune les vieux bouts de parmesan au fond de ton frigo pour accompagner un reste de conserve ( pas de chance c'était du thon...c'est pas bon et en plus tu pues de la bouche ).
Il faut savoir qu'à Aix-en-Provence, il y a trois endroits où faire ses courses. Soit tu es riche et tu vas à Monoprix. Soit tu es pauvre ou inconscient et tu vas chez Ed. Soit tu as une voiture et tu vas à Carrefour. Bon, alors disons qu'en plus d'être hype, tu es riche. Tu vas à Monop'. De toute façon même si t'es pauvre, il faut aller chez Monop' puisque le véritable but ici n'est pas de faire des courses mais de faire des rencontres. Si tu vas chez Ed, tu va avoir le choix entre un alcoolique-sale-et-pauvre qui achète un litre de rouge pour diluer son ricard, ou une ménagère-de-plus-de-cinquante-ans-pauvre-et-pas-épilée qui vient choper la promo sur le cassoulet de potée auvergnate au petit salé. Or il faut sélectionner, et pour rencontrer des gens socialement endogènes, il faut se rendre dans les endroits qu'ils fréquentent.
Donc bon le jeune ça fait trois heures que j'essaie de te mettre en situation et oui je sais y a "Plus belle la vie" qui va commencer donc ok je me dépèche et voilà tu es devant Monop', toujours fringant comme un poney sauvage et prêt à sacrifier la promo du jour ( celle avec des S'Miles ) sur l'autel de la drague.
Tout d'abord l'entrée. Il faut soigner l'entrée car c'est là que tu fais ta première impression et -surtout- que tu fais les premiers repérages. Avances d'un air crâne, conquérant, en secouant ta crinière soyeuse ( mais pas trop...sinon tu vas avoir l'air de souffrir du syndrome de Tourette et tu pourrais en plus te démettre une vertèbre ce qui entraverait bêtement la suite de tes démarches ). Saisis désinvoltement un panier parce que rappelons-le tu es jeune donc fainéant mais hype donc tu n'as pas l'air de t'embarrasser de détails bassements matériels. Puis tu te décides enfin à faire les courses. L'individu normal, après une journée de boulot, va essayer d'aborder cette tâche de manière rationnelle, rayon par rayon, en faisant des comparaisons du prix au kilo. Mais PAS toi ! Gardes en tête ton objectif. Bon, le problème c'est que vu que tu es au Monop' et que ton frigo est vide, tu te dis :"Ben, pourquoi ne pas en profiter pour faire les courses ?". Et c'est là qu'on voit que même si t'es jeune, eh ben tu réfléchis. Donc tu déambules dans les rayons, tu saisis au hasard des chips de crevette au barbecue ou une choucroute de canard aux fèves tout en jetant des regards attentifs autour de toi.
Là il y a 2 cas : Soit tu es dans ce que l'on peut appeler une journée de merde. Tu ne t'es pas réveillé et t'as raté tes TD, ou tu t'es réveillé t'es allé en TD mais finalement t'aurais pas dû, tu as eu lancer de javelot en cours de sport, tu as mangé du thon au parmesan à midi, et il pleut. En plus, t'as oublié ton porte-monnaie et tu vas être humilié comme jamais quand tu vas arriver à la caisse, que tu ne pourras pas payer et que toute la queue va te huer puis te lapider à coup de mentos, ferrero rocher et Télé 7 Jours... Dans ce cas là, il y a des chances que tu ne repères personne mais tant pis pour toi, je ne peux rien y faire.
Soit c'est un bon jour et tu repères un specimen intéressant. Toi le jeune mâle, imagines cette superbe fille, fière et droite comme une amazone, qui jauge les tomates d'un air langoureux mais quelque peu timide quand tu regardes au fond de ses prunelles oui c'est ça juste là à gauche non pas trop à gauche là c'est son oreille... Son panier a l'air trop lourd à porter et instinctivement tu aimerais te précipiter vers elle pour la secourir mais non malheureux ! pas de précipitation. Toi la jeune femelle, imagines ce beau ténébreux au regard vif et velouté ( hum ! ), au sourire éclatant mais un peu timide qui cache sous une façade mâle et assurée sa fragilité de petit garçon ( ceci étant la synthèse de l'homme parfait selon les critères de la Française moyenne, réalisée par moi-même à l'aide de "Cosmo", "Elle", "Jeune et Jolie" et "Harlequin"...). Il soupèse virilement une entrecôte puis un filet de dinde avant de se rabattre sur une pizza 4 lardons. Tu aimerais te précipiter vers lui et lui dire que non non ne choisis pas la Buitoni, la garniture coule dans le four prends plutôt celle-là mais non malheureuse ! pas de précipitation.Comme le chasseur qui a dejà reperé sa proie, tu traques la personne convoitée dans les rayons. Un examen approfondi te permettra de vérifier l'absence de tares rédibitoires qu'un coup d'oeil superficiel n'aurait pu révéler. Ainsi il te faudra éliminer d'office toute personne en couple ( perdu d'avance ), qui boite ( trop pas hype ), qui louche ( oui au début tu croyais qu'il regardait intensément l'étiquette de la composition des glucides mais en fait non ) ou qui mange des All-Brans ( mauvais transit intestinal ).Mais surtout c'est maintenant le jeune, oui toi avec tes hormones qui bouillonnent dans ton petit corps post-pubère, c'est maintenant donc qu'il va falloir ETABLIR LE CONTACT. Car bon tu as reperé, mais ta victime potentielle elle n'a surement pas fait attention à toi, toute absorbée qu'elle est par la promotion sur les rouleaux de papier toilette ( là tu peux penser qu'en fait cette personne est très superficielle, pas du tout ouverte sur les gens qui l'entourent et sur ta misère sexuelle. Mais accroches toi ).
10:55 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : drague, monoprix, blabla, fille, garçon
Draguer ( et conclure ) au Monoprix-Part Two
2) Tu es un garçon : tu t'approches discrétement ( enfin pas furtivement par derrière, tu n'es pas un pervers...) et tu lui demande d'un air mâle et viril : "excusez-moi mademoiselle, permettez-moi de vous attraper cette fourme d'ambert beaucoup trop haute pour vous." Très bien le jeune ! Tu as montré ta force physique. Eh oui, tu peux défendre la caverne et ramener du gibier, tu es donc pour son instinct primaire un père potentiel pour ses futurs enfants. Et avec le vernis de civilisation qui nous recouvre, tu deviens un peu son héros, qui va l'aider dans cette jungle urbaine pleine de pièges traîtres, de crottes de chien sur les trottoirs, de voitures qui éclaboussent, de chansons de Francis Lalanne et de fourmes trop hautes.
Mais il ne faut pas t'endormir sur tes acquis. Il s'agit de prolonger ce premier contact et de le faire fructifier par une conversation intelligente. Toi la jeune, tu peux entrer dans un rapport disciple-maître ( "Et alors le bleu d'Auvergne ça s'appelle le bleu à cause des taches là ? Mais c'est quoi ? de la pourriture ?...ah !" ). Toi le jeune tu peux faire un compliment tout en montrant ta culture ( "Vous saviez que les taches dans le bleu d'Auvergne c'est de la pourriture ? D'ailleurs vos yeux sont du même bleu intense..." ). Non, non cher lecteur, chère lectrice ! Ne me remercies pas de te dévoiler mes trucs et astuces, c'est tout naturel, au fond tu le mérites, tu as fait l'effort de me suivre jusque là.
D'ailleurs nous passons à la deuxième technique.
Tu n'oses pas attaquer l'élu(e) de ton coeur de façon aussi directe. Tu n'as pas tort. Le râteau sera moins violent et puis à force d'attraper des trucs trop hauts dans les rayons, tu risques de faire s'effondrer toute une pile de ravioli de surimi au vin blanc sur l'être aimé, ce qui serait la mort de tous tes espoirs, en plus de sa mort à lui/elle...Je te conseille alors la technique de la similitude des goûts. Facile. Tu suis la personne visée dans les rayons et tu prends dans ton panier les mêmes produits qu'elle. Puis tu veilles à choisir la même caisse qu'elle et tu te places juste derrière. Et tu engages la conversation lorsque vous déposez sur le tapis roulant vos produits qui ô miracle sont identiques. C'est dingue ces goûts en commun ! Vous êtes faits pour vivre ensemble vous... La discussion promet d'être riche. Pour atteindre son but, elle devra être articulée en 4 parties : fais une remarque sur vos goûts communs ( "Tiens vous aimez les lasagnes de fromage de tête ? moi aussi." ), puis étends subtilement le champ de la conversation ( "Avant je prenais également le flan aux endives, mais il est trop riche en sodium et ça me faisait gonfler" ), avant de lâcher quelques infos séduisantes sur toi mine de rien ( "Et ils vont bientôt sortir la tourte de calamars au brie...j'ai hâte d'essayer. Oui je sais je suis un peu foufou mais j'aime prendre des risques et je pense qu'il faut vivre sa vie à fond" ) et enfin lui proposer de découvrir de nouvelles choses, de préférence dans un domaine artistique ( "Et le dernier Cd de Kyo vous l'avez écouté ? Je peux vous le prêter si ça vous intéresse..." ). Bien sûr, il faudra lui poser des questions sur lui/elle car la conversation est censée être un dialogue. Prends un regard pénétré et pénétrant, surtout pour le passage de la tourte.
Là encore permets-moi de te mettre en garde. Il ne faut négliger aucun détail. Tout d'abord fais attention à ce que tu mets dans ton panier avant de repérer ta proie. Evites la préparation H pour hémorroïdes ou les serviettes hygiéniques extra-larges parce que l'approche sera beaucoup plus dure et moins fructueuse. Et vérifies également quand tu mets les même produits qu'elle dans ton panier, surtout toi le garçon ( "Bonjour. Tiens, vous aussi vous achetez ces délicieuses céréales à l'ail et aux fines herbes ? Hein ? Euh oui moi aussi j'achète cette crème dépilatoire...euh...tiens j'ai un appel...au revoir..." ). Evites enfin de faire dégénérer la conversation en vantant tous les produits que tu as acheté...tu n'es pas Pierre Bellemare dans le Télé-achat et d'ailleurs soi dit en passant il ne vaut mieux pas vu que Pierre Bellemare, il est trop pas hype...
Voilà le jeune, si tu as suivi mes conseils à la lettre, tu as fait connaissance. Tu peux alors proposer d'aller prendre un verre d'eau ou de se rejoindre tous les mardi à 19h30 devant Monop' pour faire les courses ensemble. Tu es un winner.
Sinon, tu viens de te prendre une veste en public. Tu t'es fait rire au nez et tu rentres chez toi comme un vieux chien galeux. Comme t'as pas fait les courses, vu que t'es con et que tu penses qu'à draguer, t'as rien à manger à part de la crème dépilatoire. Tu es un looser.
Tant pis, tu seras obligé de retourner à Monop' demain. Allez, courage, relèves la tête, tout espoir n'est pas perdu. Tu as jusqu'à demain pour réfléchir à ton échec et en tirer les conclusions qui s'imposent pour t'améliorer. Et puis tu es hype. Alors tu t'en fous. Ou presque.
Je décline toute responsabilité dans le cas où vous décideriez de suivre ces conseils. Par contre si vous le faites, ce serait intéressant de me tenir au courant car cette expérience n'est encore pour moi que théorique...
10:45 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : drague, monoprix, blabla, fille, garçon
08.03.2007
L'ultra-moderne solitude
Je clôture officiellement les votes en présence de moi-même en tant qu'huissier et sans surprise c'est l'article sur le sexe qui gagne ce qui prouve bien que nous vivons dans une société matérialiste et obsédée par le fric et le sexe mais bon cela n'est pas pour me déplaire.
Voici le post introductif à l'article sur le sexe parce que aujourd'hui j'ai pas envie de parler de sexe non chéri pas aujourd'hui j'ai la migraine.
Parfois dans la vie tu te sens seul et frustré. Parfois non aussi c'est vrai. Mais parfois tu as eu une journée de merde. Un peu l'impression d'être invisible et personne ne t'a parlé à la machine à café sauf Gérard qui t'a décrit les sièges en mouton des Flandres de sa nouvelle Peugeot et là tu as joué un instant avec l'idée de lui enfoncer ton gobelet dans la gorge et de lui donner un coup de pied dans les testicules tout en observant son visage tourner au bleu et son regard s'emplir de panique avant de se voiler tandis que le bout de plastique lui boucherait la trachée mais tu as abandonné à regret cette vision excitante et tu t'es contenté de t'administrer ton lavement quotidien au café. A midi tu as mangé seul mais ce n'est pas grave vu que le serveur a oublié ta commande et donc tu n'as pas mangé de toute façon.
Puis tu décides d'aller donner ton sang. Dans la file d'attente tu observe les gens étendus avec le regard vif d'Eve Angeli de quelqu'un de dynamique et prêt à perdre 1h17 de son précieux temps pour filer son hémoglobine. Tu fais trainer en longueur l'entretien avec le médecin juste parce que tu es touché qu'il s'enquiert de tes loisirs ("Avez-vous récemment voyagé hors de l'Union Européenne ?") et de ta vie sexuelle, allant jusqu'à te demander si tu as eu des partenaires multiples. Puis l'infirmière te prend délicatement le bras et tu es ému jusqu'aux larmes par ce contact avec un autre être humain mais en fait cette salope profite de ta détresse émotionnelle pour t'enfoncer une aiguille dans le bras et ouch ! ça fait mal quand même ! Puis elle se casse en te laissant te vider de ton sang, seul et vaguement déprimé. Tu fermes les yeux et tu essayes de t'évanouir en te concentrant très fort parce que si tu fais un malaise l'infirmier qui traîne dans la salle s'occupera de toi avec sollicitude et te posera peut-être une main affectueuse et fraternelle sur l'épaule et puis vous deviendrez amis et il t'invitera chez lui et vous vous roulerez dans l'herbe en mangeant de la vache qui rit. Mais en fait non. Rien ne se passe. Sauf la salope de tout à l'heure qui vient te demander si tout va bien et tu sens obligé de lui répondre oui. Pour te venger à la fin quand on te propose à manger pour reprendre des forces tu prends deux sandwichs au fromage et un gâteau mais bon en fait soyons lucides cela ne résout pas le problème.
Et tu rentres chez toi retrouver ton ordinateur et finalement tu tombes dans la spirale du sexe 2.0.
11:15 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : sexe, solitude, blabla, sang, café
06.03.2007
Sunday Night Live
Un truc un peu bizarre quand même, c'est que chaque dimanche tu es déprimé. C'est un fait mais le samedi c'est cool, t'as un week-end pour t'amuser, faire des parties de scrabble avec tes voisins ou manger des apéricubes devant un coucher de soleil ou devant "Le plus grand cabaret du monde" alors que le dimanche soir c'est de la merde.
Ca commence vers 17h. Lentement, insidieusement, le spleen s'installe. Tu es en train de regarder la télé, tu penses que ce serait cool de partir en vacances au camping de la grosse motte ou de repeindre ton chat en bleu, et puis tu te rends compte qu'en fait non. Tu t'en fous. Tu es malheureux. Tu regardes pourtant Valérie Damidot qui maroufle du papier peint dans "Déco" qui est entre nous une très bonne émission mais pas autant que "Motus" et tu t'en fous. Merde elle MAROUFLE quand même ! Et rien. Pas le moindre petit élan du coeur...
Les études sociologiques abondent pour dire que cette déprime est commune dans la population française et peut-être belge et suisse mais pas trop laponaise par exemple. Tu lis des magazines féminins qui t'indiquent des trucs pour lutter, entre les pages mode avec des vêtements qui coûtent environ une fois et demi le PIB de l'Ouganda et la page des tests avec des questionnaires genre "Etes vous une fille ambitieuse mais pas jugée à sa juste valeur sans déconner est-ce que cela fait de vous une personne fidèle en amour et en horticulture ?". J'ai fait le test en fait j'ai 12 carrés orange ce qui signifie que je suis un wapiti sauvage mais pas trop.
Donc entre ces pages y a d'autres pages ce qui est un peu le principe d'un magazine quand on y pense mais en fait peu de gens y pensent vraiment je dirais à peu près 13% mais je m'avance sûrement et là on te conseille de te détendre le dimanche soir en prenant des bains avec des sels de bain.
Ok. Tu es un mouton donc tu vas acheter des sels de bain ce qui est un peu con vu que tu n'as pas de baignoire juste une douche mais les sels de bain ça marche pas à la verticale.
Donc tu as trouvé l'idée. Tu ne fous rien du week-end. Résultat tu te retrouves le dimanche soir avec tous tes devoirs de la semaine à faire et crois-moi quand tu découvres que tu as la nuit pour écrire deux exposés ( un en anglais et l'autre en espagnol ) et boucler la choré des pom pom girls ( oui parce que tu es aussi capitaine des pom pom girls mais on en parlera pas dans ce post ) soudain tu n'es plus déprimé. Non. Juste paniqué.
Voilà donc mon conseil du jour mais bon après ne t'étonnes pas quand le lendemain tu t'endors à l'IEP ( l'IEP c'est ton école ) et que tu es réveillé par un des types de la loge qui panique et appelle deux infirmiers qui viennent te tripoter sous le pretexte fallacieux de te tâter le poul et bordel lâchez moi je suis juste fatigué ça fait trois nuits que je me couche tard alors laissez moi dor...
UMP PS : Les votes pour le post à choisir ça finit demain soir c'est-à-dire mercredi... Comme de par hasard y a une proposition en tête mais bon je cloturerai officiellement pour faire genre on est sur un blog sérieux.
23:15 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : blabla, dimanche, soir, bain, magazine, sexe


