09.05.2008

Mélancolie

Prendre la voiture et rouler. S'arrêter dans ces chambres de motel impersonnelles à la moquette usée et secrètement j'attendrais le crépuscule pour tu sais la lumière verdâtre à travers les rideaux et pouvoir prendre en photo ton corps réduit à une ombre sur le lit aux draps défaits. Une échappée qui aurait le gout des milkshake trop sucrés et de la pluie qui tambourine doucement. L'odeur de cuir brûlant des sièges et de la poussière qui vient du désert là bas plus à l'ouest. On ne ferait pas de plans, on s'arrêterait quand une enseigne clignotante nous ferait vulgairement de l'oeil sur le bord de la highway. Les hiéroglyphes des vieilles stations services abandonnées qui remontent le temps et au bout d'un moment je n'essayerais même plus de les déchiffrer. En bande son Belle and Sebastian, une sirène de police solitaire cette nuit aux alentours de Brookhaven ou était ce Bassfield, ton rire et le bacon qui crépite dans les innombrables diners.

Je sais que ce serait provisoire, j'essayerais de ne pas trop tirer sur la corde. Parfois je fermerais mes yeux comme si j'étais fatiguée, mais ce serait pour oublier que nous n'allons nulle part. Tes efforts n'y changeraient rien, pas plus que ton sourire presque vague. Ce serait le début de l'été et je sentirais sa menace, comme une urgence lourde et mélancolique sur l'asphalte. J'essayerais de me rappeler comment c'était de t'aimer au début mais la fièvre aurait disparu et les lumières seraient trop pâles au fond des rues grises. Au final il nous resterait des minuscules moments presque partagés, une carte routière usée aux plis et quelques photos de toi que j'aurais prises quand tu regardais ailleurs.

 

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Crédit photo : Rantfoil-flickr 

22.01.2008

Trois temps

J'aime pas ne pas poster souvent. Cela me déçoit. J'aime pas ces périodes, comme en ce moment, où je n'arrive pas à écrire. J'aime pas être apathique, pathétique, apathétique. J'aime pas me sentir obligée par les autres d'avoir une vie, de socialiser, de me cultiver, juste parce que je ne pourrais pas répondre "rien" à la question "qu'est ce que tu as fait cette semaine ?". J'aime pas avoir la tête dans le sac, vouloir juste rester à regarder tout ça de l'extérieur.

j'aime utiliser des phrases telles que "ça me bouffe toute ma bande passante". J'aime écouter des chansons mélancoliques. J'aime faire semblant de fantasmer sur des acteurs à la mode pour avoir l'impression d'avoir quinze ans. J'aime la délicatesse des moments en équilibre. Quand on sort la tête de l'eau. Et penser à tout ce que je pourrais vous dire et que je ne vous dirai pas, mais que j'aurais pu vous dire.

J'aimerais écrire des notes légères, droles et poétiques. Faire de ces photos qui s'imposent comme des évidences. Trouver ce que je dois faire après, plus tard, quand je serai grande. Avoir le temps de marcher, pour regarder la lumière du soleil juste avant chien et loup. Et puis vous dire merci de continuer à venir sur ce blog, de laisser des commentaires, d'être là tout simplement, vous tous différents et inconnus, mais tous présents.

 

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21.04.2007

Pour votre santé, n'oubliez pas de lire cette note

Tu as remarqué que chaque fois que tu regardes une pub concernant de près ou de loin de la nourriture ou une boisson, on te dit pour ta santé de manger 5 fruits et légumes par jour, ou de faire régulièrement du sport... ?

Bon alors à priori je suis contre l'idée de donner des conseils à la con aux gens. Mais en même temps je me dis que ce serait cool d'aider le gouvernement à éduquer les masses.

Donc sur Almost-famous désormais tu auras le droit à ton conseil du jour, plein de bon sens et de paternalisme voilé. Pas pour te dire de manger des légumes, c'est pas bon. Et faire du sport ça fatigue.

En espérant que cela va améliorer ta vie.

Conseil du jour : Pour votre santé n'oubliez pas de respirer.

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Et sinon, la ressens-tu, la petite pointe d'excitation et de curiosité ? Des mois de campagne, et demain soir on aura une demi-idée du/de la futur(e) président de la République... 

 

20.04.2007

Le kiwi c'est plein de vitamines

Alors j'ai découvert ça, l'histoire d'un kiwi (l'oiseau hein ! pas le fruit !) qui essaye à tout prix de voler...

Paraît-il qu'il faut y dénicher une morale, genre faut croire en ses rêves jusqu'au bout... Bon moi j'aime pas dire aux gens ce qu'ils doivent voir dans telle ou telle oeuvre, chacun y voit ce qu'il veut et peut être que vous penserez que cette vidéo est bien faite, ou qu'elle est nulle, ou qu'il faut racheter des haribo parce que c'est beau la vie pour les grands et les petits, ou que vous pensez que cette vidéo est infiniment triste et pessimiste parce qu'en fin de compte croire en ses rêves mène à...(chut ! je vais pas vous révéler la fin quand même !), ben ma foi vous pourrez vous exprimer. Si vous préférez vous exprimer sur la situation au Darfour, le temps que ma bonne dame y a plus de saison, votre chat qui a été repeint en bleu par les Chinois du FBi, ou la façon dont l'auteur de ce blog profite honteusement de sa flemme pour vous balancer des liens (oui parce que l'auteur de ce blog est membre du CSDI* et ne sait pas mettre directement la video sur le blog) (l'auteur de ce blog appelle d'ailleurs à l'aide tout geek se présentant sur ces pages) ben ma foi vous pouvez vous exprimer aussi. C'est ça la démocratie participative je suppose... Notez que si vous ne voulez pas vous exprimer, vous en avez le droit également. Faites ce que vous voulez en fait. Et si vous pouviez repoussez les limites de la décence et du bon goût, ce serait chouette et je vous en serais reconnaissante.

La vidéo c'est là 

*CSDI =Club des Sous Doués de l'Informatique 

15.03.2007

Jenny

C'était pendant l'été 1976. Un été brûlant, le plus chaud qu'on ait connu depuis au moins 20 ans. C'était ce que disaient les vieux quand ils se réunissaient sous le kiosque du jardin public. Pour nous c'était juste un été morne et étouffant dans une petite bourgade américaine. Notre ville avait été tenue à l'écart des grands événements des années 60 et 70. Tous les adultes du coin tenaient les hippies en horreur, et en avaient presque aussi peur que des communistes. En ce mois de juillet 1976, la torpeur avait saisi les environs et le seul mouvement dans les rues poussiéreuses était le voltigement des lambeaux de pétard du 4 juillet. Même la jeunesse errait sans but ni enthousiasme. Mes amis traînaient leur frustration adolescente entre le ciné, le drugstore et le terrain de base-ball. Une tension juvénile, un mélange d'énergie et de mal-être qui ne demandait qu'à jaillir et à se retourner contre l'ordre établi. Nos parents nous considéraient comme des animaux dangereux, qu'il fallait surveiller au plus près, et nous n'avions qu'une envie, leur donner raison. Ce fut cet été là que Josh s'enfuit de chez lui. Ce fut cette année là également que Tommy mit le feu à la décharge municipale et fût placé en maison en maison de correction. Que Mark fut tabassé par son père après avoir pris une cuite et qu'il en resta estropié. Et c'est cet été là que j'ai perdu Jenny.

Nous appartenions à la bourgeoisie WASP. Ma mère organisait des lunchs avec les dames de la paroisse et mon père faisait du golf avec les notables de la ville. Nous habitions sur Davidson Street, derrière laquelle s'étendaient les quartiers pauvres, mais pour ma mère il aurait pu y avoir un océan entre les deux mondes. Je revois encore la moue de mépris qui tordait sa bouche lorsqu'elle parlait de "ces pauvres gens". Elle adorait organiser des réunions pour les aider, les soulager de tous leurs fardeaux, alcoolisme, grossesses adolescentes, chômage... Mais elle aurait préféré mourir que de supporter l'idée que son fils les fréquente.

J'avais rencontré Jenny dans l'allée derrière chez nous. Ce n'était pas vraiment une allée, plutôt une ruelle dans laquelle la bonne mettait les poubelles le matin. Elle a sursauté quand elle m'a vu et elle a eu un air embarrassé, comme prise en faute. Je l'avais déjà remarqué au supermarché, et le contraire eut été difficile. Elle était tout simplement magnifique. Je ne l'ai pas interrogé sur sa présence dans notre allée, craignant de la vexer ou de paraître trop inquisiteur. Elle portait un t-shirt des Falcons Atlanta et j'ai maladroitement tenté une blague sur leur résultat lors du dernier match. Elle a ri, et on s'est mis à discuter. C'est comme ça que tout a commencé. Juste un t-shirt des Falcons, son rire, sa grâce presque irréelle, et un rendez-vous au drugstore. Et nous ne nous sommes plus quittés. Je lui ai fait découvrir Led Zeppelin et les Pink Floyd, elle m'a fait connaître les films de Arthur Penn. On allait au cinéma et on restait deux séances d'affilée, ou on se baladait dans le parc en discutant. Sa peau, ses yeux, son odeur...elle me rendait fou tout simplement. Mais je ne tentais rien, parce qu'elle se souciait du qu'en-dira-t-on et que je savais que si ma mère nous surprenait j'étais bon pour rester enfermé dans ma chambre tout le reste de l'été. Peut-être aussi parce que je commençais à tomber amoureux. Quand je regarde en arrière, après toutes ces années, il me suffit de fermer les yeux et de me concentrer pour sentir à nouveau la moiteur de ces longues journées, et l'ombre qui s'allongeait au pied des peupliers tandis que le soleil baissait à l'horizon. Pour me souvenir à nouveau de ce que ce fut d'être jeune, d'avoir ce creux dans le ventre en l'attendant, et de ne penser qu'à elle quand elle était loin. Souvent, elle passait dans l'allée où nous nous étions rencontrés, et je l'observais en silence de la fenêtre de ma chambre, voyant dans ce geste et toutes les précautions qu'elle y mettait pour n'être vue de personne, pas même de moi, une preuve de ses sentiments. J'étais si jeune, si insouciant !

Une fois Jenny me raconta qu'elle rêvait de visiter le musée de qui se trouvait à Castle Rock, la ville voisine, depuis qu'elle était toute petite. J'achetais des billets de bus et lui proposais de passer tout un après-midi là-bas. Nous pourrions également aller au cinéma et manger une glace, et être rentrés assez tôt pour n'éveiller les soupçons de personne. J'eus cependant du mal à convaincre Jenny. Elle venait d'une famille très pauvre, même si elle faisait tout pour me le cacher. Sa mère était morte et son père était un alcoolique notoire. Je ne savais pas comment il parvenait à nourrir Jenny et ses frères et soeurs. J'avais entendu dire que ses petits frères volaient à manger dans l'épicerie de Mr Boyer, et même si je refusais de le croire, j'étais mal à l'aise quand je voyais toute la nourriture gaspillée que la bonne jetait dans nos propres poubelles.

Finalement Jenny accepta que nous passions l'après-midi à Castle Rock. Il faisait beau ce jour-là. Et toujours aussi chaud. J'avais donné rendez-vous à Jenny à l'arrêt de bus. Je me préparais longuement devant la glace et prévins ma mère que je sortais. Avec un sourire doucereux, elle me demanda de déposer de la mort-aux-rats dans les poubelles de l'allée avant de partir. Avec la chaleur estivale, nos poubelles étaient constamment dévastées par des chats errants et de gros rats que ma mère haïssait plus que tout. Je me saisis de la boîte et versais rapidement la poudre sur nos déchets. Puis je courus jusqu'à l'arrêt de bus. Jenny n'était pas encore là et pendant un bref instant je crus qu'elle avait changé d'avis. Elle apparut au coin de la rue en même temps que le Greyhound. Elle avait mis sa plus belle robe pour cet événement et son excitation était contagieuse. Elle avait les joues rouges et les yeux brillants et mon Dieu elle n'avait jamais été aussi belle.

Le centre-ville de Castle Rock était somme toute très banal, semblable à tant de centre-villes à travers le pays. Mais je m'en fichais. Jenny était avec moi et nous avions tout un après-midi ensemble. A mesure que mon excitation augmentait, Jenny devenait de plus en plus calme. Bientôt elle resta silencieuse. Puis, alors que nous nous dirigions vers le musée, j'entendis une sorte de gémissement, comme un sanglot. Je me retournais vivement vers Jenny. Elle était toute blanche, la bouche crispée. "Dave, je ne me sens pas très bien."J'essayais de la rassurer. Nous arrivions au musée dans quelques minutes et nous pourrions alors trouver un banc où nous asseoir. Mais Jenny se tenait le ventre et geignait. "Dave je t'en prie ! J'ai si soif !"Je sentis la chaleur m'envahir. Ses lèvres étaient blanches et de la sueur perlait à son front. "Ne t'inquiètes pas Jenny, on s'arrête dans le prochain drugstore."Je fouillais la rue du regard jusqu'à ce que j'aperçoive les néons "Sodas" et "ice-cream". Nous nous engouffrâmes à l'intérieur et je demandais un verre d'eau. Jenny avait désormais les yeux clos et gémissait sans s'arrêter. Le barman se précipita vers nous avec l'eau. J'assit Jenny et lui donnais à boire. Sa peau était glacée et elle grelottait. De violents spasmes raidissaient son corps. La panique me submergea.

"Appelez un médecin ! Vite !"

Les rares consommateurs s'étaient attroupés autour de nous et s'empressaient de donner des conseils. L'un d'eux partit précipitamment et revint avec un docteur. Jenny rouvrit les yeux mais ils ne se fixaient sur rien, comme si elle ne voyait déjà plus. Nous dûmes l'allonger par terre lorsqu'elle fût saisie de convulsions. Une écume blanche et abondante moussait aux coins de ses lèvres. Lorsqu'elle se mis à saigner du nez, je perdis tout contrôle et hurlais, suppliant le médecin de la sauver.

Finalement elle se raidit complètement puis demeura immobile. Le docteur lui prit le poul et lui ferma les yeux. Il se tourna vers moi.

"Je suis désolé mais on ne pouvait rien faire."

Je le regardais sans comprendre.

"Empoisonnement à la mort-aux-rats."

16.02.2007

Caravane

Aujourd'hui un post où l'on s'exerce à l'excercice extrêmement difficile de l'explication de texte. Et où l'on découvre que "Caravane" de Raphaël ça paraît romantique à première vue mais en fait ça parle de gastro-entérite...

Parce que j'en ai les larmes aux yeux
La colique parfois ça fait mal, très mal. Et Raphaël il ne peut pas s'empêcher de pleurer. Mais c'est pas grave, dans Cosmopolitain, ils ont dit que c'est beau un homme qui pleure, qui n'a pas peur d'exprimer ses sentiments. Et là, dans cette chanson, ben Raph il a beaucoup de sentiments ( et de douleur ).

Que nos mains ne tiennent plus ensemble
Raphaël n'est pas seul dans sa caravane. Il y a une autre personne, sûrement sa femme. Ils se tenaient les mains ensemble avant et sa femme lui répétait qu'ils étaient unis dans la douleur et qu'elle allait le soutenir dans cette dure épreuve. Mais elle a vite déchanté quand il a maculé ses coussins en macramé. Maintenant elle s'en fout car elle a été prise de colique à son tour et là leurs mains se sont lâchées et c'est un peu le drame de leur mariage.

Que moi aussi je tremble un peu
Parce que je ne vais plus attendre

Raph continue à nous parler de son état pitoyable. Donc il tremble, un peu comme une vieille atteinte de Parkinson. Puis il parvient à nous faire comprendre à demi-mot et avec beaucoup de poésie qu'il faut vraiment qu'ils s'arrêtent à la prochaine aire d'autoroute pour qu'il aille aux toilettes sinon il va saloper son dernier caleçon.

Est-ce qu'on va reprendre la route

Angoisse métaphysique : Qui suis-je ? Où vais-je ? Va-t-on reprendre la route ? Y a-t-il assez de papier toilette ?

Est-ce que nous sommes proches de la nuit
Là c'est une angoisse plus technique : la réalité reprend ses droits et Raphaël se demande s'il va arriver à Argenton-sur-Creuse avant la nuit parce que rouler dans l'obscurité ça pompe toute la batterie de la caravane.

Est-ce que ce monde a le vertige
Oui. Surtout en écoutant les chansons de Raphaël. D'abord le monde a le vertige, ensuite il devient sourd comme Beethoven ( et il saigne des oreilles ).

Est-ce qu'on sera un jour puni
Cette partie n'est pas très claire. On pourrait penser que Raphaël fait allusion à des souvenirs traumatisants de sa petite enfance, de coliques suivies de violentes punitions. Ou alors Raphaël est content parce qu'aujourd'hui il a bien niqué les radars automatiques sauf qu'avec la fièvre il devient parano et se demande si on ne va pas l'arrêter au prochain péage. Plus probablement, il parle de punition divine. Mais même si je n'y connais pas grand chose, je pense que Dieu a autre chose à foutre. Et qu'Il ne va pas punir un homme pour une diarrhée. Ou alors c'est que pour Raphaël toute colique est un peu une punition divine, une expérience mystique dont il faut faire une chanson.

Puisque je rampe comme un enfant

Les ravages de la gastro... Imaginer le chanteur Raphaël en train de ramper dans sa caravane pour tenter d'atteindre les toilettes à temps, ça vous file un coup. On se rend compte que cette chanson est pleine d'émotion.

Puisque je n'ai plus de chemise

L'émotion c'est bien mais le sens pratique reprend vite le dessus. Il s'est déshabillé complètement pour éviter de se salir continuellement. Et après hop une douche au karsher.

C'est le Bon Dieu qui nous fait

D'abord on se demande ce que cette phrase vient faire là. Et en fait Raphaël a compris que le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas. Alors il parle constamment de Dieu. Là je crois qu'il sous-entend que c'est un peu la faute de Dieu s'il a la courante.

C'est le Bon Dieu qui nous brise
Heu non là c'est plutôt la diarrhée qui te brise Raph. Et ta chanson qui nous les...

Parce que rien ne peut arriver
Puisqu'il faut qu'il y ait une justice

Encore une preuve que ce texte est pétri de religiosité. Raphaël lance un anathème contre le cuistot du Courtepaille de l'aire de Visouban Sud où ils se sont arrêtés ce midi. A tous les coups c'est la fondue de bulots mariné au cointreau qui les a rendu malades.

Je suis né dans cette caravane
Oui alors les gens tu vois ils préfèrent accoucher à la maternité, à la limite dans leur lit. Mais en fait la mère de Raphaël c'est une tzigane. Donc elle a mis bas dans le lit escamotable de leur roulotte, là derrière le coin cuisine. L'absence de soins à la naissance peut expliquer le niveau intellectuel de Raphaël et de cette chanson.

Et nous partons allez viens
Allez viens

"Ok. Vas y pars devant je te rejoins plus  tard" ( réponse de sa femme coincée dans les toilettes de l'aire de repos )

Tu lu tu lu tu lu tu lu
La partie la plus intéressante de ce texte.

Et parce que ma peau est la seule que j'ai
Quand Raphaël a la colique, il croit qu'il va mourir. Ce qui paraït logique dans la mesure ou "mourir c'est partir un peu", et là effectivement y a le contenu de ses entrailles qui quitte un peu son corps. Pris dans un délire morbide, le chanteur nous explique que sa dernière heure a sonné, et que le problème c'est qu'il a sali "la seule peau" qu'il ait. Pour Raph il y a des gens qui ont plusieurs peaux. Raphaël est un peu con quand même...

Que bientôt mes os seront dans le vent
Raphaël s'est rendu compte que mourir de diarrhée ce n'est pas très glorieux, et en plus tout le monde se foutra de sa gueule quand Gala et Voici annonceront la nouvelle. Alors il essaie de réfléchir à une mort qui lui assure l'ouverture au journal télé de 20h, et il se souvient que les catastrophes climatiques ça fait vendre. Et puis ça lui permet de passer une dédicace à son ami Garou qui parlait quant à lui d'aérophagie dans "Sous le vent".

Je suis né dans cette caravane
Et nous partons allez viens

Et voilà. Une histoire de chiasse pour une chanson de merde
 

07.02.2007

La liberté guidant le peuple

Un grand merci à Badibuh pour ses idées :  "dans ma grande bonté, je vous offre un moyen de remplir votre blog gratuitement : expliquez à votre façon le tableau d’Eugène Delacroix: "La liberté guidant le peuple".

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En l'an de grace ( kelly ) 1813, le jeune Eugène Delacroix monte faire ses études à Paris, dans l'Ecole Supérieure Pour Etre Un Peintre Célèbre. Il se fait très vite à la vie d'étudiant, mais passe plus de temps dans les petits troquets pittoresques illuminés d'une farandole de lumières sous la tonnelle fraîche au crépuscule que sur les bancs d'amphi poussiéreux d'une vieille école que sans déconner y a même pas de cafétéria et la machine à café elle tombe tout le temps en panne. Très vite il adopte la vie de bohème vu que ça voulait dire qu'il avait 20 ans et qu'il vivait de l'air du temps ( et de conserves de surimi à la semoule ) ( et oui le budget nourriture était un peu serré chez les Delacroix ) ( et la semoule avec de l'eau ça gonfle et ça remplit le ventre ).

Et puis rapidement arrive l'élection du Bureau Des Etudiants, et pour gagner son pote Géricault promet de faire des fêtes de ouf avec plein d'alcool tiens d'ailleurs j'ai trouvé un partenariat avec R*card on aura même des t-shirt c'est trop fun kikoo lol. Géricault tient ses promesses et s'ensuit un semestre d'orgies de soirées étudiantes un peu arrosées. A la soirée potée auvergnate et macramé ( Géricault adore les soirées à thème ), Delacroix branche une jeune demoiselle recherche un mec mortel, répondant au doux nom de Kimberley-Eugénie. Il en tombe éperdument amoureux et décide d'en faire son égérie. Ce qu'il ne sait pas c'est que Kimberley-Eugénie est un peu une reine de la night et qu'elle enflamme le dance floor. Lorsque qu'il se décide à l'aborder, elle lui riz au lait rit au nez et lui répond "j'chuis pas une bombe latine...", ce qui accroît l'adoration du jeune homme. 

Soudain un mouvement se fait près des platines du d.j. Dominique Ingres, le trésorier du BDE, annonce alors qu'il n'y a plus d'alcool car toutes les bouteilles ont été bues. Kimberley-Eugénie devient ivre de rage et bondissant sur ses jambes vacillantes tel un poney sauvage galopant furieusement dans la pampa décide de mener les étudiants jusqu'au Proxi ou au Petit Casino le plus proche. "Mes Frères, Camarades ! Suivez-moi ! Sus au Proxi et à ses réserves ! Marchons, marchons, que la vodka-citron inonde nos sillons..." Des dizaines de mâles en rut suivent alors Kimberley-Eugénie dans l'espoir de la sauter s'enivrer rapidement. Celle-ci se place en tête du cortège et dans un élan de passion et de fougue éthylique arrache le haut de son débardeur-robe ( elle était dans sa période punk et trouvait carrément rebelle de porter des vêtements avec des drapeaux français cousus dessus ). Brandissant ce bout de tissu tricolore comme un étendard, elle mène vaillamment la troupe d'étudiants quand son attention est distraite par une pancarte annonçant des soldes de -70% sur la collection printemps-automne des Galeries Lafayette ... N'écoutant que sa féminité et l'appel irrésistible de l'article en solde esseulé au rayon lingerie elle se précipite sur le petit soutien-gorge en laine de verre là non c'est moi qui l'ai vu en premier salope rends-le moi tiens prends ça grosse morue de toute façon c'est même pas ta taille. Foulant au pied une horde de consommateurs hystériques, elle parvient à s'emparer du précieux butin et là c'est le drame Eugène la perd au rayon menuiserie et fruits de mer.

Rentrant chez lui, le jeune Delacroix décide d'immortaliser ce moment artistique et historique. Au départ il voulait l'appeler "La saoularde guidant les mâles en rut" mais pour des raisons évidentes de tourte aux rognons il la baptisa "La liberté guidant le peuple" parce que c'était plus vendeur et aussi parce qu'on était mardi et qu'il avait piscine. Sous la pression des Chinois du FBI, il fut néanmoins contraint de remplacer les canettes de Heinek*in  dans les mains des assoiffés par des pistolets et des fusils parce que sans déconner y a des enfants qui regardent et où va le monde de nos jours je vous jure si ma mère voyait ça heureusement qu'elle est aveugle. Quant à Kimberley-Eugénie, au dernières nouvelles elle s'est fait arracher le soutien-gorge convoité juste avant d'arriver aux caisses mais elle s'est rabattue sur un ensemble hotte chauffante-cassoulet et d'aucuns disent qu'elle travaille aujourd'hui dans le service import-export de la Foir'fouille.