30.11.2007
J.F recherche appartement (part 1)
Bon alors comme tu le sais j'étais un peu en galère d'appartement depuis mon arrivée. Pour te situer le truc, à mon arrivée à New York, j'ai débarqué chez une amie d'amis de ma mère, que je ne connaissait absolument pas. Appartement magnifique, dans l'Upper West Side. A 2 blocs de Central Park, immeuble avec doorman à l'entrée pour te saluer et t'appeler un taxi, doorman dans l'asenceur pour porter tes paquets et appuyer sur le bouton de ton étage (c'est über fatigant d'être riche à New York, faut pas croire...). Je pose ma valise dans ma chambre, et là on m'annonce directement la couleur : il faut que j'ai trouvé un autre endroit d'ici 2 ou 3 jours. Panique.
Bon tu vas me dire, 2-3 jours, c'est suffisant pour trouver une chambre, même provisoirement. Et là je te réponds oui.
Mais pas à Manhattan.
Mettons nous en situation. Manhattan est le point névralgique de la 3ème ville la plus chère du monde. Les gens se battent pour habiter là. A chaque fois que j'ai répondu à une annonce, nous étions entre 70 et 200 à avoir envoyé une réponse. Et puis je partais avec des handicaps : étrangère, moins de 21 ans, et un budget maximum de 950 $. Oui parce qu'il faut que je te parle des prix.
(clique pour agrandir ce sublime dessin réalisé par moi même)
Comme tu peux le voir sur la carte, Manhattan c'est grosso modo 3 zones :
uptown : Columbia University, Harlem, Spanish Harlem et les Heights. Pour simplifier, c'est l'endroit le moins cher de l'île mais le plus "craignos"
midtown : Encadrant Central Park, l'Upper East Side (avec la 5eme Avenue, équivalent du 16ème arrondissement parisien) et Upper West Side (là où j'habite, je sais c'est trop la classe). L'Upper East est le quartier des milliardaires, l'Upper West celui des millionnaires. Il va sans dire que plus tu te rapproches du parc, plus le prix monte.
Midtown, c'est aussi le bas de Central Park et Columbus CIrcle.
downtown : La partie la plus célèbre, et la plus chère. Très variée, elle va de Hell's Kitchen (quartier de Time Square) à Soho, Little Itlay ou encore Wall Street.
Dans le quartier le moins cher, au dessus de Harlem, tu peux trouver une chambre à environ 500 $. Mais, sans trop caricaturer tu habites alors à une demi heure en métro du centre de Manhattan, et ton voisinage se compose de dealers, drogués et membres de gang. C'est "vivant et coloré" mais il faut éviter d'y trainer tard le soir...
Midtown les prix oscillent entre 1000 et 1600 $, augmentant si l'immeuble propose salle de gym, doorman et autres options nécessaires à la vie new yorkaise.
Downtown, les prix diffèrent selon les quartiers. Le quartier le moins cher est le Lower East Side et Chinatown, où tu trouves une chambre minuscule entre 800 et 1100 $. Le plus cher est mon coin préféré, West Village, où le moindre cagibi se négocie entre 1700 et 3000 $ par mois (3000$ pour une simple chambre en colocation !). Soho, Hell's Kitchen ou Wall Street se situent entre les deux, entre 1200 et 1700 $ en moyenne.
Mon problème, c'est que je voulais vivre downtown avec un budget s'approchant d'uptown. Autrement dit, trouver une chambre à moins de 1000 $ dans des quartiers à plus de 1200 $. Donc forcément mon choix était restreint. Je te passerai sous silence le mois de recherches infructueuses, à guetter sur craigslist l'annonce parfaite et prier pour recevoir un mail en retour avec une date pour un rendez vous.
J'ai tout fait. Les "open houses" dans les rues de Chinatown aux effluves de poissons et de pâte de riz. Les entretiens dans des salons minuscules du Lower East Side, à essayer de convaincre un ou plusieurs parfaits inconnus que j'étais la roomate idéale. Les logements sans salon ni cuisine. les chambres sans fenêtre, situés dans l'entrée de l'appartement. Les cages d'escalier pleines d'ordures, les stations de métro lépreuses où je m'assoupissais après deux entretiens infructueux.
Mais tu sais quoi ? Je ne regrette rien. Certes je n'ai pas profité beaucoup des divertissements qu'offrait la ville. Mais au final, marcher seule et dans le froid, la nuit, le stress constant, la peur au ventre d'arriver en retard, la peur au ventre de rater l'entretien, de ne pas être retenue, la peur au ventre de ne rien trouver, ce fut précieux. Sur le moment, c'était horrible, mais sans m'en rendre compte, cela m'a permis de découvrir New York. Le vrai New York, pas celui des touristes, mais celui de ceux qui y habitent, celui de ceux qui galèrent et qui s'accrochent. C'est une partie de New York qu'on ne pourra pas m'enlever.
09:55 Publié dans Manhattan Transfert | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, colocation, new york
29.11.2007
Parce que cela devait arriver...
J'ai pris l'habitude de cloisonner ma vie. Ma vie familiale, ma vie à Science Po, ma vie à New York, ma vie sur le web. Des mondes qui se connaissent, interagissent mais ne se mélangent pas. Et un comportement différent dans chaque sphère. Ou plutôt une facette différente de ma personnalité.
J'aime cette situation. Je varie au gré de mes humeurs et des personnes qui m'entourent. Personne ne peut dresser un portrait complet de moi. Car chaque sphère ignore celles qui l'entourent.
Cela me rassure. Je ne supporte pas l'idée que l'on connaisse trop de choses sur moi. C'est le seul point commun à tous ces mondes. Ne pas sembler m'attacher, ne pas trop en montrer.
J'aurais pu me livrer plus dans ce blog. Je n'y suis pas arrivée. C'est tellement plus facile d'être drôle que d'être profonde... La nudité émotionnelle, je n'y arrive pas. Pourtant j'aurais tellement voulu parfois. Mais que veux tu, c'est le genre de courage qui me fait défaut.
Aujourd'hui, finalement je suis contente de ne pas l'avoir fait.
Je viens d'apprendre que mes parents lisaient mon blog. Une sphère en rencontre une autre. Je déteste ça. Alors quoi ? Leur demander de ne plus venir ? Ce serait maladroit, donc méchant. Fermer ce blog ? Je n'en ai pas envie.
Donc je continue. Et pour les membres de ma famille qui me lisent, soyez gentils. Je sais que je parle dans ce blog de choses que je ne vous raconte pas forcément. Je sais que je semble ici quelque peu différente de celle que vous connaissez. Mais je ne veux pas changer le contenu de mes notes par rapport à vous.
Alors vous pouvez venir quand vous voulez, mais s'il vous plait, je ne veux aucune allusion à quoi que ce soit que j'ai écrit quand on se verra.
Ne mélangez pas les sphères.
09:05 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime, blog
27.11.2007
Misunderstanding (edit inside)
Conversation entre le doorman de mon immeuble et moi (je te la fais en français c'est plus simple) :
Situation : intérieur jour, ascenceur de mon immeuble. Lui en uniforme, le regard lointain et le torse bombé, moi en jeans, l'oeil hagard et la tête baissée. Bref, lui, doorman dans toute sa splendeur, conscient de son statut et de son travail (m'ouvrir la porte et appuyer sur les boutons de l'ascenceur pour que je n'ai pas à le faire...trop fatigant pour moi tu comprends...). Moi ne me donnant aucunement la peine de montrer un peu de la french touch dans toute sa splendeur.
Lui (grand sourire) : "Bonjour. Comment allez vous ?"
Moi (air poli) :"Bien merci et vous ?"
Lui : "Bien merci."
Silence.
Lui (cherchant à engager la conversation) : "Dites, vous fêtez Thanksgiving en France ?"
Moi :"Ben...non..." (enfin je veux dire merde, relis tes livres d'histoire... On n'a pas eu d'Indiens qui sont venus nous filer de la dinde à ce que je sache)
Lui (décontenancé) : "Ah..."
Silence dans l'ascenceur.
Lui (ton méfiant) : "Mais alors...euh...vous ne fêtez pas Noël non plus ?"
Moi (air étonnée) : "Ben...si..."
Lui (décontenancé) : "Ah..."
Silence dans l'ascenceur. Il fronce les sourcils.
Lui (ton inquisiteur) : "Mais vous fêtez Noël comment ?"
Moi (ton poli) : "On va à la messe de minuit, on mange en famille, on ouvre les cadeaux autour du sapin..."
Son visage s'éclaire.
Lui (soulagé) : "Ah ! Comme nous quoi !"
J'acquiesce, saisissant soudainement la portée historique de cette conversation. Une petite discussion pour moi, une grande avancée pour la vision de la culture française dans la tête de mon doorman...
Edit : Merci à Djib qui fait ma pub sur le blog de Krazy Kitty. SI tu veux je t'engage comme attaché de presse (rémunération possible à base de peanut butter et relish...)
05:05 Publié dans Manhattan Transfert | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, journal intime, new york
23.11.2007
Je sui de retour lol
Kikoo,
j'espèr ke je vou ai pa tro manké c dernier temps, en fait g plu posté depui la derniere foi parske g eu quelque problemes persos et je bossé plus en cour alor je me sui tro pris la tete avec ma mere elle voulai que j'aille en pension mai je l'ai embrouillé et finalemen c bon g redoublé ma 3 eme dans le meme college. Ca me fai tro chier de redoublé mais en fait ca va parske une de mes best friends a redoublé avec moi et pui de toute facon cette anné g décidé de bosser et de faire un nouvau chemin dan ma vi. Je v essayé de ne plu me taillé les veine pour exprimé le maletre de ma vie. En plus g decidé de faire un régime parske g vu des site de pro ana et je les trouve tro belle come Nicole Ritchie meme si Paris Hilton est plu belle qu'elle alor g acheté un bracelé rouge maintenan il va faloir que je perde du poi. C'est difficile parske je m'étai fais un plan vu que le midi je continu a mangé avec mes best friend o mac do alor le soir je voulai mangé un salade mai mes parents son pa d'accor pour ke je soi pro ana donc on va voir. Maud elle ma di ke c t de la coneri mai en meme tem elle y conai rien elle fai ke mangé lol. Elle a tro de chance détre au Etat Uni, y a plein d'habit tro bo et pa cher et pui y a Paris Hilton.
Sinon g redoublé mé je sor avec des gran maintenan la derniere foi y'a un mec de terminal qui voulai sortir avec moi mai il a essayé de membrassé le premier jour et g di non je sui pas une fille facile mdrrr. Et pui de toute facon je sui amoureuse de Stiven, il et tro bo, c un nouvau dan l'école, je c pas d'ou il vien mai Stiven ca fai espagnol et j'adore l'Espagne on et allé a Barcelone une foi avec la classe et c t tro bien surtou le dernier soir ou on avé bu des coktail et on été bourée lol.
Bon fo ke je vou laisse parce ke g encor eu une punition a lécole et je voulai allé fair du shopping avec mes best friend et acheté un sac lonchamp chez Jenifer (jadore cet marke en plu elle sapel comme moi tro la classe MDR) mai finalemen je me sui di ke c t mieu de bosser je sui tro sérieuse cet anné lol.
Sinon je voulé vou demandé ce que vou pensé de la marque Playboy ? Moi je trouve ça trè joli mai mon cousin ma di ken fait c t un gang au état Uni. En plus Playboy c un truc de fille nus. G une amie elle c fai tatoué le lapin a un endroit intime (loooool) pour fair plaisir a son copin. Mé depui ke je c ke c une marque qui fé de la violence, je c pas si c bien d'aimé. Vou en pensé quoi ?
Laché vos comsss (mai des truc simpa et pa des truc d'intello come la derniere foi ptdr)
JenifeR
19:44 Publié dans Le skyblog de Jennifer | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, skyblog, cours
22.11.2007
Stuff to do before dying #2
Se retrouver à prendre un bain de minuit à 3 heures du matin dans la piscine chauffée d'un hôtel sur Time Square avec des gens qu'on a rencontré le soir même, avant d'aller admirer le lever du soleil sur le Brooklyn Bridge ?
Ca c'est fait.
(oui je sais, j'aurais pu détailler, mais ce n'est pas possible... Je ne trouve pas les mots pour parler de la magie des situations new yorkaises...)
(et joyeux Thanksgiving à tous !)
22:57 Publié dans Stuffs to do before dying | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, new york, soirée
19.11.2007
My life sucks
Bilan du week-end
Calories ingurgités en 2 jours : autour de 35 000Pots de glace avalés : 1 et demi seulement mais c'est des pots d'1,65 litre je te signale
Fruits avalés : 2
Clopes fumées : 0 (je fume pas de toute façon)
Verres d'alcool bus : 0 (j'ai pas l'âge de toute façon)
nombre d'heures passées au lit à zoner sur internet : 22
nombre d'heures passées à travailler : 1, 5
nombre de consultations de ma boite mail pour savoir si j'avais des messages d'amis ou des réponses pour des apparts : 48
nombre de messages d'amis : 3
nombre de réponses d'apparts : 1
nombre de spams : 27
nombre d'apparts visités : 2
Hommes m'ayant maté et fait de grands sourires dans le métro : 3
(ça doit être grâce à mon nouveau shampoing avec "light enhancers")
Dont hommes mignons m'ayant maté et fait de grands sourires : 0
Dont hommes très moches et vieux m'ayant maté et fait de grands sourires : 3
(message perso à toi le type vieux et moche de la ligne 1, arrêt "Columbus Circle" : évite de porter des cravates blanches avec des formules mathématiques écrites dessus... E=mc2 sur une cravate, même si c'est très dur à comprendre comme formule, ça donne juste l'air con)
Comédies romantiques américaines regardées sur dailymotion (j'ai touché le fond...), bien au chaud sous la couette : 2
Nombre de fois où j'ai fantasmé sur Jude Law après avoir regardé des comédies romantiques américaines : 4
Nombre de fois où je me suis dit que Jude Law ça faisait fantasme de pré ado alors j'ai fantasmé sur Yann Barthès à la place : 3
Vrais gens vus en dehors du boulot : 0
Nombre de fois où je me suis sentie tellement seule que j'ai pensé à adopter un chat : 6
Nombre de fois où je me suis sentie tellement seule que j'ai pensé à adopter un bébé : 1
nombre de tentatives pour vaincre mon angoisse à coup de plaques de chocolat mit toffee chunks et sandwichs peanut butter/ fromage étrange mais bon/ mayonnaise : 9
Les enfants je crois que je suis bientôt mourute dans d'atroces souffrances et une mare de graisse. Je suinte le gras et mon coeur donne l'impression de flotter dans un océan de confit de canard au sirop d'érable...
Aaaaaaaah !!! Je suffoque !!!
Ah non fausse alerte en fait c'est que je m'étouffais en mangeant des gâteaux à la crème tout en parlant... Bon je vous laisse j'ai du bacon qui va refroidir...
06:45 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, bilan, week end, humour, jude law, glace, drague
16.11.2007
Laisse moi te faire peur...
Il parait qu'il est utile de jouer sur les peurs des gens et les sursauts sécuritaires pour aliéner la masse. Comme tu devrais le savoir, j'ai pour ambition de conquérir le monde et d'être élue dictateur à vie pour pouvoir faire des croisières en yacht aux frais de mes amis proches ou me resservir gratuitement au buffet des desserts du Courtepaille. Donc je me suis penchée sur l'étude des peurs collectives
Prends un enfant par la main pour l'emmener vers demain. Non malheureux ! Ne prends pas vraiment un enfant, tu vas te retrouver en taule à michetonner pour les matons du bloc D, c'est juste une figure de style. Imagine donc un de ces êtres humains prépubères, né après la chute du mur de Berlin et qui maitrise à fond le skyblog. Demande lui de quoi il a peur. Il te répondra sûrement "la menace terroriste" ou "l'interro de maths de lundi". Ce qui tu en conviendras est une peur de fillette face à certaines angoisses irrationnelles qui nous saisissent, nous, la génération X. Tu sais, ces peurs que l'on n'ose pas nommer, qu'à la rigueur on se chuchote lors d'un moment d'intimité poussée, genre à des amis proches ou à la collègue de la photocopieuse au pot de départ à la retraite de l'agent d'entretien mais ça c'est parce qu'on était bourrés à cause de la sangria.
Tiens, les clowns par exemple. Combien de gens ai-je déjà entendu dire "Les clowns ça me fout les boules". Comment cela se fait ? On pourrait rejeter la faute sur John Wayne Gacy ou Stephen King avec son bouquin "Ca".
Mais en fait il n'y a pas d'explication rationnelle. Un type déguisé comme une transexuelle de la Gay Pride, qui rigole comme si il était possédé par Steevy Boulay (d'ailleurs il a souvent la même gestuelle) (et le même gout très approximatif en matière vestimentaire), ça fait peur. Et le plus horrible, c'est que la voix du clown ne cadre pas avec ce physique grotesque. Le clown a une voix doucereuse, presque malsaine. Tiens je me souviens de ce clown qui proposait de venir prendre un de ses ballons. Sa façon perverse de prononcer "ballons", d'un ton onctueux. Je pensais que seul les mots "sodomie" ou "fellation" pouvaient être prononcés comme ça. Même Ronald Mac Donald m'a toujours paru inquiétant, avec ses cheveux oranges et son sourire figé. Et il avait une voix vachement bizarre quand il proposait de venir prendre un de ses happy meals...
La coupe mullet. Court devant, long derrière. Si tu veux verser dans le ridicule, place ces deux mots dans une conversation, "coupe mullet", et l'effet est assuré. Pourquoi ? Je veux dire, pourquoi savons-nous intimement que jamais nous ne débarquerons chez le coiffeur par une belle journée printanière pour demander à se faire raser les tempes tout en gardant une nuque longue ? Parce que la coupe mullet, c'est tellement moche que tu verses tout de suite dans l'horreur. Un peu l'équivalent capillaire de la gueule de la gamine dans "L'exorciste", ou des varices de ta grand-mêre au sortir de la douche. C'est instinctif, il suffit qu'une coupe mullet s'inscrive dans ton champ de vision pour que la sueur coule le long de ton dos et que tu te mordes la langue pour ne pas hurler. Tes yeux piquent, parfois saignent, et la panique t'envahit. Et le pire c'est que tu ne peux rien faire, cette peur est inscrite dans les gènes. Comme Carlos chantant "Tirelipimpon un coup en l'air un coup en bas, Touche mes castagnettes moi je touche à tes ananas !" à son public d'alcooliques gérontophiles, ce genre de peur fait appel à nos instincts les plus enfouis, et à notre xénophobie la plus élémentaire face aux ringards et aux ploucs.
Les filles poilues. Demande à un garçon si il préfère sortir avec une fille poilue ou une fille qui a une haleine de poney shetland, et il te répondra qu'il préfère la bouche d'égout parce que là au moins ça peut s'arranger. Comme si genre le poil sur la jambe était invincible. C'est à ce moment là qu'on peut se demander pourquoi le poil féminin rebute tellement. Je veux dire, il fût un temps où la question des poils était secondaire. Désormais, une fille est autorisé à avoir du poil sur la tête et au dessus des yeux et puis c'est tout. On pourrait blâmer l'industrie du porno et ses touffes rasées, le lobby des épilatrices ou encore la tendance pédophile de la mode actuelle. Il n'empêche qu'une fille avec du poil c'est vachement angoissant. Pourquoi ? Bon mettons nous en condition. Ferme les yeux et imagine une aisselle poilue. Ca fait comme un pelage de loutre luxuriant et satiné. C'est beau, c'est doux c'est lavé avec Mir laine et puis c'est interactif, on peut jouer avec. Alors quoi ? Une vieille réminiscence du yéti ou de la bête du Gévaudan ? Non. Referme les yeux et approche toi. Plus près. Tu humes ce fumet délicat ? Tu as ta réponse.
L'inspecteur Derrick. Qui a déjà vu un épisode de l'inspecteur Derrick ? En entier ? Sobre ? Cette série est devenue le référent pour les heures chiantes et longues comme un dimanche de pluie dans la zone industrielle de Dunkerque. Et pourtant, entre "Vivement Dimanche", "la chance aux chansons" et le tour de France, y avait de la concurrence. Mais ce qu'il y a d'effrayant dans Derrick, c'est peut être la peur de finalement l'apprécier. Je veux dire, si cela fait si longtemps que le detective de Munich squatte les chaines de télé, c'est que forcément il y a un minimum d'audience. Que pleins de vieux doivent regarder entre deux romans de Danielle Steel. C'est ça qui est terrifiant. Se dire qu'on peut tomber là-dedans, de façon presque anodine.
Désormais, pour te donner le grand frisson, plus besoin de regarder "Jason contre Freddy" en sniffant un rail de coke : imagine Derrick déguisé en clown, avec une coupe mullet et la touffe poilue, en train de chanter des chansons de Carlos...
02:00 Publié dans Sciences Pipo | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, peur, humour, clown, poil, carlos
13.11.2007
Stuff to do before dying #1
Sortir avec un réalisteur dont le film (un mélange de "Donnie Darko" et de "Ghost World" mâtiné d'influences lynchiennes) a été primé dans un festival de NY auquel je participais ?
Ca c'est fait...
08:35 Publié dans Stuffs to do before dying | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, new york, voyage, cinéma
01.11.2007
Trick or treat
Je ne sais pas pour toi cher lecteur mais personnellement il suffit que l'on prononce devant moi le mot "halloween" pour que me reviennent en mémoire le souvenir de l'attente fébrile, la joie d'enfiler un costume et d'aller sonner aux portes pour réclamer des friandises, tout en prenant soin de cacher mon copain E.T sous un drap pour ne pas que ma mère s'en rende compte. C'est là que je me rends compte que c'est assez étrange comme souvenir, et qu'en y réfléchissant bien je n'ai en fait jamais fêté halloween.

Pas trop le temps de vous narrer mon expérience de la parade d'halloween, hé oui y en a qui bossent ici (ou font semblant) mais voici quelques impressions en vrac :
Rendez-vous avec Carter sur la 6th Avenue, je manque mourir écrasée par la foule dans le métro, coincée entre un gladiateur et un maton de pénitencier. Une demi-heure pour trouver un point de rencontre et forcément quand on arrive y a tellement de monde qu'on ne voit rien alors je dis à Carter que je vas m'approcher des barrières pour pouvoir prendre des photos et j'arrive à me faufiler et en me hissant sur la pointe des pieds, plus pivot latéral gauche et dévissage de cou, ô miracle je parviens à apercevoir un bout des jambes des gens qui défilent, là juste en bas à droite de mon champ de vision, si si je te jure je viens de voir passer des loups-garous, à moins que ce soit des squelettes. Ou peut-être des vampires. De toute façon ils portent tous des baskets alors... Je commence à comprendre qu'il faut se battre pour espérer profiter du spectacle donc je me mets en condition (je fais craquer mes doigts et rentre ma chemise dans mon jeans) et en enfonçant mon coude gauche dans une abrutie déguisée en sorcière et mon genou droit dans un papi déguisé en papi, je me colle contre une fille genre on pourrait faire l'amour tellement on est proche, elle-même collée à la barrière et ça y est j'y suis je suis trop forte quand même et je m'auto-congratule jusqu'à ce que je remarque un délicieux fumet de crottin hum tiens c'est bizarre y a pas de chevaux ici pourtant et en fait non c'est juste ma nouvelle siamoise qui sent le poney. Et là (tatadam !) la parade commence et les enfants c'était de la folie. Y avait des squelettes, des putes, des danseurs déguisés en ninjas, des putes, des zombies qui ont refait toute le chorégraphie de "Thriller" de Michael Jackson, des putes, Bush et des prisonniers de Guantanamo et des putes . Y avait des gens déguisés en poubelle, en dragon, en you tube (indescriptible), en spiderman et en cow-boys. Y avait une blonde en mini jupe en cuir qui traînait attachées à une corde deux poupées-nourrissons et qui proclamait qu'elle était déguisée en Britney Spears. Tous ces adultes qui sautaient dans tous les sens, qui s'éclataient parce que ce jour là dans l'année ils pouvaient se comporter comme des enfants à nouveau, c'était tellement joyeux que je ne pouvais m'empêcher de rire comme une débile. Enfin d'essayer de rire en apnée plus exactement, pour éviter de respirer les effluves de poney. Puis la parade s'est terminée et je me suis rendue compte que j'avais perdu Carter ("on est en train de le perdre ! Vite on fait NFS, chimie, iono, et on charge à 300 !") alors j'ai rejoint Croisine et nous avons fini la soirée au Pravda, le meilleur bar à vodka de la ville. C'est au moment de rentrer chez moi que je me suis souvenue des friandises que le doorman de mon immeuble m'avait donné et j'ai terminé le trajet à machouiller un twix à moitié fondu, coincée entre une sorcière et un Super Mario.
08:10 Publié dans Manhattan Transfert | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, new york, voyage, halloween, soirée, party



