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25.02.2007
Le complot des furets
Aujourd'hui en exclu, je vais vous réveler le complot mondial dont nous sommes les innocentes victimes, un complot entretenu par les Chinois du FBI, Sarkozy, Loïc Le Meur et les 2 Be 3. Le monde est dominé par...( tadadadam )...( roulement de tambour )...( claquement de cymbales )...( crissement de craie sur un tableau )...( hurlement d'un cd des Spice Girls )...( Bon ok j'arrête c'est trop insupportable )... les furets !
Alors oui je sais c'est fou tout ça et vous allez sûrement me dire non mais tu déconnes là personne ne va croire ton histoire le monde est en fait dominé par l'alliance des vélos et d'Olivier Besancenot ( leur porte-parole ) mais en fait non c'est ce qu'on essaye de vous faire croire ahahahah vous êtes bien naïfs !
Tout d'abord, qu'est-ce qu'un furet ? Le furet est une sale petite bête qui peut vivre dans les sous-bois humides mais est incapable de réciter les 672 premiers chiffres de Pi ou de réparer un micro-onde. Les furets ont élaboré leur Plan Incroyablement Sophistiqué Pour Dominer Le Monde en 1874 avant Jean Roucas, c'était un jeudi, et Fufu 1er, roi des furets ( bon alors c'est pas vraiment une royauté en réalité le roi sert juste à fédérer les furets pour la cueillette des baies et lancer les invitations pour les soirées bingo ) s'ennuyait. Il décida alors de mettre au point une nouvelle arme pour enlever plus rapidement les noyaux des baies et ainsi gagner plein de temps que les furets pourraient employer à fumer des joints, regarder des films pornos, faire des canevas au point de croix, ne rien foutre. Son conseiller lui fit remarquer que c'était un peu con comme idée vu que les baies n'ont pas de noyau. Sa lucidité lui coûta la vie. Puis Fufu 1er décida de tromper son ennui en dominant le monde. Ce fut facile et aujourd'hui encore les gens n'y voient que du feu ça brûle et l'eau ça mouille
Ainsi, chaque fois qu'il y a un problème, on accuse les juifs, les étrangers, les francs-maçons et les maçons aussi, sans imaginer un seul instant que tout vient des furets. Les furets sont à l'origine des coups d'Etat fascistes, de la grippe espagnole, de l'affaire Clearstream et des échecs du PSG. Je clame aujourd'hui la vérité, sans crainte des représailles qui ne manqueront pas de suivre.
Comment reconnaitre un complot des furets ? C'est très simple. Chaque fois que vous avez le sentiment qu'on vous cache quelque chose, qu'une info est trop vague pour ne pas être un piège pour endormir votre curiosité, vous avez raison !
Les furets se sont assurés l'aide des lapins, qui sont aussi des sales bêtes vicieuses. Une preuve éclatante en est cet enfoiré de lapin de Pâques qui chaque année m'apportait un oeuf en chocolat reconstitué à base de margarine et de sciure de bois, alors que merde c'est pas dur de faire un effort et de m'apporter un oeuf Kinder géant avec une surprise à l'intérieur.
Les furets essayent constamment de nos imposer une conduite, une façon de penser et d'agir. Comme ils sont malins, ils le font par le biais des lapins, se basant sur l'idée répandue qu'un lapin c'est cro meugnon oh mais regarde ces yeux soyeux et ces longues oreilles tiens il a fait caca c'est cro meugnon alors que franchement ça se voit que les personnes qui disent ça n'ont JAMAIS été mordues par des lapins.
Suite à l'augmentation des gens dans le métro parisien, à l'augmentation des heures de pointe et à l'augmentation des heures passées le nez sous les aisselles d'un parfait inconnu, les furets ont pris les choses en main et se sont infiltrés dans la RATP. Aujourd'hui vous êtes contrôlé par un de leur agent, un abruti de lapin rose avec une salopette jaune ( steuplé ! Marier du jaune et du rose ??!!??? T'es daltonien ou bien ? ) qui vous informe que non faut pas mettre tes doigts dans la porte ou tu vas te les faire pincer très fort.
Résistez les gens ! Dites merde aux furets ! Refusez l'asservissement ! Ne cherchez pas les oeufs de Pâques, laissez les pourrir, de toute façon ils sont plein de drogue ( dont l'élément chimique est le chocolatium qui provoque euphorie et dépendance ) destinée à faire de nous des esclaves serviles à leur service. N'écoutez pas Lapin Rose, mettez vos doigts dans les portes du métro quand elles se referment ! Transcendez votre libre arbitre dans l'héroïsme et la douleur...
Si vous n'avez pas été convaincu par cette explication, c'est que vous êtes déjà endoctriné. A priori c'est foutu pour vous. Quoique...Vous avez déjà fait un grand pas vers la libération, vous lisez mon blog qui est ce qui se fait de mieux en matière de bravitude, de rebellitude et de subversion. Tout espoir n'est pas perdu.
Message codé ( pour pas que les furets puissent les lire. Donc s'il vous plaît si vous êtes un furet ne lisez pas ce qui suit ) : "Si tu es des notres Camarade, rendez-vous samedi en huit au Mammouth d'Argenton-sur-Saône. Je porterai un imperméable fuschia et des guêtres en soie damassée. Nous t'attendons Camarade..."
15:30 Publié dans La vie des furets | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, loic le meur, juifs, complot, chocolat, metro, lapin
22.02.2007
Amnésie Partiels
Aujourd'hui, le post sera court, vu que tu es en manque. En manque d'inspiration. Mais bon il ne faut pas se laisser abattre comme a dit John Kennedy. En plus tu as d'autres choses à faire qu'à écrire des logorrhées oiseuses sur des considérations pseudo-comiques concernant les wapitis ou la tourte aux rognons. Ce soir il faut organiser une soirée beuverie pour fêter ta réussite aux partiels. Sans déconner. Tu les as eu. Et pourtant en science po tu étais tombé sur "Le post-matérialisme dans l'Union européenne". Comme quoi Sarko a raison, tout devient possible.
Tu les as eu... Toute cette semaine de stress, à se goinfrer de chocolat d'ailleurs tu en venais à considérer le chocolat comme un élément essentiel à la croissance, au même titre que les glucides ou les lipides. Tu t'es fait des virées à minuit à la boulangerie du coin pour t'acheter des gros cookies suintant le beurre et bravo bien joué t'es vraiment pas douée comment tu vas rentrer dans ta jupe de pom pom girl maintenant ?
Et aujourd'hui tu as assisté à un événement paranormal. Tu étais assise sur une table, normal et tout et tout et soudain la table s'est mise à trembler. D'abord tu as cherché une explication rationnelle et tu dit que ça devait être ton portable qui sonnait. Mais en fait non. Puis ça s'est arrêté. Et ça a repris. Et ça s'est arrêté de nouveau. Et ça a repris. Tu avais l'impression d'être assise sur un vibro géant. Au bout d'un quart d'heure tu es descendu de ton meuble vibrant. Tu avais l'impression d'avoir eu une folle séance de sexe avec la table d'ailleurs au moment de partir tu lui as sorti "C'était vraiment sympa... Tu m'appelles ? On pourrait aller prendre un verre samedi soir ?". Puis tu t'es senti vraiment con. Samedi tu peux pas t'as water polo sur gazon.
( et dire qu'au début tu voulais faire un post intelligent sur la démission de Prodi...)
( La prochaine fois ce blog parlera de furets )
La salope... même pas un coup fil... Toutes les mêmes...
15:35 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, partiels, blabla, chocolat, vibro
16.02.2007
Caravane
Aujourd'hui un post où l'on s'exerce à l'excercice extrêmement difficile de l'explication de texte. Et où l'on découvre que "Caravane" de Raphaël ça paraît romantique à première vue mais en fait ça parle de gastro-entérite...
Parce que j'en ai les larmes aux yeux
La colique parfois ça fait mal, très mal. Et Raphaël il ne peut pas s'empêcher de pleurer. Mais c'est pas grave, dans Cosmopolitain, ils ont dit que c'est beau un homme qui pleure, qui n'a pas peur d'exprimer ses sentiments. Et là, dans cette chanson, ben Raph il a beaucoup de sentiments ( et de douleur ).
Que nos mains ne tiennent plus ensemble
Raphaël n'est pas seul dans sa caravane. Il y a une autre personne, sûrement sa femme. Ils se tenaient les mains ensemble avant et sa femme lui répétait qu'ils étaient unis dans la douleur et qu'elle allait le soutenir dans cette dure épreuve. Mais elle a vite déchanté quand il a maculé ses coussins en macramé. Maintenant elle s'en fout car elle a été prise de colique à son tour et là leurs mains se sont lâchées et c'est un peu le drame de leur mariage.
Que moi aussi je tremble un peu
Parce que je ne vais plus attendre
Raph continue à nous parler de son état pitoyable. Donc il tremble, un peu comme une vieille atteinte de Parkinson. Puis il parvient à nous faire comprendre à demi-mot et avec beaucoup de poésie qu'il faut vraiment qu'ils s'arrêtent à la prochaine aire d'autoroute pour qu'il aille aux toilettes sinon il va saloper son dernier caleçon.
Est-ce qu'on va reprendre la route
Angoisse métaphysique : Qui suis-je ? Où vais-je ? Va-t-on reprendre la route ? Y a-t-il assez de papier toilette ?
Est-ce que nous sommes proches de la nuit
Là c'est une angoisse plus technique : la réalité reprend ses droits et Raphaël se demande s'il va arriver à Argenton-sur-Creuse avant la nuit parce que rouler dans l'obscurité ça pompe toute la batterie de la caravane.
Est-ce que ce monde a le vertige
Oui. Surtout en écoutant les chansons de Raphaël. D'abord le monde a le vertige, ensuite il devient sourd comme Beethoven ( et il saigne des oreilles ).
Est-ce qu'on sera un jour puni
Cette partie n'est pas très claire. On pourrait penser que Raphaël fait allusion à des souvenirs traumatisants de sa petite enfance, de coliques suivies de violentes punitions. Ou alors Raphaël est content parce qu'aujourd'hui il a bien niqué les radars automatiques sauf qu'avec la fièvre il devient parano et se demande si on ne va pas l'arrêter au prochain péage. Plus probablement, il parle de punition divine. Mais même si je n'y connais pas grand chose, je pense que Dieu a autre chose à foutre. Et qu'Il ne va pas punir un homme pour une diarrhée. Ou alors c'est que pour Raphaël toute colique est un peu une punition divine, une expérience mystique dont il faut faire une chanson.
Puisque je rampe comme un enfant
Les ravages de la gastro... Imaginer le chanteur Raphaël en train de ramper dans sa caravane pour tenter d'atteindre les toilettes à temps, ça vous file un coup. On se rend compte que cette chanson est pleine d'émotion.
Puisque je n'ai plus de chemise
L'émotion c'est bien mais le sens pratique reprend vite le dessus. Il s'est déshabillé complètement pour éviter de se salir continuellement. Et après hop une douche au karsher.
C'est le Bon Dieu qui nous fait
D'abord on se demande ce que cette phrase vient faire là. Et en fait Raphaël a compris que le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas. Alors il parle constamment de Dieu. Là je crois qu'il sous-entend que c'est un peu la faute de Dieu s'il a la courante.
C'est le Bon Dieu qui nous brise
Heu non là c'est plutôt la diarrhée qui te brise Raph. Et ta chanson qui nous les...
Parce que rien ne peut arriver
Puisqu'il faut qu'il y ait une justice
Encore une preuve que ce texte est pétri de religiosité. Raphaël lance un anathème contre le cuistot du Courtepaille de l'aire de Visouban Sud où ils se sont arrêtés ce midi. A tous les coups c'est la fondue de bulots mariné au cointreau qui les a rendu malades.
Je suis né dans cette caravane
Oui alors les gens tu vois ils préfèrent accoucher à la maternité, à la limite dans leur lit. Mais en fait la mère de Raphaël c'est une tzigane. Donc elle a mis bas dans le lit escamotable de leur roulotte, là derrière le coin cuisine. L'absence de soins à la naissance peut expliquer le niveau intellectuel de Raphaël et de cette chanson.
Et nous partons allez viens
Allez viens
"Ok. Vas y pars devant je te rejoins plus tard" ( réponse de sa femme coincée dans les toilettes de l'aire de repos )
Tu lu tu lu tu lu tu lu
La partie la plus intéressante de ce texte.
Et parce que ma peau est la seule que j'ai
Quand Raphaël a la colique, il croit qu'il va mourir. Ce qui paraït logique dans la mesure ou "mourir c'est partir un peu", et là effectivement y a le contenu de ses entrailles qui quitte un peu son corps. Pris dans un délire morbide, le chanteur nous explique que sa dernière heure a sonné, et que le problème c'est qu'il a sali "la seule peau" qu'il ait. Pour Raph il y a des gens qui ont plusieurs peaux. Raphaël est un peu con quand même...
Que bientôt mes os seront dans le vent
Raphaël s'est rendu compte que mourir de diarrhée ce n'est pas très glorieux, et en plus tout le monde se foutra de sa gueule quand Gala et Voici annonceront la nouvelle. Alors il essaie de réfléchir à une mort qui lui assure l'ouverture au journal télé de 20h, et il se souvient que les catastrophes climatiques ça fait vendre. Et puis ça lui permet de passer une dédicace à son ami Garou qui parlait quant à lui d'aérophagie dans "Sous le vent".
Je suis né dans cette caravane
Et nous partons allez viens
Et voilà. Une histoire de chiasse pour une chanson de merde
18:55 Publié dans La Pléïade revisited | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : raphael, caravane, blabla, nu, femme
15.02.2007
La Saint-Valentin c'est comme une boîte de chocolats, tu sais jamais sur quoi tu vas tomber
Alors oui je sais tout le monde ne parlait que de la Saint-Valentin hier c'était trop bien ( surtout si t'es en couple ) ( sauf si l'être aimé est un sale matérialiste qui a exigé comme cadeau une bague en zinc et laine de verre ou un lecteur mp3 enrichi à l'uranium ) Et cette overdose de bouquets, de coeurs, de chatons et de chocolats ( en exclu lecteur, idée cadeau tout-en-un pour la prochaine Saint-Valentin : des bouquets de coeurs de chaton en chocolat ) et de "envoie amour au 81212 et tu recevras le prénom de ta prochaine conquête" c'était cro-meugnon non vraiment j'ai juste vomi trois fois dans la journée ça doit être parce que je suis allergique aux coeurs ( j'aime pas le foie non plus ) ( ni les abats en général )...
Mais comme on essaye d'être hype sur ce blog ( on c'est moi pour ceux qui n'ont pas suivi ), on parle de la Saint-Valentin non le 14 mais le 15 février. Bof en fait y a pas grand chose à en dire. On ( c'est toujours moi ) est allé à une soirée étudiante. Pas pour choper, vu qu'on comptait ne pas boire, et malheureusement aujourd'hui les jeunes c'est plus ce que c'était, ça passe son temps à boire à se droguer à écrire des skyblogs c'est pas moi qui l'ai dit c'est Jean-Pierre Pernault. Mais bon c'était soit aller à la soirée soit rester chez soi et faire des canevas au point de croix pour un superbe tableau représentant deux cerfs oranges qui brament dans la lumière tamisée de l'aube violette dans le sous-bois. En plus j'étais même pas en mode je-suis-moche-je-trouverai-jamais-personne même si l'autre jour mon petit cousin de 5 ans m'a regardé droit dans les yeux et m'a sorti "T'as de grosses fesses". Sale gosse. J'ai rêvé un bref instant de m'abandonner à mes pulsions et de lui dire d'un ton préoccupé qu'à son âge il sait pas encore lire ce qui est put-être le signe d'une débilité précoce c'est très grave non mais tu te rends compte tu es mal barré pour ton avenir tu finiras clochard à Melun saleté de gamin. Puis le tabasser à l'aide de bateaux playmobil et le secouer jusqu'à lui démettre une cervicale en lui hurlant dessus vu que bon la vérité sort de la bouche des enfants et que c'est un coup à me complexer jusqu'à au moins la ménopause. Puis il m'a dit "Et tu as un gros zizi" ce qui prouve que faut pas croire les gosses j'aurais dû m'en souvenir pourtant j'avais suivi le procès d'Outreau. Donc je lui ai instantanément pardonné et puis finalement il est chouette comme gosse et sait-on jamais je pourrais avoir besoin de lui plus tard pour vendre du crack à la sortie de l'école primaire mais là n'est pas le sujet de ce post. Donc sinon pour on ne sait quelle raison ( mimétisme social ? Sens de la fête ? Création d'une solidarité étudiante ? Connerie humaine ? ) on va à une soirée Saint-Valentin où on a échappé au principe de venir avec son cavalier mais où on peut quand même acheter au bar un "philtre d'amour". Armée de son appareil photo, on se fraye un chemin dans la masse avinée et on a l'idée du siècle : déclencher un vaste mouvement de stupre et de luxure dans la boîte en s'appuyant sur l'alcool absorbé et les hormones bouillonnantes de centaines d'étudiants confinés. Mais on manque d'un plan d'attaque et c'est la loose. On se rabat sur la seule arme dont on dispose : l'appareil photo, et on manipule photographie tout le monde en insistant sur l'idée de photo-souvenir alors il faut que vous vous embrassiez et si vous êtes en couple je ne veux pas le minable petit bisou mais un truc énorme avec la langue et merde les gens on est là pour vendre du rêve lâchez-vous quoi !
Puis on se rend compte qu'il fait très chaud dans la boîte et les vapeurs de sueur et de vodka-martini prennent à la gorge quoique c'est plutôt sympa tout le monde a l'air de s'embrasser à pleine bouche dans cette soirée ça ressemble presque à une orgie. Et au moment où l'on manque s'étaler devant le D.J vu que le sol est glissant à cause de l'alcool répandu et que pour se rattraper on s'agrippe à des inconnus trempés de sueur, on décide que c'est fini les conneries et on rentre.
En plus c'est pas gagné pour qu'on puisse mettre les photos en ligne vu qu'on risque des plaintes pour divers chefs d'accusation dont extorsion et incitation à la débauche dans un lieu public. Vraiment la Saint-Valentin c'est nul en fait.
17:15 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : saint valentin, alcool, blabla, soirée, étudiant, photo
14.02.2007
"fussoir" ( un titre gentiment proposé par Raph )
Des fois tu n'as pas d'idée de post. Alors tu cherches... Et des fois tu regardes les statistiques de ton blog et alors que tu t'attendais à 4 visites mensuelles ( dont 3 de tes frères ) tu arrives déjà à *** visites wouahou merci à tous. Bon ce n'est pas encore le score de Loïc Le Meur ce qui franchement montre à quel point la vie est injuste quand on pense que cet abruti a plus de visites que Drenka, Raph ou Badibuh... Mais dans cette société capitaliste où le profit et la rentabilité sont érigés en modèles, *** visites en 15 jours c'est pas assez et il va falloir réfléchir pour améliorer tout ça pour flatter ton ego sans pour autant te prostituer sur le web. Donc tu ne vas pas mettre des mots tels que UMP, Ségolène Royal ou tourte aux rognons, qui certes gonfleraient tes statistiques mais te feraient perdre ton intégrité morale ( enfin ne nous leurrons pas, tu finiras par en parler, tu n'es malheureusement pas incorruptible... ). Tu as convoqué une réunion à l'intérieur de toi-même, une sorte de brainstorming sur "comment faire venir des gens sur mon blog" ( et accessoirement comment détourner l'argent des associations étudiantes sans se faire prendre et tout dépenser dans l'achat de sous-vêtements en poils de chamois ) ( oui c'est la Saint-Valentin et bon faut y penser ). Finalement au bout de quelques heures et le visionnage des Chiffres et des Lettres, l'esprit de Laurent Romejko t'habite et tu trouves la solution : pour attirer du monde il faut parler de sexe.
Mais en fait non. Ce serait trop vil d'exploiter la fragilité des obsédés sexuels gens pour rassurer mon ego. Donc c'est non. Non. J'ai dit non, pas la peine d'insister. Bon ok... Si vous êtes sages je vous parlerai peut-être de seins.
Sinon j'ai toujours pas d'idée de post...
( vous avez vu les gens j'ai essayé de faire court cette fois... )
13:55 Publié dans Rock around the blog | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, UMP, Loic Le Meur
12.02.2007
Un samedi au supermarché
Alors oui je sais je parle souvent de faire les courses à Monoprix mais pour ceux qui avaient lu mon mail, ce post n'est pas un vulgaire copier-coller, puisqu'ici le sujet n'est pas de draguer et conclure au Monoprix mais d'y faire ses courses un samedi après-midi quand t'as la migraine. Comme t'es jeune t'avais oublié de les faire dans la semaine et tu ne veux pas te retrouver tout le week-end à gratter avec tes petits ongles de jeune des vieux bouts de parmesan au fond de ton frigo.
Cette fois tu ne rentres pas dans le Monoprix tel un poney fougueux. Non, tu ressembles plutôt à une vieille marmotte pelée, avec le regard aussi vif qu'un dimanche après midi pluvieux dans la zone industrielle de Dunkerque.
Tu es épuisée d'avance, tu as mal à la tête et puis comme t'es pas douée tu vas faire tes courses le samedi après-midi au milieu d'environ un million d'autres personnes pas douées qui ont eu la même idée. Tu erres dans les rayons avec un air mi-lugubre mimolette, tu essaies de ne pas céder à l'appel mélancolique de la tablette de chocolat à l'orée du rayon confiserie et tu te rabats sur le rayon fruits et légumes en te disant que parfois la vie est une pute injuste. Tu prends un sac et commences à le remplir de céleri avant de te rendre compte que c'est con vu que tu n'aimes pas le céleri alors tu te conseilles de prendre plutôt des carottes et tu engages un débat avec toi-même sur les mérites respectifs du chou-fleur et des poireaux mais tu es tellement fatiguée que le débat ne s'engage pas ce qui vaut mieux vu que de toute façon tu ne comptais pas acheter de chou-fleur ni de poireau d'ailleurs.
Puis tu prends du jambon caoutchouteux et des yaourts nature, tu ne sais pas pourquoi, juste que tu es tellement déprimée que tu ne veux pas faire d'efforts et mettre des couleurs et des saveurs dans ta vie. C'est au moment où tu saisis un navet ( non mais un NAVET ?!??? tu te rends compte ou bien ? ) que tu décides d'aller aux caisses avant d'acheter un truc que tu vas regretter.
Y a la queue partout alors tu te mets dans celle du rayon produits d'entretien et nourriture pour animaux pour ne pas être tentée de dépenser de l'argent pour une connerie. Ton regard tombe sur une boite annonçant des aiguillettes de poulet pour ô miracle 1euro ! Dis donc c'est vachement moins cher encore que chez Ed à ce prix là tu vas en prendre plein. En plus c'est en format individuel et dans une chouette boite dorée trop tendance. Et c'est cro-meugnon, y a même la photo d'un chat. Ce n'est que quand tu découvres l'inscription Sheba que tu te rends compte que finalement tu t'es gouré. Tu laisses errer ton regard à nouveau mais tu réalises qu'après une dizaine de coups d'oeil songeurs vers les boites de nourriture pour chat que tu envisages sérieusement l'idée d'aiguillettes de poulet accompagnées d'une salade verte. Y a marqué que c'est plein de vitamines, et surtout ça coûte que UN euro. Puis tu te dis que tu deviens cinglée. Et qu'il est urgent de parler à tes parents de ton budget bouffe limité.
Tu n'en peux plus.. tu n'arrives plus à réfléchir correctement. Et il fait trop chaud. En plus la queue n'avance pas. Tu fermes les yeux et tu essaies de t'évanouir en te concentrant très fort. Tu vois déjà le bordel que tu mettrais dans le Monoprix surpeuplé et les caissières qui se précipiteraient suivies du responsable du magasin, et les pompiers qui arriveraient avec des chiens policiers ce qui entre nous serait con vu que tu n'es pas en possession de drogue mais seulement évanouie et tout le monde qui ferait cercle autour de toi et peut-être que quelqu'un essaierait de profiter de l'agitation pour voler une boite de thon à la catalane mais il se ferait plaquer au sol par un des vigiles et là la foule en délire applaudirait et ferait une farandole tout autour de ta civière.
Mais en fait non. Rien. Le seul truc qui vient rompre la monotonie de cette attente insoutenable c'est qu'en te concentrant t'as oublié que tu tenais tes courses et une boite de conserve choit sur ton pied ouais merci trop bien. Tu te retiens de lâcher un truc pour te soulager genre "bordel de merde de queue d'ours" et tu te contentes de serrer les yeux et lever les dents au ciel ou l'inverse et la fille devant toi dans la file se retourne. Elle est jeune, peut-être 2-3 ans de plus que toi, plutôt jolie ( d'après ce que tu peux voir à travers les larmes de douleur et de rage qui t'obscurcissent la vue ), une tête à trier ses emballages, à voter à gauche, à donner des cours de soutien à des petits orphelins africains atteints de myopathie et filer sa place aux femmes enceintes dans le bus, bref la fille parfaite et donc tu la détestes au premier coup d'oeil. Elle te demande d'une voix douce si tu as besoin d'aide. Tu te sens aussitôt comme une vieille sénile qui n'arrive pas à faire ses courses et qui va faire sous elle dans quelques instants et on peut dire sans hésitation que ce n'est pas une impression très agréable. Tu te retiens de la mordre jusqu'au sang en la traitant de "connasse tu m'as prise pour une handicapée ou quoi" et à la place tu lui fais un rictus de haine dissimulée en l'assurant que non c'est bon tout va bien merci.
Puis la queue n'avance toujours pas. Et soudain une caisse vide se profile et tu te jettes dessus ( évidemment la sainte-nitouche devant toi l'a repéré aussi mais elle parvient à prendre son air de sainte-nitouche plein de commisération désolée pour tous ceux qui n'ont pas changé de file assez vite, alors que tu abordes pour ta part un air conquérant et dément, l'oeil fou et la bave aux lèvres ). Finalement tu parviens rapidement devant la caissière, grâce à tous ces blaireaux qui n'avaient rien vu, et tu penses à l'intérieur de toi que même dans les pires moments, il ne faut jamais désespérer car il y a toujours des cons à piétiner pour t'aider. Puis tu te rends compte que tu ne vaux pas mieux toi-même à te féliciter d'être passée avant tout le monde et franchement tu es devenue un monstre ça doit être à cause de toutes les pressions de la société de consommation qui t'impose une rentabilité constante au prix du bonheur d'autrui et tu te mets à souffrir dans ce supermarché, seule au milieu de la multitude et tu te dis que ce qu'il faudrait ce serait d'aller te ressourcer dans un ashram en Inde mais la caissière t'annonce que tu dois payer **euros et tu tends ta carte comme un automate. Puis tu te demandes où va le monde vu qu'à ce prix-là la prochaine fois que tu voudras acheter une boite de céréales et des pâtes il faudra que tu vendes un de tes reins. Au moment de partir tu fais un effort et tu lances un "au revoir" accompagné d'un grand sourire à la caissière parce qu'au fond ce n'est pas de sa faute et puis elle doit avoir une vie un peu merdique à voir défiler toute la journée des gens qui font la gueule comme toi et pour un peu elle rentre chez elle le soir et son mari Roger l'oblige à regarder Patrick Sebastien et elle reporte toute son affection sur son teckel à poils longs vu qu'elle n'a pas eu d'enfants Roger lui dit qu'on a pas les moyens et puis c'est quoi ces conneries t'as fait à manger ou faut encore que je fasse tout moi même dans cette baraque. Donc tu lui fait un grand sourire et tu saisis tes sacs plastiques en te disant que le plus dur est passé. En te retournant, tu te prends Sainte-nitouche de plein fouet vu que cette abrutie s'était arrêtée juste à coté des caisses pour faire tu ne sais quoi. Tu fermes les yeux et tu te mets en mode Eve Angeli. Ton regard vide et dépourvu de velléités de meurtre éloigne l'autre idiote. Tu te féliciterais bien de ton self-control mais celui-ci est plus dû à ta lassitude qu'à une réelle détermination de ta part. Tu te dis que tu es bientôt arrivée chez toi et qu'une fois installée dans ton canapé tu pourras faire comme dans les romans américains et t'enfiler 2 valium avec un verre de chardonnay de la Napa Valley puis sniffer un peu de cocaïne et la vie ira mieux pendant quelques heures. Et puis tu réfléchis et tu te souviens que tu n'as ni valium ni chardonnay chez toi. Ni cocaïne maintenant que tu y penses.
14:15 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : supermarché, samedi, cocaïne, fatigue, monoprix
07.02.2007
La liberté guidant le peuple
Un grand merci à Badibuh pour ses idées : "dans ma grande bonté, je vous offre un moyen de remplir votre blog gratuitement : expliquez à votre façon le tableau d’Eugène Delacroix: "La liberté guidant le peuple".
En l'an de grace ( kelly ) 1813, le jeune Eugène Delacroix monte faire ses études à Paris, dans l'Ecole Supérieure Pour Etre Un Peintre Célèbre. Il se fait très vite à la vie d'étudiant, mais passe plus de temps dans les petits troquets pittoresques illuminés d'une farandole de lumières sous la tonnelle fraîche au crépuscule que sur les bancs d'amphi poussiéreux d'une vieille école que sans déconner y a même pas de cafétéria et la machine à café elle tombe tout le temps en panne. Très vite il adopte la vie de bohème vu que ça voulait dire qu'il avait 20 ans et qu'il vivait de l'air du temps ( et de conserves de surimi à la semoule ) ( et oui le budget nourriture était un peu serré chez les Delacroix ) ( et la semoule avec de l'eau ça gonfle et ça remplit le ventre ).
Et puis rapidement arrive l'élection du Bureau Des Etudiants, et pour gagner son pote Géricault promet de faire des fêtes de ouf avec plein d'alcool tiens d'ailleurs j'ai trouvé un partenariat avec R*card on aura même des t-shirt c'est trop fun kikoo lol. Géricault tient ses promesses et s'ensuit un semestre d'orgies de soirées étudiantes un peu arrosées. A la soirée potée auvergnate et macramé ( Géricault adore les soirées à thème ), Delacroix branche une jeune demoiselle recherche un mec mortel, répondant au doux nom de Kimberley-Eugénie. Il en tombe éperdument amoureux et décide d'en faire son égérie. Ce qu'il ne sait pas c'est que Kimberley-Eugénie est un peu une reine de la night et qu'elle enflamme le dance floor. Lorsque qu'il se décide à l'aborder, elle lui riz au lait rit au nez et lui répond "j'chuis pas une bombe latine...", ce qui accroît l'adoration du jeune homme.
Soudain un mouvement se fait près des platines du d.j. Dominique Ingres, le trésorier du BDE, annonce alors qu'il n'y a plus d'alcool car toutes les bouteilles ont été bues. Kimberley-Eugénie devient ivre de rage et bondissant sur ses jambes vacillantes tel un poney sauvage galopant furieusement dans la pampa décide de mener les étudiants jusqu'au Proxi ou au Petit Casino le plus proche. "Mes Frères, Camarades ! Suivez-moi ! Sus au Proxi et à ses réserves ! Marchons, marchons, que la vodka-citron inonde nos sillons..." Des dizaines de mâles en rut suivent alors Kimberley-Eugénie dans l'espoir de la sauter s'enivrer rapidement. Celle-ci se place en tête du cortège et dans un élan de passion et de fougue éthylique arrache le haut de son débardeur-robe ( elle était dans sa période punk et trouvait carrément rebelle de porter des vêtements avec des drapeaux français cousus dessus ). Brandissant ce bout de tissu tricolore comme un étendard, elle mène vaillamment la troupe d'étudiants quand son attention est distraite par une pancarte annonçant des soldes de -70% sur la collection printemps-automne des Galeries Lafayette ... N'écoutant que sa féminité et l'appel irrésistible de l'article en solde esseulé au rayon lingerie elle se précipite sur le petit soutien-gorge en laine de verre là non c'est moi qui l'ai vu en premier salope rends-le moi tiens prends ça grosse morue de toute façon c'est même pas ta taille. Foulant au pied une horde de consommateurs hystériques, elle parvient à s'emparer du précieux butin et là c'est le drame Eugène la perd au rayon menuiserie et fruits de mer.
Rentrant chez lui, le jeune Delacroix décide d'immortaliser ce moment artistique et historique. Au départ il voulait l'appeler "La saoularde guidant les mâles en rut" mais pour des raisons évidentes de tourte aux rognons il la baptisa "La liberté guidant le peuple" parce que c'était plus vendeur et aussi parce qu'on était mardi et qu'il avait piscine. Sous la pression des Chinois du FBI, il fut néanmoins contraint de remplacer les canettes de Heinek*in dans les mains des assoiffés par des pistolets et des fusils parce que sans déconner y a des enfants qui regardent et où va le monde de nos jours je vous jure si ma mère voyait ça heureusement qu'elle est aveugle. Quant à Kimberley-Eugénie, au dernières nouvelles elle s'est fait arracher le soutien-gorge convoité juste avant d'arriver aux caisses mais elle s'est rabattue sur un ensemble hotte chauffante-cassoulet et d'aucuns disent qu'elle travaille aujourd'hui dans le service import-export de la Foir'fouille.
14:10 Publié dans La Pléïade revisited | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : liberté, peuple, delacroix, étudiant, alcool
04.02.2007
La ski attitude
Des fois comme ça, ta mère te fait du chantage à l'affection. D'abord elle te culpabilise adroitement par des "mais quand est-ce que tu rentres ? On t'a pas vu depuis un mois !". Puis elle essaye de te soudoyer en te faisant miroiter une journée au ski. Or tu es faible. Donc tu cèdes. Rien qu'à l'idée de dévaler la poudreuse à toute vitesse, ton petit corps dodu s'agite de plaisir. Bon ok maman t'as raison je ne vous ai pas vu depuis les partiels il FAUT que je rentre ce week-end...
La journée de ski est prévue le samedi. Il faut se lever à 6h30 mais je sais que parfois la vie exige des sacrifices et donc quand je vais me coucher à 2 heures du mat', je règle consciencieusement mon réveil.
6h30 : le réveil sonne. Je tends difficilement un bras pour couper la sonnerie. Dans un demi sommeil, je calcule que je dispose d'au moins 5 minutes pour me lever et réveiller ma mère si on veut être sur les pistes à 9h.
6h45 : hummmm... encore 5 minutes et promis je me lève...
8h : merde merde MERDE ! Ok ne pas paniquer, garder la tête froide. Je prends ma douche et mon petit déj à toute vitesse.
8h15 : Je réveille ma mère. Pour parer à toute engueulade sur l'heure tardive, je me sers du sourire n° 14 ( sourire suave et avenant, plein de sollicitude ). "Tu dormais tellement paisiblement, je n'ai pas eu le coeur à te réveiller..."
8h20 : Reflexion intense. En l'an 79 après Jésus Christ, quand ma mère faisait du ski 250 jours par an, elle a acheté des combinaisons immondes ( le truc intégral, avec lequel tu ne ressembles à rien ). L'année dernière elle a cependant acheté un pantalon de ski bleu, basique et qui peut passer pour une tenue de djeun'. Dans mon esprit machiavelique j'échaffaude un plan pour récupérer le pantalon et par la même occasion sauvegarder ma dignité.
8h30 : J'apprends que comme de par hasard mon frère a déjà récupéré le pantalon. Merde merde MERDE ! Mon esprit se bloque et la sueur commence à me couler dans le dos lorsque j'aperçois les combinaisons, encore plus moches que dans mon souvenir. ( message perso : Hugo la prochaine fois t'arrêtes de te la jouer adolescent hype qui va passer un week end au ski avec ses copains et tu laisses le pantalon à la maison en prévision du seul jour de l'année où je vais faire du ski ok ? )
8h41 : J'annonce à ma mère que je ne peux décemment pas aller au ski dans une combinaison.
8h43 : Ma mère me hurle d'enfiler une combinaison et plus vite que ça.
8h46 : Je met la combinaison. Je déteste ma famille. De toute façon je m'en fous j'ai pris la bleue et je laisse la jaune poussin à ma mère, ça lui apprendra à ne pas comprendre ma douleur et mes appels à l'aide.
8h52 : Je contemple le désastre dans la glace. On dirait une naine obèse et bleue. J'ai des seins énormes et des hanches de femme ménopausée avec ce truc. Ce n'est pas possible. Chaque année je me retrouve avec cette horreur. Je crois que j'ai trouvé pourquoi j'aime beaucoup moins le ski depuis quelques temps...
9h48 : On part enfin, dans la voiture que ma mère a eu gratuitement, et tu comprends pourquoi quand tu la vois tripoter des trucs sous le volant et que finalement elle fait se toucher les fils pour démarrer.
11h04 : On attaque les petites routes en lacet pour arriver à la station. J'ouvre la fenêtre pour respirer l'air frais de la montagne. J'en profite pour demander à ma mère si c'est normal que ça sente l'essence plutôt que le "air wicks fraîcheur alpine"
11h05 : Ma mère répond distraitement que ça doit être une fuite dans la voiture, mais rien de grave on ne perd pas trop d'essence.
11h07 : Si elle dit que c'est pas grave, c'est pas grave.
11h08 : Je me souviens dans un éclair de lucidité que la jauge à essence du tableau de bord est cassée. Donc elle ne sait pas combien d'essence on perd.
J'essaye de ne pas penser à la minuscule étincelle qui pourrait nous faire exploser.
11h39 : On arrive à la station et on va chercher les skis. Ma mère a aussi apporté deux paires de chaussures de ski. Je convoite la paire bleue, avec plein de boucles argentées, achetée en même temps que le pantalon. J'y vais discretement :"Tu sais la paire bleue irait vachement bien avec ma combinaison...". Mais ma mère m'annonce qu'elle est obligée de les prendre, parce que l'autre paire est trop petite pour elle, mais comme de par hasard elle est exactement ma pointure.
11h44 : la deuxième paire de chaussures en fait c'est deux blocs blanc avec des trucs rose sur les côtés. On dirait que ça a été taillé dans le granit, à l'époque où les gens skiaient sur deux planches de bois sculptées dans du sapin. Je fais remarquer à ma mère qu'on dirait que je débarque de l'époque des débuts du ski, genre à la préhistoire avant l'âge de fer. Elle apprécie moyen vu que c'est elle qui les avait achetées quand elle était jeune.
12h05 : Je traverse la station pour aller chercher les forfaits. J'essaye de me la jouer furtive mais on dirait un peu une baleine avec des skis à la main. Je passe devant un groupe de pompiers. Je bombe le torse et fixe l'horizon avec dans le regard cette distance et ce mépris pour les conditions matérielles qu'on voit parfois dans les yeux des aventuriers qui ont déjà traversé toutes les situations, ce qui pourrait justifier ma tenue.
12h06 : Par contre pour le côté sexy on repassera. J'ai la démarche chaloupée de Robocop ouais merci trop bien.
12h07 : Je manque de glisser sur de la neige fondue, en plein devant les pompiers. Je me vois déraper et là les skis m'arrivent sur la tronche je m'ouvre le visage hemorragie transport à l'hopital et je meurs là-bas en ayant passé mes dernières heures sur terre avec cette fichue combinaison. Mais en fait non.
12h23 : Me voilà sur les pistes. Un frisson de plaisir me saisit en chaussant mes skis. Je descend la piste comme une merde.
12h31 : Bon en fait le ski c'est nul. Je propose à ma mère de s'installer à la terrasse d'un café de se réchauffer avec 2-3 verres de grappa mais elle ne m'écoute pas et fonce vers les télécabines.
12h40 : Ma mère me dit qu'il faut "attaquer la piste". Là c'est un déclic. Les reflexes reviennent et je dévale les pistes rouges avec style, plantant mes bâtons avec grâce et fermeté. Wahou je suis comme un free rider de l'extrême.
15h22 : Je m'éclate ( au sens figuré ). Au bout d'un moment le ski devient un automatisme. j'ai une sensation d'irréel, comme dans un jeu vidéo. Eviter les bosses, les plaques de verglas et les abrutis en mini ski qui se cassent constamment la figure. Facile comme tout...
15h27 : Je m'éclate ( au sens propre ). J'avais pas vu la bosse. Ca c'est pas grave, je bondis dans les airs comme un chamois d'or ( pas le fromage hein ! ). Mais j'avais pas vu non plus la plaque de verglas et les petits cailloux derrière la bosse. Vol plané suivi d'une glissage prolongée ( mais avec style toujours la glissade. Je parviens presque à slalomer sur le ventre pour éviter un gamin ).
15h29 : Je me remets debout. Je suggère à nouveau un arrêt-terrasse-vin chaud mais j'ai comme l'impression de parler dans le vide. J'évite de justesse un grand type en snowboard qui s'étale devant moi ( il n'avait pas vu le verglas non plus ). A 3 mètres de moi, une jeune femme fonce dans un talus. C'est un peu l'hécatombe.
16h43 : Les pistes ferment. Je fais un superbe arrêt devant la terrasse d'un restau d'altitude ( avec la petite gerbe de neige poudreuse qui s'envole à ma suite ). J'essaye de quitter mes ski de façon hype, en appuyant à l'aide mes bâtons. Je rate mon coup et manque de m'étaler de tout mon long face à la dizaine de milliers de personnes qui me regardent en sirotant leur chocolat chaud. Finalement je les enlève en appuyant avec le ski, ce qui fait beaucoup moins classe et décontracté, mais beaucoup plus sûr.
18h01 : Je m'endors dans la voiture, qui sent de plus en plus l'essence...
16:55 Publié dans My so-called life | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : ski, attitude, vin, neige, combinaison


